HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie de Coriolan

Chapitre 23

  Chapitre 23

[23] (1) Ἦν δ´ ἑσπέρα, καὶ πολλοὶ μὲν αὐτῷ προσετύγχανον, ἐγνώριζε δ´ οὐδείς. ἐβάδιζεν οὖν ἐπὶ τὴν οἰκίαν τοῦ Τύλλου, καὶ παρεισελθὼν ἄφνω πρὸς τὴν ἑστίαν ἐκάθισε σιωπῇ, καὶ τὴν κεφαλὴν ἐγκαλυψάμενος ἡσυχίαν ἦγεν. (2) οἱ δὲ κατὰ τὴν οἰκίαν θαυμάσαντες, ἀναστῆσαι μὲν οὐκ ἐτόλμησαν (ἦν γάρ τι περὶ αὐτὸν ἀξίωμα καὶ τοῦ σχήματος καὶ τῆς σιωπῆς), ἔφρασαν δὲ τῷ Τύλλῳ περὶ δεῖπνον ὄντι τὴν ἀτοπίαν τοῦ πράγματος. (3) δ´ ἐξαναστὰς ἧκε πρὸς αὐτὸν καὶ ἀνέκρινε, τίς ὢν ἀφῖκται καὶ τίνων δεόμενος. οὕτως οὖν Μάρκιος ἀποκαλυψάμενος καὶ μικρὸν ἀνασχών, "εἰ μήπω με γινώσκεις Τύλλε" εἶπεν, "ἀλλ´ ὁρῶν ἀπιστεῖς, ἀνάγκη με κατήγορον ἐμαυτοῦ γενέσθαι· (4) Γάιός εἰμι Μάρκιος, πλεῖστα σὲ καὶ Οὐολούσκους ἐργασάμενος κακά, καὶ τὴν οὐκ ἐῶσαν ἀρνεῖσθαι ταῦτα περιφέρων προσηγορίαν τὸν Κοριολανόν. (5) οὐδὲν γὰρ ἄλλο τῶν πολλῶν πόνων καὶ κινδύνων ἐκείνων ἐκτησάμην ἔπαθλον τὸ παράσημον ὄνομα τῆς πρὸς ὑμᾶς ἔχθρας. (6) καὶ τοῦτό μοι περίεστιν ἀναφαίρετον· τὰ δ´ ἄλλ´ ὁμοῦ πάντα φθόνῳ δήμου καὶ ὕβρει, μαλακίᾳ δὲ καὶ προδοσίᾳ τῶν ἐν τέλει καὶ ἰσοτίμων ἀπεστέρημαι, καὶ φυγὰς ἐλήλαμαι καὶ γέγονα τῆς σῆς ἑστίας ἱκέτης, οὐχ ὑπὲρ ἀδείας καὶ σωτηρίας (τί γὰρ ἔδει με δεῦρο ἥκειν φοβούμενον ἀποθανεῖν;) ἀλλὰ δίκας λαβεῖν χρῄζων, καὶ λαμβάνων ἤδη παρὰ τῶν ἐκβαλόντων τῷ σὲ ποιεῖν ἐμαυτοῦ κύριον. (7) εἰ μὲν οὖν ἐστί σοι θυμὸς ἐπιχειρεῖν τοῖς πολεμίοις, ἴθι ταῖς ἐμαῖς συμφοραῖς γενναῖε χρῆσαι, καὶ κοινὸν εὐτύχημα ποίησαι Οὐολούσκων τὴν ἐμὴν δυστυχίαν, τοσούτῳ βέλτιον ὑπὲρ ὑμῶν πολεμήσοντος πρὸς ὑμᾶς, ὅσῳ πολεμοῦσι βέλτιον οἱ γινώσκοντες τὰ παρὰ τοῖς πολεμίοις τῶν ἀγνοούντων. (8) εἰ δ´ ἀπείρηκας, οὔτ´ ἐγὼ βούλομαι ζῆν, οὔτε σοὶ καλῶς ἔχει σῴζειν πάλαι μὲν ἐχθρὸν ἄνδρα καὶ πολέμιον, νῦν δ´ ἀνωφελῆ καὶ ἄχρηστον." (9) ὡς οὖν ταῦθ´ Τύλλος ἤκουσεν, ἥσθη τε θαυμαστῶς, καὶ τὴν δεξιὰν ἐμβαλών, "ἀνάστηθι" εἶπεν " Μάρκιε καὶ θάρσει. μέγα μὲν γὰρ ἡμῖν ἀγαθὸν ἥκεις διδοὺς σεαυτόν, ἔλπιζε δὲ μείζονα παρὰ Οὐολούσκων." (10) καὶ τότε μὲν εἱστία φιλοφρονούμενος τὸν Μάρκιον, ἐν δὲ ταῖς ἐπιούσαις ἡμέραις ἐβουλεύοντο περὶ τοῦ πολέμου καθ´ ἑαυτούς. [23] (1) C'était le soir et quantité de gens le rencontraient, sans que nul le reconnaisse. Il chemine donc vers la demeure de Tullus, s'y introduit tout soudain et s'assied silencieusement près du foyer; la tête voilée, il restait bien tranquille. (2) Les gens de la maison, étonnés, n'osèrent pas le faire lever -- car il y avait autour de lui une sorte de prestige, émanant de son attitude et de son silence --, mais ils expliquèrent à Tullus, qui était à son dîner, l'insolite de l'affaire. (3) Tullus se leva, vint à lui et l'interrogea: "Qui es-tu, arrivant, et que demandes-tu?" Marcius ôta son voile et, s'étant recueilli un instant: "Si tu ne me reconnais pas encore, Tullus, ou si tu doutes de ce que tu vois, il faut bien que je me fasse mon propre accusateur. (4) Je suis Gaius Marcius, celui qui vous a fait, à toi et aux Volsques, le plus de mal: je porte le surnom de Coriolan, ce qui ne me permet pas de nier la chose. (5) Pour prix de tant d'efforts et de tous ces dangers, je n'ai rien reçu d'autre que ce surnom, emblème de la haine que je vous porte. (6) Voilà ce qui me reste -- et c'est inaliénable. Tout le reste, j'en ai été privé à la fois par l'envie et la violence du peuple, par la mollesse et la félonie des gouvernants et des gens de mon rang; frappé d'exil, me voici en suppliant à ton foyer, non pour y demander sécurité et salut -- car pourquoi me faudrait-il venir ici si j'ai peur de mourir? -- mais parce que je désire me venger de ceux qui m'ont chassé, et c'est ce que je fais déjà en te rendant maître de ma personne. (7) Donc, si tu as à coeur de t'en prendre à tes ennemis, va, sers-toi de mesmalheurs, mon brave, et fais de mon infortune la bonne fortune de la communauté volsque. Je me battrai pour vous mieux que je ne me suis battu contre vous, dans toute la mesure où des combattants au courant de la situation de l'ennemi sont supérieurs à ceux qui l'ignorent. (8) D'un autre côté, si toi tu as renoncé, moi je ne veux plus vivre, et il ne te sied guère de sauver un homme qui, depuis longtemps, est ton ennemi et te fait la guerre, et qui de surcroît est à présent sans utilité ni intérêt." (9) Quand il entendit cela, Tullus fut absolument ravi et, lui tendant la main droite: "Debout, Marcius, dit-il, et courage! Tu es venu nous apporter un grand bien en nous faisant le don de ta personne; attends-toi à en recevoir des Volsques un plus grand encore!" (10) Et, plein d'amicales attentions, d'inviter alors Marcius à dîner. Les jours suivants, ils se mettaient à discuter ensemble de la guerre.


Recherches | Texte | Lecture | Liste du vocabulaire | Index inverse | Menu | Bibliotheca Classica Selecta |

 
UCL | FLTR | Hodoi Elektronikai | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Ingénierie Technologies de l'Information : B. Maroutaeff - C. Ruell - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 13/05/2005