[1,882] (882a) καὶ πνεῦμα μὲν διῆκον δι´ ὅλου τοῦ κόσμου,
τὰς δὲ προσηγορίας μεταλαμβάνον δι´ ὅλης τῆς ὕλης δι´ ἧς κεχωρήκει
παραλλάξεις· θεὸν δὲ καὶ τὸν κόσμον καὶ τοὺς ἀστέρας καὶ τὴν γῆν, τόν τ´
ἀνωτάτω πάντων νοῦν ἐν αἰθέρι.
Ἐπίκουρος ἀνθρωποειδεῖς μὲν πάντας τοὺς θεούς, λόγῳ δὲ πάντας τούτους
θεωρητοὺς διὰ τὴν λεπτομέρειαν τῆς τῶν εἰδώλων φύσεως· ὁ δ´ αὐτὸς ἄλλως
τέσσαρας φύσεις κατὰ γένος ἀφθάρτους τάσδε, τὰ ἄτομα τὸ κενὸν τὸ ἄπειρον
τὰς ὁμοιότητας· αὗται δὲ λέγονται ὁμοιομέρειαι καὶ στοιχεῖα.
(882b) ηʹ. Περὶ δαιμόνων καὶ ἡρώων.
Παρακειμένως δὲ τῷ περὶ θεῶν λόγῳ τὸν περὶ δαιμόνων καὶ ἡρώων ἱστορητέον.
Θαλῆς Πυθαγόρας Πλάτων οἱ Στωικοὶ δαίμονας ὑπάρχειν οὐσίας ψυχικάς· εἶναι
δὲ καὶ ἥρωας τὰς κεχωρισμένας ψυχὰς τῶν σωμάτων, καὶ ἀγαθοὺς μὲν τὰς
ἀγαθὰς κακοὺς δὲ τὰς φαύλας.
Ἐπίκουρος δ´ οὐδὲν τούτων ἐγκρίνει.
θʹ. Περὶ ὕλης.
(882c) Ὕλη ἐστὶ τὸ ὑποκείμενον πρῶτον γενέσει καὶ φθορᾷ καὶ ταῖς ἄλλαις
μεταβολαῖς.
Οἱ ἀπὸ Θάλεω καὶ Πυθαγόρου καὶ οἱ Στωικοὶ τρεπτὴν καὶ ἀλλοιωτὴν καὶ
μεταβλητὴν καὶ ῥευστὴν ὅλην δι´ ὅλης τὴν ὕλην.
Οἱ ἀπὸ Δημοκρίτου ἀπαθῆ τὰ πρῶτα, τὴν ἄτομον καὶ τὸ κενὸν καὶ τὸ ἀσώματον.
Ἀριστοτέλης καὶ Πλάτων τὴν ὕλην σωματοειδῆ ἄμορφον ἀνείδεον ἀσχημάτιστον
ἄποιον μὲν ὅσον ἐπὶ τῇ ἰδίᾳ φύσει, δεξαμενὴν δὲ τῶν εἰδῶν οἷον τιθήνην καὶ
ἐκμαγεῖον καὶ μητέρα γενέσθαι.
Οἱ δ´ ὕδωρ λέγοντες ἢ γῆν ἢ πῦρ ἢ ἀέρα τὴν ὕλην οὐκέτι ἄμορφον αὐτὴν
λέγουσιν ἀλλὰ σῶμα· οἱ δὲ τὰ ἀμερῆ καὶ τὰς ἀτόμους ἄμορφον.
(882d) ιʹ. Περὶ ἰδέας
Ἰδέα ἐστὶν οὐσία ἀσώματος, αὐτὴ μὲν μὴ ὑφεστῶσα καθ´ αὑτήν, εἰκονίζουσα
δὲ τὰς ἀμόρφους ὕλας καὶ αἰτία γινομένη τῆς τούτων δείξεως.
Σωκράτης καὶ Πλάτων χωριστὰς τῆς ὕλης οὐσίας τὰς ἰδέας ὑπολαμβάνει, ἐν
τοῖς νοήμασι καὶ ταῖς φαντασίαις τοῦ θεοῦ, τουτέστι τοῦ νοῦ, ὑφεστώσας.
Ἀριστοτέλης δ´ εἴδη μὲν ἀπέλιπε καὶ ἰδέας, οὐ μὴν κεχωρισμένας τῆς ὕλης,
ὃ ἐξ ὧν γεγονὸς τὸ ὑπὸ τοῦ θεοῦ.
(882e) Οἱ ἀπὸ Ζήνωνος Στωικοὶ ἐννοήματα ἡμέτερα τὰς ἰδέας ἔφασαν.
ιαʹ. Περὶ αἰτίων
Αἴτιόν ἐστι δι´ ὃ τὸ ἀποτέλεσμα ἢ δι´ ὃ συμβαίνει τι.
Πλάτων τριχῶς τὸ αἴτιον· φησὶ γὰρ ὑφ´ οὗ ἐξ οὗ πρὸς ὅ· κυριώτερον δ´
ἡγεῖται τὸ ὑφ´ οὗ· τοῦτο δ´ ἦν τὸ ποιοῦν, ὅ ἐστι νοῦς.
Πυθαγόρας Ἀριστοτέλης τὰ μὲν πρῶτα αἴτια ἀσώματα, τὰ δὲ κατὰ μετοχὴν ἢ
κατὰ συμβεβηκὸς τῆς σωματικῆς ὑποστάσεως· ὥστ´ εἶναι τὸν κόσμον σῶμα.
(882f) Οἱ Στωικοὶ πάντα τὰ αἴτια σωματικά· πνεύματα γάρ.
ιβʹ. Περὶ σωμάτων
Σῶμά ἐστι τὸ τριχῇ διαστατόν, πλάτει βάθει μήκει· ἢ ὄγκος ἀντίτυπος ὅσον
ἐφ´ ἑαυτῷ· ἢ τὸ κατέχον τόπον.
Πλάτων {ὃ} μήτε βαρὺ μήτε κοῦφον εἶναί τι φύσει ἔν γε τῷ οἰκείῳ τόπῳ
ὑπάρχον· ἐν δέ γε τῷ ἀλλοτρίῳ γενόμενον τότε νεῦσιν ἴσχειν,
| [1,882] (882a) Ils disent aussi que Dieu est un souffle qui pénètre de
son action tout l'univers, et qui reçoit des noms différents, d'après les
changements divers que subit la matière dans laquelle il passe tour à
tour. Dieu, selon eux, est encore le monde, les étoiles et la terre, et le
Dieu suprême est l'intelligence qui réside dans la région éthérée.
Épicure dit que tous les dieux ont une forme humaine, mais que la raison
seule peut les apercevoir, à cause de la ténuité des parties qui forment
leurs simulacres. Il donne aussi l'incorruptibilité à quatre autres
substances, les atomes, le vide, l'infini et les parties semblables. Il
appelle aussi ces dernières parties, similaires et éléments.
CHAPITRE VIII. (882b) Des génies et des héros.
Il est naturel qu'après les dieux nous parlions des génies et des héros.
Thalès, Pythagore, Platon et les stoïciens ont dit que les génies sont des
substances spirituelles, et les héros, des âmes séparées des corps
qu'elles ont autrefois animés ; qu'ils sont de bons ou de mauvais esprits,
suivant que leurs âmes ont été bonnes ou mauvaises. Épicure n'admet ni
génies ni héros.
CHAPITRE IX. De la matière.
(882c) La matière est le premier sujet de la génération des êtres, de leur
corruption, et de tous leurs autres changements. Les sectateurs de Thalès,
ceux de Pythagore et les stoïciens disent que de sa nature elle est
variable, changeante, et susceptible dans toutes ses parties de toutes les
formes possibles. Les partisans de Démocrite prétendent que les premiers
principes des êtres, c'est-à-dire les atomes, le vide et les substances
incorporelles, ne sont sujets à aucune altération. Aristote et Platon
veulent que la matière, à ne considérer que sa nature, soit corporelle,
qu'elle n'ait ni forme, ni espèce, ni figure, ni qualité ; mais qu'elle
reçoive toutes les formes, qu'elle en soit comme la mère, la nourrice, et
le fond d'où elles sont tirées. Ceux qui disent que la matière est de
l'eau, de la terre, du feu et de l'air, ne la supposent plus privée de
toute forme, et ils lui donnent le nom de corps ; mais ils veulent
que la matière soit composée de corps indivisibles.
CHAPITRE X. (882d) De l'idée.
L'idée est une substance incorporelle qui, subsistant par elle-même, donne
la forme aux matières qui n'en ont point, et est le premier principe de
leur ordre et de leur disposition. Socrate et Platon disent que les idées
sont des substances séparées de la matière, qui existent
dans la pensée et l'imagination de Dieu, c'est-à-dire de l'être
intelligent. Aristote a admis les idées et les formes, mais il ne les
croit pas séparées de la matière ; et c'est d'après elles que Dieu, selon
lui, a tout formé. (882e) Les stoïciens, sectateurs de Zénon, ont dit que
les idées étaient des conceptions de notre esprit.
CHAPITRE XI. Des causes.
Une cause est ce qui produit un effet, ou à l'occasion de quoi il arrive.
Platon en distingue trois, l'efficiente, la matérielle et la finale. Il
regarde la première comme la plus excellente, et c'est l'être intelligent
lui-même. Pythagore et Aristote disent que les causes premières sont
incorporelles, et que les causes secondes ou accidentelles sont
corporelles ; en sorte que le monde est corporel. (882f) Les stoïciens
veulent que toutes les causes soient corporelles, puisque ce sont des esprits.
CHAPITRE XII. Des corps.
Le corps est composé de trois dimensions, largeur, longueur et profondeur.
Selon d'autres, c'est une masse qui, par sa nature, résiste à
l'impression du tact, ou enfin, c'est ce qui occupe un espace. Platon dit
qu'un corps est ce qui n'a ni pesanteur ni légèreté, lorsqu'il se trouve
dans la place qui lui convient, et qui, s'il est dans un espace qui ne lui
convient pas,
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