[4,2,20] καὶ ἐπεὶ ἤρξαντο καταβαίνειν ἀπὸ τοῦ μαστοῦ πρὸς τοὺς ἄλλους ἔνθα τὰ ὅπλα
ἔκειντο, ἵεντο δὴ οἱ πολέμιοι πολλῷ πλήθει καὶ θορύβῳ· καὶ ἐπεὶ ἐγένοντο ἐπὶ τῆς κορυφῆς
τοῦ μαστοῦ ἀφ᾽ οὗ Ξενοφῶν κατέβαινεν, ἐκυλίνδουν πέτρους· καὶ ἑνὸς μὲν κατέαξαν
τὸ σκέλος, Ξενοφῶντα δὲ ὁ ὑπασπιστὴς ἔχων τὴν ἀσπίδα ἀπέλιπεν· (4.2.21)
Εὐρύλοχος δὲ Λουσιεὺς (Ἀρκὰς) προσέδραμεν αὐτῷ ὁπλίτης, καὶ πρὸ ἀμφοῖν
προβεβλημένος ἀπεχώρει, καὶ οἱ ἄλλοι πρὸς τοὺς συντεταγμένους ἀπῆλθον.
(4.2.22) ἐκ δὲ τούτου πᾶν ὁμοῦ ἐγένετο τὸ Ἑλληνικόν, καὶ ἐσκήνησαν αὐτοῦ ἐν
πολλαῖς καὶ καλαῖς οἰκίαις καὶ ἐπιτηδείοις δαψιλέσι· καὶ γὰρ οἶνος πολὺς ἦν,
ὥστε ἐν λάκκοις κονιατοῖς εἶχον. (4.2.23) Ξενοφῶν δὲ καὶ Χειρίσοφος
διεπράξαντο ὥστε λαβόντες τοὺς νεκροὺς ἀπέδοσαν τὸν ἡγεμόνα· καὶ πάντα
ἐποίησαν τοῖς ἀποθανοῦσιν ἐκ τῶν δυνατῶν ὥσπερ νομίζεται ἀνδράσιν ἀγαθοῖς.
(4.2.24) τῇ δὲ ὑστεραίᾳ ἄνευ ἡγεμόνος ἐπορεύοντο· μαχόμενοι δ᾽ οἱ πολέμιοι καὶ
ὅπῃ εἴη στενὸν χωρίον προκαταλαμβάνοντες ἐκώλυον τὰς παρόδους. (4.2.25)
ὁπότε μὲν οὖν τοὺς πρώτους κωλύοιεν, Ξενοφῶν ὄπισθεν ἐκβαίνων πρὸς τὰ ὄρη
ἔλυε τὴν ἀπόφραξιν τῆς ὁδοῦ τοῖς πρώτοις ἀνωτέρω πειρώμενος γίγνεσθαι τῶν
κωλυόντων, (4.2.26) ὁπότε δὲ τοῖς ὄπισθεν ἐπιθοῖντο, Χειρίσοφος ἐκβαίνων καὶ
πειρώμενος ἀνωτέρω γίγνεσθαι τῶν κωλυόντων ἔλυε τὴν ἀπόφραξιν τῆς
παρόδου τοῖς ὄπισθεν· καὶ ἀεὶ οὕτως ἐβοήθουν ἀλλήλοις καὶ ἰσχυρῶς ἀλλήλων
ἐπεμέλοντο. (4.2.27) ἦν δὲ καὶ ὁπότε αὐτοῖς τοῖς ἀναβᾶσι πολλὰ πράγματα
παρεῖχον οἱ βάρβαροι πάλιν καταβαίνουσιν· ἐλαφροὶ γὰρ ἦσαν ὥστε καὶ ἐγγύθεν
φεύγοντες ἀποφεύγειν· οὐδὲν γὰρ εἶχον ἄλλο ἢ τόξα καὶ σφενδόνας. (4.2.28)
ἄριστοι δὲ καὶ τοξόται ἦσαν· εἶχον δὲ τόξα ἐγγὺς τριπήχη, τὰ δὲ τοξεύματα πλέον
ἢ διπήχη· εἷλκον δὲ τὰς νευρὰς ὁπότε τοξεύοιεν πρὸς τὸ κάτω τοῦ τόξου τῷ
ἀριστερῷ ποδὶ προσβαίνοντες. τὰ δὲ τοξεύματα ἐχώρει διὰ τῶν ἀσπίδων καὶ διὰ
τῶν θωράκων. ἐχρῶντο δὲ αὐτοῖς οἱ Ἕλληνες, ἐπεὶ λάβοιεν, ἀκοντίοις
ἐναγκυλῶντες. ἐν τούτοις τοῖς χωρίοις οἱ Κρῆτες χρησιμώτατοι ἐγένοντο. ἦρχε δὲ
αὐτῶν Στρατοκλῆς Κρής.
| [4,2,20] Mais dès que les Grecs commencèrent à descendre du mamelon pour rejoindre
leurs camarades, dont les armes étaient posées à terre, les Barbares s'avancèrent en grand
nombre et avec beaucoup de bruit ; quand ils eurent gagné le plus haut tertre du mamelon,
d'où Xénophon, descendait encore, ils roulèrent des pierres et cassèrent la cuisse d'un Grec.
Xénophon avait été abandonné de l'homme qui portait son bouclier ; Euryloque de
Lusie, Arcadien, courut à lui, le couvrit du sien, et tous deux se retirèrent
sous un seul bouclier ; les autres soldats rejoignirent le gros de troupes
grecques qui était formé plus loin.
Toute l'armée grecque se trouvant alors réunie, cantonna dans beaucoup de belles
maisons où foisonnaient les vivres. Il y avait une telle abondance de vin, qu'on
le gardait dans des citernes cimentées. Xénophon et Chirisophe convinrent avec
les Carduques de leur rendre leur compatriote qui servait de guide, et les
Carduques rendirent les morts : ces cadavres reçurent, autant qu'il fut possible
aux Grecs, tous les honneurs dus aux mânes de gens courageux. Le lendemain on
marcha sans guide. Les ennemis toujours combattant, toujours s'emparant d'avance
des défilés, barraient le passage de l'armée. S'ils arrêtaient l'avant-garde,
Xénophon, de la queue de la colonne où il était, gravissait sur la montagne, et
tâchant de gagner le dessus de l'ennemi, dissipait l'obstacle. Chirisophe
rendait le même service à l'arrière-garde lorsqu'elle était attaquée, et avec
les troupes de la tête, en parvenant à dominer l'ennemi, il ouvrait un passage à
la queue. Ils se portaient secours ainsi, mutuellement, et dans toutes leurs
manœuvres veillaient à la sûreté réciproque de leurs divisions. Quelquefois les
Barbares inquiétaient à la descente les troupes qui avaient monté, car ils
étaient si agiles, qu'on ne pouvait les joindre, quoiqu'ils ne prissent la fuite
qu'à quelques pas des Grecs. Ils ne portaient rien que leurs arcs et leurs
frondes, et ils étaient d'excellents archers ; leurs arcs étaient à peu près de
trois coudées, et leurs flèches en avaient plus de deux ; ils les décochaient en
avançant le pied gauche et tirant à eux la corde vers le bas de l'arc. Leurs
flèches traversaient les boucliers et les cuirasses. Quand les Grecs en
ramassaient, ils y attachaient des courroies et s'en servaient en guise de
javelots. Dans tout ce pays montueux, les Crétois rendirent les plus grands
services ; ils étaient commandés par Stratoclès de Crète.
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