HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

APPIEN d'Alexandrie, Histoire romaine - Les guerres civiles, livre I

Chapitre 13-14

  Chapitre 13-14

[1,13] 13. Διανέμειν τε αὐτὴν ἐκεχειροτόνηντο πρῶτοι Γράκχος αὐτός, νομοθέτης, καὶ ἀδελφὸς ὁμώνυμος ἐκείνου καὶ ὃς ἐκήδευε τῷ νομοθέτῃ Κλαύδιος Ἄππιος, πάνυ τοῦ δήμου καὶ ὣς δεδιότος, μὴ τὸ ἔργον ἐκλειφθείη τοῦ νόμου, εἰ μὴ Γράκχος αὐτοῦ σὺν ὅλῃ τῇ οἰκίᾳ κατάρχοιτο. Γράκχος δὲ μεγαλαυχούμενος ἐπὶ τῷ νόμῳ ὑπὸ τοῦ πλήθους οἷα δὴ κτίστης οὐ μιᾶς πόλεως οὐδὲ ἑνὸς γένους, ἀλλὰ πάντων, ὅσα ἐν Ἰταλίᾳ ἔθνη, ἐς τὴν οἰκίαν παρεπέμπετο. Καὶ μετὰ ταῦθ' οἱ μὲν κεκρατηκότες ἐς τοὺς ἀγροὺς ἀνεχώρουν, ὅθεν ἐπὶ ταῦτ' ἐληλύθεσαν, οἱ δ' ἡσσημένοι δυσφοροῦντες ἔτι παρέμενον καὶ ἐλογοποίουν οὐ χαιρήσειν Γράκχον, αὐτίκα ὅτε γένοιτο ἰδιώτης, ἀρχήν τε ὑβρίσαντα ἱερὰν καὶ ἄσυλον καὶ στάσεως τοσήνδε ἀφορμὴν ἐς τὴν Ἰταλίαν ἐμβαλόντα. [1,13] 13. Quintus Mummius fut élu pour le remplacer et la loi agraire sanctionnée. Afin d'en assurer l'exécution, on nomma d'abord Gracchus, de qui elle était l'ouvrage, son frère qui portait le même nom que lui, et Appius Claudius son beau-père ; car le peuple craignait que la loi ne fût encore un coup éludée, si l'on ne confiait le soin de l'exécuter à Gracchus et à toute sa famille. Ce tribun, triomphant dans son succès et comblé d'éloges par le peuple, non pas comme le fondateur d'une seule cité, non pas comme le père d'un seul peuple, mais comme le père de tous les peuples de l'Italie, fut reconduit en pompe à sa maison. Cela fait, ceux dont les suffrages avaient décidé la victoire en faveur de la loi s'en retournèrent dans leurs foyers rustiques qu'ils avaient quittés pour ce motif. Leurs adversaires, encore mécontents, restèrent à Rome, et divulguèrent qu'aussitôt que l'année du tribunat de Gracchus serait expirée, ils se garderaient bien de réélire celui qui avait attenté à une sainte, à une inviolable magistrature, et qui avait jeté au milieu de l'Italie tant de germes de sédition.
[1,14] III. 14. Θέρος δ' ἦν ἤδη καὶ προγραφαὶ δημάρχων ἐς τὸ μέλλον· καὶ οἱ πλούσιοι τῆς χειροτονίας πλησιαζούσης ἔνδηλοι σαφῶς ἦσαν ἐσπουδακότες ἐς τὴν ἀρχὴν τοῖς μάλιστα Γράκχῳ πολεμίοις. δ' ἐγγὺς τοῦ κακοῦ γιγνομένου δείσας, εἰ μὴ καὶ ἐς τὸ μέλλον ἔσοιτο δήμαρχος, συνεκάλει τοὺς ἐκ τῶν ἀγρῶν ἐπὶ τὴν χειροτονίαν. Ἀσχολουμένων δ' ἐκείνων ὡς ἐν θέρει, συνελαυνόμενος ὑπὸ τῆς προθεσμίας ὀλίγης ἐς τὴν χειροτονίαν ἔτι οὔσης ἐπὶ τὸν ἐν τῷ ἄστει δῆμον κατέφευγε, καὶ περιιὼν κατὰ μέρος ἑκάστων ἐδεῖτο δήμαρχον αὑτὸν ἐς τὸ μέλλον ἑλέσθαι, κινδυνεύοντα δι' ἐκείνους. Γιγνομένης δὲ τῆς χειροτονίας δύο μὲν ἔφθασαν αἱ πρῶται φυλαὶ Γράκχον ἀποφῆναι, τῶν δὲ πλουσίων ἐνισταμένων οὐκ ἔννομον εἶναι δὶς ἐφεξῆς τὸν αὐτὸν ἄρχειν καὶ Ῥουβρίου δημάρχου τοῦ προεστάναι τῆς ἐκκλησίας ἐκείνης διειληχότος ἐνδοιάζοντος ἐπὶ τῷδε, Μούμμιος αὐτόν, ἐπὶ τῷ Ὀκταουίῳ δημαρχεῖν ᾑρημένος, ἐκέλευεν ἑαυτῷ τὴν ἐκκλησίαν ἐπιτρέψαι. Καὶ μὲν ἐπέτρεψεν, οἱ δὲ λοιποὶ δήμαρχοι περὶ τῆς ἐπιστασίας ἠξίουν ἀνακληροῦσθαι· Ῥουβρίου γὰρ τοῦ λαχόντος ἐκστάντος αὖθις ἐς ἅπαντας τὴν διακλήρωσιν περιιέναι. Ἔριδος δὲ καὶ ἐπὶ τῷδε πολλῆς γενομένης Γράκχος ἐλταττούμενος τὴν μὲν χειροτονίαν ἐς τὴν ἐπιοῦσαν ἡμέραν ἀνέθετο, πάντα δ' ἀπογνοὺς ἐμελανειμόνει τε ἔτι ὢν ἔναρχος καὶ τὸ λοιπὸν τῆς ἡμέρας ἐν ἀγορᾶ τὸν υἱὸν ἐπάγων ἑκάστοις συνίστη καὶ παρετίθετο ὡς αὐτὸς ὑπὸ τῶν ἐχθρῶν αὐτίκα ἀπολούμενος. [1,14] 14. On était déjà en été, et les élections pour le tribunat étaient prochaines. A mesure que l'époque de ces élections s'avançait, les citoyens riches parurent avoir manifestement agi pour que les suffrages fussent donnés de préférence à ceux qui se montreraient les plus ardents ennemis de Gracchus. Celui-ci, de son côté, à l'aspect du danger qui s'approchait, craignant pour lui s'il n'était pas réélu tribun, fit inviter tous les citoyens des champs à se rendre à Rome pour donner leurs voix ; mais ils n'en eurent pas le temps, à cause des travaux de la saison. Pressé par le court intervalle qui devait s'écouler de là au jour des comices, Gracchus eut recours aux plébéiens de la ville ; il s'adressa à chacun d'eux tour à tour, les suppliant de le nommer tribun à la prochaine élection, afin de le mettre à couvert des périls auxquels il s'était exposé pour eux. Le jour des comices étant arrivé, les deux premières tribus donnèrent leurs suffrages à Gracchus. Les riches réclamèrent ; ils prétendirent que les lois ne permettaient pas que le même citoyen fût élu tribun deux fois de suite. Cependant le tribun Rubrius, à qui la présidence de ces comices était échue par le sort, ne savait quel parti prendre sur cette question. Mummius, celui qui avait été nommé tribun en remplacement d'Octavius, invita son collègue Rubrius à lui céder la présidence, et il le fit. Les autres tribuns prétendirent que la présidence devait être réglée par le sort, et que, puisque Rubrius, à qui elle était d'abord échue, la quittait, le sort devait être de nouveau tiré entre tous. Une très vive altercation s'étant élevée à ce sujet, et Gracchus voyant qu'il avait le dessous, il renvoya l'élection au lendemain ; et n'ayant plus aucune espérance, il prit les vêtements noirs, quoique encore tribun. Il employa tout le reste de la journée à promener son fils dans le Forum, à le présenter et à le recommander à tous ceux qu'ils rencontrait, comme étant près lui-même de périr victime du ressentiment de ses ennemis.


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Dernière mise à jour : 13/04/2006