HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Platon, Théétète

Page 151

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[151] τελευτῶντες δ´ αὑτοῖς τε καὶ τοῖς ἄλλοις (151a) ἔδοξαν ἀμαθεῖς εἶναι. ὧν εἷς γέγονεν Ἀριστείδης Λυσιμάχου καὶ ἄλλοι πάνυ πολλοί· οὕς, ὅταν πάλιν ἔλθωσι δεόμενοι τῆς ἐμῆς συνουσίας καὶ θαυμαστὰ δρῶντες, ἐνίοις μὲν τὸ γιγνόμενόν μοι δαιμόνιον ἀποκωλύει συνεῖναι, ἐνίοις δὲ ἐᾷ, καὶ πάλιν οὗτοι ἐπιδιδόασι. πάσχουσι δὲ δὴ οἱ ἐμοὶ συγγιγνόμενοι καὶ τοῦτο ταὐτὸν ταῖς τικτούσαις· ὠδίνουσι γὰρ καὶ ἀπορίας ἐμπίμπλανται νύκτας τε καὶ ἡμέρας πολὺ μᾶλλον ´κεῖναι· ταύτην δὲ τὴν ὠδῖνα ἐγείρειν τε καὶ (151b) ἀποπαύειν ἐμὴ τέχνη δύναται. καὶ οὗτοι μὲν δὴ οὕτως. ἐνίοις δέ, Θεαίτητε, οἳ ἄν μοι μὴ δόξωσί πως ἐγκύμονες εἶναι, γνοὺς ὅτι οὐδὲν ἐμοῦ δέονται, πάνυ εὐμενῶς προμνῶμαι καί, σὺν θεῷ εἰπεῖν, πάνυ ἱκανῶς τοπάζω οἷς ἂν συγγενόμενοι ὄναιντο· ὧν πολλοὺς μὲν δὴ ἐξέδωκα Προδίκῳ, πολλοὺς δὲ ἄλλοις σοφοῖς τε καὶ θεσπεσίοις ἀνδράσι. ταῦτα δή σοι, ἄριστε, ἕνεκα τοῦδε ἐμήκυνα· ὑποπτεύω σε, ὥσπερ καὶ αὐτὸς οἴει, ὠδίνειν τι κυοῦντα ἔνδον. προσφέρου οὖν (151c) πρός με ὡς πρὸς μαίας ὑὸν καὶ αὐτὸν μαιευτικόν, καὶ ἂν ἐρωτῶ προθυμοῦ ὅπως οἷός τ´ εἶ οὕτως ἀποκρίνασθαι· καὶ ἐὰν ἄρα σκοπούμενός τι ὧν ἂν λέγῃς ἡγήσωμαι εἴδωλον καὶ μὴ ἀληθές, εἶτα ὑπεξαιρῶμαι καὶ ἀποβάλλω, μὴ ἀγρίαινε ὥσπερ αἱ πρωτοτόκοι περὶ τὰ παιδία. πολλοὶ γὰρ ἤδη, θαυμάσιε, πρός με οὕτω διετέθησαν, ὥστε ἀτεχνῶς δάκνειν ἕτοιμοι εἶναι, ἐπειδάν τινα λῆρον αὐτῶν ἀφαιρῶμαι, καὶ οὐκ οἴονταί με εὐνοίᾳ τοῦτο ποιεῖν, πόρρω ὄντες τοῦ εἰδέναι ὅτι (151d) οὐδεὶς θεὸς δύσνους ἀνθρώποις, οὐδ´ ἐγὼ δυσνοίᾳ τοιοῦτον οὐδὲν δρῶ, ἀλλά μοι ψεῦδός τε συγχωρῆσαι καὶ ἀληθὲς ἀφανίσαι οὐδαμῶς θέμις. πάλιν δὴ οὖν ἐξ ἀρχῆς, Θεαίτητε, ὅτι ποτ´ ἐστὶν ἐπιστήμη, πειρῶ λέγειν· ὡς δ´ οὐχ οἷός τ´ εἶ, μηδέποτ´ εἴπῃς. ἐὰν γὰρ θεὸς ἐθέλῃ καὶ ἀνδρίζῃ, οἷός τ´ ἔσῃ. (ΘΕΑΙ.) Ἀλλὰ μέντοι, Σώκρατες, σοῦ γε οὕτω παρακελευομένου αἰσχρὸν μὴ οὐ παντὶ τρόπῳ προθυμεῖσθαι ὅτι (151e) τις ἔχει λέγειν. δοκεῖ οὖν μοι ἐπιστάμενός τι αἰσθάνεσθαι τοῦτο ἐπίσταται, καὶ ὥς γε νυνὶ φαίνεται, οὐκ ἄλλο τί ἐστιν ἐπιστήμη αἴσθησις. (ΣΩ.) Εὖ γε καὶ γενναίως, παῖ· χρὴ γὰρ οὕτως ἀποφαινόμενον λέγειν. ἀλλὰ φέρε δὴ αὐτὸ κοινῇ σκεψώμεθα, γόνιμον ἀνεμιαῖον τυγχάνει ὄν. αἴσθησις, φῄς, ἐπιστήμη; (ΘΕΑΙ.) Ναί. [151] et ils ont fini par paraître ignorants à leurs propres yeux comme aux yeux
des autres. Aristide, fils de Lysimaque, a été un de ceux-là, et il y en a bien d’autres.
Quand ils reviennent et me prient avec des instances extraordinaires de les recevoir
en ma compagnie,
le génie divin qui me parle m’interdit de renouer commerce avec certains d’entre
eux, il me le permet avec d’autres, et ceux-ci profitent comme la première fois.
Ceux qui s’attachent à moi ressemblent encore en ce point aux femmes en mal
d’enfant : ils sont en proie aux douleurs et sont nuit et jour remplis
d’inquiétudes plus vives que celles des femmes. Or ces douleurs, mon art est
capable et de les éveiller et de les faire cesser. Voilà ce que je fais pour
ceux qui me fréquentent. Mais il s’en trouve, Théétète, dont l’âme ne me paraît
pas grosse. Quand j’ai reconnu qu’ils n’ont aucunement besoin de moi, je
m’entremets pour eux en toute bienveillance et, grâce à Dieu, je conjecture fort
heureusement quelle compagnie leur sera profitable. J’en ai ainsi accouplé
plusieurs à Prodicos, et plusieurs à d’autres hommes sages et divins.
Si je me suis ainsi étendu là-dessus, excellent Théétète, c’est que je
soupçonne, comme tu t’en doutes toi-même, que ton âme est grosse et que tu es en
travail d’enfantement. Confie-toi donc à moi comme au fils d’une accoucheuse qui
est accoucheur lui aussi, et quand je te poserai des questions, applique-toi à y
répondre de ton mieux. Et si, en examinant telle ou telle des choses que tu
diras, je juge que ce n’est qu’un fantôme sans réalité et qu’alors je te
l’arrache et la rejette, ne te chagrine pas comme le font au sujet de leurs
enfants les femmes qui sont mères pour la première fois. J’en ai vu plusieurs,
mon admirable ami, tellement fâchés contre moi qu’ils étaient véritablement
prêts à me mordre, pour leur avoir ôté quelque opinion extravagante. Ils ne
croient pas que c’est par bienveillance que je le fais. Ils sont loin de savoir
qu’aucune divinité ne veut du mal aux hommes et que, moi non plus, ce n’est
point par malveillance que j’agis comme je le fais, mais qu’il ne m’est permis
en aucune manière ni d’acquiescer à ce qui est faux ni de cacher ce qui est vrai
VIII. — Reprends donc la question au début et essaie de dire ce que peut être la
science Garde-toi de dire jamais que tu n’en es pas capable ; car, si Dieu le
veut et t’en donne le courage, tu en seras capable.
(THÉÉTÈTE)
Vraiment, Socrate, ainsi encouragé par toi, on aurait honte de ne pas faire tous
ses efforts pour dire ce qu’on a dans l’esprit. Donc il me paraît que celui qui
sait une chose sent ce qu’il sait et, autant que j’en puis juger en ce moment la
science n’est autre chose que la sensation.
(SOCRATE)
C’est bien et bravement répondu, mon enfant : c’est ainsi qu’il faut déclarer ce
qu’on pense. Mais allons maintenant, examinons en commun si ta conception est
viable ou si elle n’est que du vent. La science est, dis-tu, la sensation ?
(THÉÉTÈTE)
Oui.


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Dernière mise à jour : 19/05/2006