[4] (1) Νέων δ´ ὡς ἔοικεν ἀνδρῶν ἐπιφάνεια καὶ τιμὴ τὰς μὲν ἐλαφρῶς φιλοτίμους
φύσεις πρωιαίτερον παραγενομένη σβέννυσι, καὶ ἀποπίμπλησι ταχὺ τὸ διψῶδες
αὐτῶν καὶ ἁψίκορον· τὰ δ´ ἐμβριθῆ καὶ βέβαια φρονήματα κινοῦσιν αἱ τιμαὶ καὶ
λαμπρύνουσιν, ὥσπερ ὑπὸ πνεύματος ἐγειρόμενα πρὸς τὸ φαινόμενον καλόν. (2)
οὐ γὰρ ὡς μισθὸν ἀπολαμβάνοντες, ἀλλ´ ὡς ἐνέχυρον διδόντες, αἰσχύνονται τὴν
δόξαν ἐγκαταλιπεῖν καὶ μὴ τοῖς αὖθις ἔργοις ὑπερβαλέσθαι. (3) τοῦτο παθὼν καὶ
ὁ Μάρκιος αὐτὸς αὑτῷ ζῆλον ἀνδραγαθίας προὔθετο, καινός τ´ ἀεὶ βουλόμενος
εἶναι ταῖς πράξεσιν, ἀριστείαις ἀριστείας συνῆπτε καὶ λάφυρα λαφύροις
ἐπέφερε, καὶ τοῖς προτέροις ἀεὶ τοὺς ὑστέρους ἡγεμόνας εἶχε περὶ τιμὰς τὰς
ἐκείνου καὶ μαρτυρίας ἐρίζοντας ὑπερβαλέσθαι. (4) πολλῶν γέ τοι τότε Ῥωμαίοις
ἀγώνων καὶ πολέμων γενομένων ἐξ οὐδενὸς ἀστεφάνωτος ἐπανῆλθεν οὐδ´
ἀγέραστος. (5) ἦν δὲ τοῖς μὲν ἄλλοις ἡ δόξα τῆς ἀρετῆς τέλος, ἐκείνῳ δὲ τῆς
δόξης ἡ τῆς μητρὸς εὐφροσύνη. τὸ γὰρ ἐκείνην ἐπαινούμενον ἀκοῦσαι καὶ
στεφανούμενον ἰδεῖν καὶ περιβαλεῖν δακρύουσαν ὑφ´ ἡδονῆς ἐντιμότατον αὑτὸν
ἐνόμιζε ποιεῖν καὶ μακαριώτατον. (6) τοῦτο δ´ ἀμέλει καὶ τὸν Ἐπαμεινώνδαν
φασὶν ἐξομολογήσασθαι τὸ πάθος, εὐτυχίαν ποιούμενον ἑαυτοῦ μεγίστην, ὅτι
τὴν ἐν Λεύκτροις στρατηγίαν αὐτοῦ καὶ νίκην ὁ πατὴρ καὶ ἡ μήτηρ ἔτι ζῶντες
ἐπεῖδον. (7) ἀλλ´ ἐκεῖνος μὲν ἀμφοτέρων ἀπέλαυσε τῶν γονέων συνηδομένων
καὶ συνευημερούντων, Μάρκιος δὲ τῇ μητρὶ καὶ τὰς τοῦ πατρὸς ὀφείλειν χάριτας
οἰόμενος, οὐκ ἐνεπίμπλατο τὴν Οὐολουμνίαν εὐφραίνων καὶ τιμῶν, ἀλλὰ καὶ
γυναῖκα βουλομένης καὶ δεομένης ἐκείνης ἔγημε, καὶ τὴν οἰκίαν ᾤκει γενομένων
παίδων ὁμοῦ μετὰ τῆς μητρός.
| [4] (1) Chez des hommes jeunes, la renommée et la
considération trop précoces éteignent, paraît-il, les
natures faiblement ambitieuses, dont elles étanchent
rapidement la soif -- viendra ensuite le dégoût. Mais aux
esprits sérieux et solides, les honneurs donnent impulsion
et éclat, comme s'ils s'éveillaient sous l'action d'un
souffle qui les pousse vers ce qui apparaît beau. (2) Ces
esprits-là n'accueillent pas les honneurs comme un salaire,
mais ils les offrent, en quelque sorte, en gage à l'avenir:
c'est que, par fierté, ils entendent ne pas faire fi de leur
réputation, mais la surpasser par de nouvelles prouesses.
(3) C'est bien là ce qu'éprouvait Marcius; il se proposait
de rivaliser de vaillance avec lui-même et, voulant toujours
se renouveler par ses hauts faits, il enchaînait exploits
sur exploits, entassait dépouilles sur dépouilles. Il tenait
toujours à ce que ses chefs successifs rivalisent avec les
précédents, et même les surpassent, pour ce qui est des
honneurs et citations à lui décerner. (4) Nombreuses,
assurément, étaient alors les luttes et les guerres des
Romains: or, d'aucune Marcius ne revint sans couronne ni
sans récompense. (5) Pour les autres hommes, le but de la
vaillance était la renommée, tandisque pour lui le but de la
renommée, c'était la joie de sa mère. Qu'elle l'entendît
louer, le vît couronner et l'étreignît en pleurant de joie,
voilà qui faisait de lui, pensait-il, le plus honoré et le
plus heureux des hommes. (6) C'est sans doute ce sentiment
qu'éprouvait aussi Épaminondas, lequel se faisait, dit-on,
un immense bonheur de ce que son père et sa mère l'eussent
vu de leur vivant auréolé du haut commandement et de sa
victoire à Leuctres. (7) Mais alors qu'Épaminondas avait
goûté le bonheur de voir ses deux parents partager sa joie
et son succès, Marcius, lui, jugeant qu'il devait à sa mère
les marques de la gratitude qu'il eût témoignée à son père,
ne se lassait pas de faire plaisir à Volumnie et de
l'honorer; c'est sur sa volonté et à sa demande qu'il prit
femme, et il continua d'habiter avec sa mère, même une fois
des enfants venus.
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