[66,11] Τό τε σύμπαν τῇ μὲν προνοίᾳ τῶν κοινῶν αὐτοκράτωρ ἐνομίζετο, ἐς δὲ δὴ τἆλλα πάντα κοινὸς καὶ ἰσοδίαιτός σφισιν ἦν. Καὶ γὰρ ἔσκωπτε δημοτικῶς καὶ ἀντεσκώπτετο ἡδέως· εἴ τέ τινα γράμματα, οἷα εἴωθεν ἀνώνυμα ἐς τοὺς αὐτοκράτορας, προπηλακισμὸν αὐτῷ φέροντα ἐξετέθη ποτέ, ἀντεξετίθει τὰ πρόσφορα μηδὲν ταραττόμενος. Τοῦ τε Φοίβου προσελθόντος αὐτῷ καὶ ἀπολογουμένου ὅτι ἐπὶ τοῦ Νέρωνος ἐσκυθρωπακότα ποτὲ αὐτὸν ἐπὶ τοῦ θεάτρου ἐν τῇ Ἑλλάδι, ἐφ´ οἷς ἀσχημονοῦντα ἑώρα τὸν αὐτοκράτορα, ἐκέλευσε πρὸς ὀργὴν ἀπελθεῖν, τοῦ δὲ ἐρομένου ὅποι "ἐς κόρακας" εἶπεν, ὑπὲρ τούτου οὖν ἀπολογουμένου τοῦ Φοίβου οὔτε τι κακὸν αὐτὸν εἰργάσατο, οὔτε ἀπεκρίνατο αὐτῷ ἄλλο οὐδὲν πλὴν αὐτὸ τοῦτο ὅτι "ἐς κόρακας ἄπελθε". Τοῦ δὲ Οὐολογαίσου ἐπιστείλαντος αὐτῷ οὕτως "βασιλεὺς βασιλέων Ἀρσάκης Φλαουίῳ Οὐεσπασιανῷ χαίρειν", οὔτε τι αὐτὸν ᾐτιάσατο, καὶ ἀντέγραψε τὸν αὐτὸν τρόπον, μηδὲν τῶν τῆς ἀρχῆς ὀνομάτων προσθείς.
| [66,11] En un mot, par le soin qu'il prenait des affaires publiques, il se
montrait comme empereur ; dans tout le le reste, il se conduisait envers
tous comme un particulier et comme un égal. Il raillait familièrement et
soutirait sans peine qu'on le raillât; les libelles injurieux qu'on publiait sans
nom d'auteur, comme c'est la coutume, contre les empereurs, ne
l'empêchaient pas de publier des règlements utiles, sans s'en émouvoir
en rien. Phébus étant venu le trouver pour se justifier de ce qu'un jour, en
Grèce, sous Néron, Vespasien ayant froncé le sourcil à la vue de quelque
acte indécent de l'empereur, il lui avait ordonné par colère de s'en aller et
que celui-ci lui demandant « Où ?» il avait reparti « Aux corbeaux, »
Vespasien ne lui fit aucun mal et se contenta de lui répondre « Va-t-en
aux corbeaux. » Vologèse lui ayant écrit en ces termes : « Le roi des rois
Arsacès à Flavius Vespasien, joie, » il ne lui fit aucun reproche et lui
récrivit en la même façon, sans ajouter à son nom aucun des titres
appartenant à la dignité impériale.
|