HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Platon, Minos (dialogue complet)

Page 320

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[320] Εἰσὶν δὲ οἳ ὑπολαμβάνουσι τὸν ὀαριστὴν συμπότην καὶ συμπαιστὴν εἶναι τοῦ Διός, ἀλλὰ τῷδε ἄν τις τεκμηρίῳ χρῷτο ὅτι οὐδὲν λέγουσιν οἱ οὕτως (320a) ὑπολαμβάνοντες· πολλῶν γὰρ ὄντων ἀνθρώπων καὶ Ἑλλήνων καὶ βαρβάρων, οὐκ ἔστιν οἵτινες ἀπέχονται συμποσίων καὶ ταύτης τῆς παιδιᾶς, οὗ ἔστιν οἶνος, ἄλλοι Κρῆτες καὶ Λακεδαιμόνιοι δεύτεροι, μαθόντες παρὰ Κρητῶν. Ἐν Κρήτῃ δὲ εἷς οὗτός ἐστι τῶν ἄλλων νόμων οὓς Μίνως ἔθηκε, μὴ συμπίνειν ἀλλήλοις εἰς μέθην. Καίτοι δῆλον ὅτι ἐνόμιζεν καλὰ εἶναι, ταῦτα νόμιμα ἔθηκεν καὶ τοῖς αὑτοῦ πολίταις. (320b) Οὐ γάρ που, ὥσπερ γε φαῦλος ἄνθρωπος, Μίνως ἐνόμιζεν μὲν ἕτερα, ἐποίει δὲ ἄλλα παρ' ἐνόμιζεν· ἀλλὰ ἦν αὕτη συνουσία ὥσπερ ἐγὼ λέγω, διὰ λόγων ἐπὶ παιδείᾳ εἰς ἀρετήν. Ὅθεν δὴ καὶ τοὺς νόμους τούτους ἔθηκε τοῖς αὑτοῦ πολίταις, δι' οὓς τε Κρήτη τὸν πάντα χρόνον εὐδαιμονεῖ καὶ Λακεδαίμων, ἀφ' οὗ ἤρξατο τούτοις χρῆσθαι, ἅτε θείοις οὖσιν. Ῥαδάμανθυς δὲ ἀγαθὸς μὲν ἦν ἀνήρ· ἐπεπαίδευτο γὰρ (320c) ὑπὸ τοῦ Μίνω. Ἐπεπαίδευτο μέντοι οὐχ ὅλην τὴν βασιλικὴν τέχνην, ἀλλ' ὑπηρεσίαν τῇ βασιλικῇ, ὅσον ἐπιστατεῖν ἐν τοῖς δικαστηρίοις· ὅθεν καὶ δικαστὴς ἀγαθὸς ἐλέχθη εἶναι. Νομοφύλακι γὰρ αὐτῷ ἐχρῆτο Μίνως κατὰ τὸ ἄστυ, τὰ δὲ κατὰ τὴν ἄλλην Κρήτην τῷ Τάλῳ. γὰρ Τάλως τρὶς περιῄει τοῦ ἐνιαυτοῦ κατὰ τὰς κώμας, φυλάττων τοὺς νόμους ἐν αὐταῖς, ἐν χαλκοῖς γραμματείοις ἔχων γεγραμμένους τοὺς νόμους, ὅθεν χαλκοῦς ἐκλήθη. Εἴρηκε δὲ καὶ Ἡσίοδος ἀδελφὰ (320d) τούτων εἰς τὸν Μίνων. Μνησθεὶς γὰρ αὐτοῦ τοῦ ὀνόματος φησίν· Ὃς βασιλεύτατος γένετο θνητῶν βασιλήων, καὶ πλείστων ἤνασσε περικτιόνων ἀνθρώπων, Ζηνὸς ἔχων σκῆπτρον· τῷ καὶ πολέων βασίλευεν. Καὶ οὗτος λέγει τὸ τοῦ Διὸς σκῆπτρον οὐδὲν ἄλλο τὴν παιδείαν τὴν τοῦ Διός, εὔθυνε τὴν Κρήτην. ΕΤΑΙΡΟΣ Διὰ τί οὖν ποτε, Σώκρατες, αὕτη φήμη κατεσκέδασται (320e) τοῦ Μίνω ὡς ἀπαιδεύτου τινὸς καὶ χαλεποῦ ὄντος; ΣΩΚΡΑΤΗΣ Δι' καὶ σύ, βέλτιστε, ἐὰν σωφρονῇς, εὐλαβήσῃ, καὶ ἄλλος πᾶς ἀνὴρ ὅτῳ μέλει τοῦ εὐδόκιμον εἶναι, μηδέποτε ἀπεχθάνεσθαι ἀνδρὶ ποιητικῷ μηδενί. Οἱ γὰρ ποιηταὶ μέγα δύνανται εἰς δόξαν, ἐφ' ὁπότερα ἂν ποιῶσιν εἰς τοὺς ἀνθρώπους, εὐλογοῦντες κακηγοροῦντες. [320] Mais la meilleure preuve qu'ils se trompent, (320a) c'est que, Grecs et Barbares, tous les peuples se livrent aux plaisirs de la table et à tous ces divertissements où le vin tient tant de place, tous, excepté les Crétois et les Lacédémoniens, disciples des Crétois. En Crète, une loi défend de s'exercer à boire jusqu'à l'ivresse; et il est certain que Minos n'imposait à ses concitoyens comme une loi que ce qu'il regardait comme bien, (320b) car il n'était pas de ces hommes sans pudeur qui prescrivent aux autres autre chose que ce qu'ils font. Cette familiarité avec Jupiter consistait, comme je l'ai dit, dans des entretiens dont le but était l'enseignement de la sagesse. Minos donna donc à ses concitoyens ces lois qui firent dans tous les temps le bonheur de la Crète et qui font celui de Lacédémone depuis qu'elle les observe comme des préceptes divins. Quant à Rhadamante, c'était un homme vertueux, puisque ce fut un disciple (320c) de Minos. Il apprit de lui non pas l'art royal, tout entier, mais la partie inférieure de cet art qui sert de ministre à l'autre, et qui consiste à siéger dans les tribunaux. C'est ce qui l'a fait nommer L'excellent juge. Minos l'établit comme gardien des lois dans l'intérieur de la ville, et il confia la même charge à Talos pour les autres parties de la Crète. Celui-ci, en effet, parcourait trois fois par an les bourgs de la Crète pour y surveiller l'exécution des lois. Il les portait partout avec lui gravées sur des tables d'airain, ce qui l'a fait surnommer d'Airain. Hésiode raconte à peu près (320d) les mêmes choses de Minos ; en le nommant, il dit que c'est le plus véritablement roi qui ait paru entré les rois mortels. « Il régna sur un grand nombre de peuples, Le sceptre de Jupiter à la main; avec ce sceptre il gouvernait les États. » Par le sceptre de Jupiter le poète n'entend pas autre chose que l'art que Minos apprit de Jupiter, et à l'aide duquel il gouverna la Crète. L'AMI. D'où vient donc, Socrate, cette tradition si généralement répandue (320e) que Minos était un homme farouche et cruel ? SOCRATE. Cela vient, mon cher ami, de ce que, si tu es sage, tu dois bien prendre garde, toi et tous ceux qui ont quelque soin de leur gloire, d'avoir un poète quel qu'il soit pour ennemi. Car les poètes ont une grande influence sur l'opinion, quand ils distribuent aux hommes le blâme ou l'éloge :


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Dernière mise à jour : 18/02/2010