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[7] Ταῦτα δὲ καὶ τὰ τοιαῦτα ἔλεγεν, τὰ μὲν ἄλλα
ἐπαινοῦσα τοῦ συγγράμματος, ἓν δὲ τοῦτο οὐ
φέρουσα, ὅτι θεαῖς αὐτήν, Ἥρᾳ καὶ Ἀφροδίτῃ,
εἴκασας· "Ὑπὲρ ἐμὲ γάρ," φησίν, "μᾶλλον δὲ
ὑπὲρ ἅπασαν τὴν ἀνθρωπίνην φύσιν τὰ τοιαῦτα.
ἐγὼ δέ σε οὐδ´ ἐκεῖνα ἠξίουν, ταῖς ἡρωΐναις
παραθεωρεῖν με Πηνελόπῃ καὶ Ἀρήτῃ καὶ Θεανοῖ,
οὐχ ὅπως θεῶν ταῖς ἀρίσταις. καὶ γὰρ αὖ
καὶ τόδε, πάνυ," ἔφη, "τὰ πρὸς τοὺς θεοὺς
δεισιδαιμόνως καὶ ψοφοδεῶς ἔχω. δέδια τοίνυν
μὴ κατὰ τὴν Κασσιέπειαν εἶναι δόξω τὸν τοιοῦτον
ἔπαινον προσιεμένη· καίτοι Νηρηΐσιν ἐκείνη
ἀντεξητάζετο, Ἥραν δὲ καὶ Ἀφροδίτην ἔσεβεν."
| [7] Tels ont été ses discours avec d'autres encore. Elle a
donné d'ailleurs des éloges à la plus grande partie de ton
ouvrage ; mais ce qu'elle n'a pu souffrir, c'est que tu l'aies
assimilée à des déesses, à Junon et à Vénus. "Une
semblable comparaison, a-t-elle dit, est au-dessus de moi
et de toutes les mortelles. Je n'aurais pas voulu
qu'il m'eût mise en parallèle avec des héroïnes, telles que
Pénélope, Arété, Théano, bien loin d'être comparée aux
premières des déesses. J'ai pour elles trop de respect et
de religion. Je craindrais d'être d'un orgueil comparable
à celui de Cassiopée, si j'acceptais une louange de cette
nature. Cependant elle ne se compara qu'aux Néréides :
elle révérait Junon et Vénus."
| [8] Ὥστε, ὦ Λυκῖνε, μεταγράψαι σε τὰ τοιαῦτα
ἐκέλευσεν, ἢ αὐτὴ μὲν μαρτύρεσθαι τὰς θεὰς ὡς
ἀκούσης αὐτῆς γέγραφας, σὲ δὲ εἰδέναι ὅτι ἀνιάσει
αὐτὴν τὸ βιβλίον οὕτω περινοστοῦν ὥσπερ νῦν
σοι διάκειται, οὐ μάλα εὐσεβῶς οὐδὲ ὁσίως τὰ
πρὸς τοὺς θεούς. ἐδόκει τε ἀσέβημα ἑαυτῆς καὶ
πλημμέλημα τοῦτο δόξειν, εἰ ὑπομένοι τῇ ἐν
Κνίδῳ καὶ τῇ ἐν κήποις ὁμοία λέγεσθαι· καί σε
ὑπεμίμνησκε τῶν τελευταίων ἐν τῷ βιβλίῳ περὶ
αὐτῆς εἰρημένων, ὅτι μετρίαν καὶ ἄτυφον ἔφης
αὐτὴν οὐκ ἀνατεινομένην ὑπὲρ τὸ ἀνθρώπινον
μέτρον, ἀλλὰ πρόσγειον τὴν πτῆσιν ποιουμένην,
ὁ δὲ ταῦτα εἰπὼν ὑπὲρ αὐτὸν τὸν οὐρανὸν ἀναβιβάζεις
τὴν γυναῖκα, ὡς καὶ θεαῖς ἀπεικάζειν.
| [8] Enfin, Lycinus, elle te prie de vouloir bien modifier ton
oeuvre, ou bien elle prend les divinités à témoin que c'est
contre son gré que tu l’as écrite. Tu dois savoir que ton
livre lui ferait de la peine, s'il entrait en circulation tel
qu'il est, sans religion et sans piété envers les dieux. Elle
s'accuserait elle-même d'impiété et se croirait coupable,
en se laissant comparer à la Vénus de Cnide ou à celle
des Jardins. Elle te remet en mémoire ce que tu dis d'elle
à la fin de ton ouvrage, à savoir que le faste et l'orgueil
ne sont point dans son caractère, que, loin de vouloir
s'élever au-dessus de la condition humaine, elle se
contente d'effleurer la terre de son vol ; voilà ce que tu
dis, et puis tu vas la porter jusqu'aux cieux et l'égaler à
des déesses.
| [9] Ἠξίου δέ σε μηδὲ ἀξυνετωτέραν αὐτὴν ἡγεῖσθαι
τοῦ Ἀλεξάνδρου, ὃς τοῦ ἀρχιτέκτονος
ὑπισχνουμένου τὸν Ἄθω ὅλον μετασχηματίσειν
καὶ μορφώσειν πρὸς αὐτόν, ὡς τὸ ὄρος ἅπαν
εἰκόνα γενέσθαι τοῦ βασιλέως, ἔχοντα δύο πόλεις
ἐν ταῖν χεροῖν, οὐ προσήκατο τὴν τερατείαν τῆς
ὑποσχέσεως, ἀλλ´ ὑπὲρ αὐτὸν ἡγησάμενος τὸ
τόλμημα ἔπαυσεν τὸν ἄνθρωπον οὐ πιθανῶς
κολοσσοὺς ἀναπλάττοντα καὶ τὸν Ἄθω κατὰ
χώραν ἐᾶν ἐκέλευσεν μηδὲ κατασμικρύνειν ὄρος
οὕτω μέγα πρὸς μικροῦ σώματος ὁμοιότητα.
ἐπῄνει δὲ τὸν Ἀλέξανδρον τῆς μεγαλοψυχίας
καὶ ἀνδριάντα μείζω τοῦτον τοῦ Ἄθω ἔλεγεν
αὐτοῦ ἀνεστάναι ἐν ταῖς τῶν ἀεὶ μεμνησομένων
διανοίαις· οὐ γὰρ μικρᾶς εἶναι γνώμης ὑπεριδεῖν
οὕτω παραδόξου τιμῆς.
| [9] Elle te conjure de ne pas la croire moins sensée
qu'Alexandre. Un architecte promettait à ce roi de
changer tout le mont Athos en sa statue, et d'y tailler
son image, tenant une ville dans chaque main : le
monarque, regardant cette promesse comme une
imposture et jugeant cette téméraire entreprise comme
trop au-dessus de lui, fit taire un homme si leste à
sculpter des colosses, et lui ordonna de laisser en place le
mont Athos, sans aller rapetisser une si grande
montagne jusqu'à une ressemblance marquée avec le
corps humain. Elle applaudissait beaucoup à la grandeur
d'âme d'Alexandre, qui, par ce refus, s'était élevé, disait-elle,
une statue plus haute que le mont Athos dans la
mémoire de ceux qui garderaient de ce prince un éternel
souvenir : car il n'appartient qu'à une grande âme de
mépriser un honneur si extraordinaire.
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