HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Isocrate, Sur la permutation de biens (texte complet)

Paragraphes 190-199

  Paragraphes 190-199

[190] ἔτι δὲ τὴν τόλμαν μὴ τὴν ἀναισχυντίας σημεῖον γιγνομένην, ἀλλὰ τὴν μετὰ σωφροσύνης οὕτω παρασκευάζουσαν τὴν ψυχὴν ὥστε μηδὲν ἧττον θαρρεῖν ἐν δὴ πᾶσι τοῖς πολίταις τοὺς λόγους ποιούμενον πρὸς αὑτὸν διανοούμενον, τίς οὐκ οἶδεν ὅτι τυχὼν τοιοῦτος παιδείας μὴ τῆς ἀπηκριβωμένης, ἀλλὰ τῆς ἐπιπολαίου καὶ πᾶσι κοινῆς, τοιοῦτος ἂν εἴη ῥήτωρ οἷος οὐκ οἶδ' εἴ τις τῶν Ἑλλήνων γέγονεν; (191) Καὶ μὲν δὴ κἀκείνους ἴσμεν, τοὺς καταδεεστέραν μὲν τούτων τὴν φύσιν ἔχοντας, ταῖς δ' ἐμπειρίαις καὶ ταῖς ἐπιμελείαις προέχοντας, ὅτι γίγνονται κρείττους οὐ μόνον αὑτῶν ἀλλὰ καὶ τῶν εὖ μὲν πεφυκότων λίαν δ' αὑτῶν κατημεληκότων· ὥσθ' ἑκάτερόν τε τούτων δεινὸν ἂν καὶ λέγειν καὶ πράττειν ποιήσειεν, ἀμφότερά τε γενόμενα περὶ τὸν αὐτὸν ἀνυπέρβλητον ἂν τοῖς ἄλλοις ἀποτελέσειεν. (192) Περὶ μὲν οὖν τῆς φύσεως καὶ τῆς ἐμπειρίας ταῦτα γιγνώσκω· περὶ δὲ τῆς παιδείας οὐκ ἔχω τοιοῦτον λόγον εἰπεῖν· οὔτε γὰρ ὁμοίαν οὔτε παραπλησίαν ἔχει τούτοις τὴν δύναμιν. Εἰ γάρ τις διακούσειεν ἅπαντα τὰ περὶ τοὺς λόγους καὶ διακριβωθείη μᾶλλον τῶν ἄλλων, λόγων μὲν ποιητὴς τυχὸν ἂν χαριέστερος γένοιτο τῶν πολλῶν, εἰς ὄχλον δὲ καταστάς, τούτου μόνον ἀποστερηθείς, τοῦ τολμᾶν, οὐδ' ἂν φθέγξασθαι δυνηθείη. (193) Καὶ μηδεὶς οἰέσθω με πρὸς μὲν ὑμᾶς συστέλλειν τὴν ὑπόσχεσιν, ἐπειδὰν δὲ διαλέγωμαι πρὸς τοὺς συνεῖναί μοι βουλομένους, ἅπασαν ὑπ' ἐμαυτῷ ποιεῖσθαι τὴν δύναμιν· φεύγων γὰρ τὰς τοιαύτας αἰτίας, ὅτ' ἠρχόμην περὶ ταύτην εἶναι τὴν πραγματείαν, λόγον διέδωκα γράψας ἐν φανήσομαι τοῖς τε μείζους ποιουμένοις τὰς ὑποσχέσεις ἐπιτιμῶν καὶ τὴν ἐμαυτοῦ γνώμην ἀποφαινόμενος. (194) μὲν οὖν κατηγορῶ τῶν ἄλλων παραλείψω· καὶ γάρ ἐστι πλείω τοῦ καιροῦ τοῦ παρόντος· δ' αὐτὸς ἀποφαίνομαι, πειράσομαι διελθεῖν ὑμῖν. Ἄρχομαι δ' ἐνθένδε ποθέν. {ἐκ τοῦ κατὰ Σοφιστῶν, paragraphes 14-18} (195) Ταῦτα κομψοτέρως μὲν πέφρασται τῶν ἔμπροσθεν εἰρημένων, βούλεται δὲ ταὐτὰ δηλοῦν ἐκείνοις. χρὴ μέγιστον ὑμῖν γενέσθαι τεκμήριον τῆς ἐμῆς ἐπιεικείας· οὐ γάρ, ὅτε μὲν ἦν νεώτερος, ἀλαζονευόμενος φαίνομαι καὶ μεγάλας τὰς ὑποσχέσεις ποιούμενος, ἐπειδὴ δ' ἀπολέλαυκα τοῦ πράγματος καὶ πρεσβύτερος γέγονα, τηνικαῦτα ταπεινὴν ποιῶν τὴν φιλοσοφίαν, ἀλλὰ τοῖς αὐτοῖς λόγοις χρώμενος καὶ ἀκμάζων καὶ παυόμενος αὐτῆς, καὶ θαρρῶν καὶ κινδυνεύων, καὶ πρὸς τοὺς βουλομένους πλησιάζειν καὶ πρὸς τοὺς μέλλοντας περί μου τὴν ψῆφον οἴσειν, ὥστ' οὐκ οἶδ' ὅπως ἄν τις ἀληθέστερος δικαιότερος περὶ αὐτὴν ἐπιδειχθείη γεγενημένος. (196) Ταῦτα μὲν οὖν ἐκείνοις προσκείσθω τοῖς πρότερον περὶ ἡμῶν εἰρημένοις· οὐκ ἀγνοῶ δ' ὅτι τοὺς δυσκόλως διακειμένους οὐδέν πω τῶν εἰρημένων ἱκανόν ἐστιν ἀπαλλάξαι τῆς διανοίας ταύτης, ἀλλὰ πολλῶν ἔτι δέονται λόγων καὶ παντοδαπῶν, εἰ μέλλουσιν ἑτέραν μεταλήψεσθαι δόξαν ἀνθ' ἧς νῦν τυγχάνουσιν ἔχοντες. (197) Δεῖ δὴ μηδ' ἡμᾶς προαπειπεῖν διδάσκοντας καὶ λέγοντας, ἐξ ὧν, δυοῖν θάτερον, μεταστήσομεν τὰς γνώμας αὐτῶν, τὰς βλασφημίας καὶ κατηγορίας αἷς χρῶνται καθ' ἡμῶν ἐξελέγξομεν ψευδεῖς οὔσας. Εἰσὶ δὲ διτταί. Λέγουσι γὰρ οἱ μὲν ὡς ἔστιν περὶ τοὺς σοφιστὰς διατριβὴ φλυαρία καὶ φενακισμός· οὐδεμία γὰρ εὕρηται παιδεία τοιαύτη δι' ἦς γένοιτό τις ἂν περὶ τοὺς λόγους δεινότερος περὶ τὰς πράξεις φρονιμώτερος, ἀλλ' οἱ προέχοντες ἐν τούτοις τῇ φύσει τῶν ἄλλων διαφέρουσιν· (198) οἱ δὲ δεινοτέρους μὲν ὁμολογοῦσιν εἶναι τοὺς περὶ τὴν μελέτην ταύτην ὄντας, οὐ μὴν ἀλλὰ διαφθέρεσθαι καὶ γίγνεσθαι χείρους· ἐπειδὰν γὰρ λάβωσι δύναμιν, τοῖς ἀλλοτρίοις ἐπιβουλεύειν. Ὡς οὖν οὐδὲν ὑγιὲς οὐδ' ἀληθὲς οὐδέτεροι τούτων λέγουσι, πολλὰς ἐλπίδας ἔχω πᾶσι φανερὸν ποιήσειν. (199) Πρῶτον δ' ἐνθυμήθητε περὶ τῶν φλυαρίαν φασκόντων εἶναι τὴν παιδείαν, ὡς αὐτοὶ λίαν καταφανῶς ληροῦσι. Διασύρουσι μὲν γὰρ αὐτὴν ὡς οὐδὲν ὠφελεῖν δυναμένην ἀλλ' ἀπάτην καὶ φενακισμὸν οὖσαν, ἀξιοῦσι δὲ τοὺς συνόντας ἡμῖν εὐθὺς μὲν προσελθόντας διαφέρειν αὐτοὺς αὑτῶν, [190] qui, de plus, joindrait à ces qualités l'assurance, non pas celle qui est un signe d'impudence, mais celle qui, unie à la modestie, dispose l'âme de telle manière qu'on n'a pas moins de confiance en parlant devant tous ses concitoyens que lorsqu'on pense avec soi-même ; qui peut ignorer, disons-nous, qu'un homme de cette nature, lors même qu'il n'aurait pas reçu une éducation spéciale, mais une éducation ordinaire, l'éducation commune à tous, serait un orateur tel que je ne sais pas s'il en a existé un semblable parmi les Grecs? (191) Mais, d'un autre côté, nous savons aussi que ceux à qui la nature a donné des dispositions moins brillantes qu'à leurs rivaux, et qui l'emportent par l'exercice et par les soins, deviennent supérieurs, non seulement à eux-mêmes, mais à ceux qui, étant heureusement nés, négligent de cultiver leur esprit; d'où il résulte que chacune de ces deux choses peut séparément produire un homme distingué par sa capacité, soit pour parler, soit pour agir; mais que la réunion des deux conditions dans la même personne en ferait un homme qu'aucun autre n'aurait le pouvoir de surpasser. (192) Voilà quelles sont mes pensées sur le génie et sur le travail. Quant à l'éducation, je ne puis pas tenir le même langage, car elle ne possède ni la même puissance, ni une puissance qui en approche. Et, en effet, celui qui aurait entendu tout ce que l'on peut dire sur l'art de composer des discours, qui s'en serait pénétré avec plus de soin que les autres, pourrait, peut-être, écrire avec plus d'agrément que la foule des orateurs; mais si, placé en présence du peuple, l'assurance seule lui manquait, il lui serait impossible d'articuler même une parole. (193) 26-15. Et que personne ne croie que je veuille atténuer devant vous la valeur de mes promesses, et qu'ensuite, lorsque je parle devant ceux qui veulent s'attacher à moi, je m'attribue une puissance sans limites ; car, pour éviter de semblables accusations, à l'époque où j'ai commencé à me livrer à l'enseignement de l'éloquence, j'ai écrit et publié un discours dans lequel on verra que je blâme ceux qui font de grandes promesses, et que je déclare mon sentiment à cet égard. Je laisserai de côté les reproches que j'adresse à d'autres dans ce discours : il faudrait pour le lire un temps plus long que celui qui m'est accorde. Mais, quant aux promesses que je fais, j'essayerai de les exposer devant vous. Je commence à peu près dans cet endroit. {Contre les Sophistes, paragraphes 14-18)} (195) Il y a dans ces passages plus d'élégance d'expression que dans ceux que j'ai cités auparavant; mais les pensées sont les mêmes. Ce doit être pour vous le témoignage le plus certain de ma modération; car on ne me voit pas, lorsque j'étais jeune, me vanter, faire de grandes promesses; et lorsque j'ai recueilli les fruits de mes travaux, que les années se sont accumulées pour moi, on ne me voit point alors déprécier la philosophie ; je continue à me servir des mêmes expressions, quand je suis dans la force de la jeunesse et quand elle est passée pour moi ; quand je suis en sécurité, et quand un danger me menace; quand je parle à ceux qui veulent devenir mes disciples, et quand je m'adresse à ceux qui sont appelés à prononcer sur mon sort; de telle sorte que j'ignore si, au sujet de la philosophie, il serait possible de trouver un homme qui s'exprimât d'une manière plus conforme à la vérité et à la justice. (196) Qu'ainsi donc ceci s'ajoute à ce que j'ai déjà dit dans l'intérêt de ma cause. 26-16. Je ne me dissimule pas que, m'adressant à des hommes animés de sentiments hostiles, aucune de mes paroles n'est suffisante pour les faire changer de pensée, et qu'ils ont besoin de discours multipliés et divers pour admettre une opinion différente de celle qu'ils ont adoptée. (197) Par conséquent, nous ne devons pas renoncer à établir et à développer des arguments à l'aide desquels nous ferons de deux choses l'une : ou nous changerons leur manière de voir, ou nous les convaincrons de mensonge dans les injures et les accusations qu'ils dirigent contre nous. Ces injures et ces accusations sont de deux sortes. Les uns disent que la fréquentation des écoles de sophistes est une déception et une puérilité, parce qu'il est impossible de trouver un enseignement au moyen duquel un homme devienne plus éloquent dans ses discours ou plus sage dans ses actions, et que ceux qui sont supérieurs par leur nature sous ces deux rapports l'emportent sur leurs rivaux; (198) les autres reconnaissent, au contraire, la supériorité de ceux qui se livrent à l'étude, mais ils ajoutent qu'ils se corrompent et se dégradent, parce que, lorsqu'ils ont acquis de la capacité, ils l'emploient pour nuire aux autres. J'ai la plus ferme espérance de rendre évident pour tout le monde que ni les uns ni les autres ne disent rien de conforme à la raison et à la vérité. (199) Remarquez d'abord que ceux qui prétendent que l'éducation est une chose vaine disent évidemment une parole dépourvue de sens. Ils dénigrent l'éducation comme n'ayant aucune utilité, comme une déception et un mensonge, et pourtant ils veulent que nos disciples, dès qu'ils se sont approchés de nous, soient supérieurs à eux-mêmes; ils veulent,


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Dernière mise à jour : 2/10/2008