HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Alexandre d'Aphrodisias, Du destin (traité complet)

Chapitre 7

  Chapitre 7

[7] ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Ζ.' δὲ κατασκευὴ τῶν εἰρημένων ἔσται φανερωτέρα παρατιθέντων ἡμῶν ταῖς προηγουμέναις τῶν κειμένων ἀποδείξεσιν τὰ ἑπόμενα ἄτοπα τοῖς πάντα καθ' εἱμαρμένην γίνεσθαι λέγουσιν· μιγνύντες γὰρ οὕτω τὸν λόγον τῇ {τε} τῶν δοξῶν παρ' ἀλλήλας θέσει γνωριμώτερον τἀληθὲς ποιήσομεν καὶ πρὸς τούτῳ οὐχ ἕξομεν ἀνάγκην μεμνῆσθαι τῶν αὐτῶν πολλάκις. Εὐλόγως γὰρ ἄν τις ἀπορήσαι, πῶς φιλοσοφεῖν τινες λέγοντες καὶ τὴν ἀλήθειαν τὴν ἐν τοῖς οὖσιν μετέρχεσθαι καὶ ταύτην τῶν ἄλλων ἀνθρώπων πλέον ἔχειν {τοὺς φιλοσοφοῦντας} ὑπολαμβάνοντες καὶ διὰ τοῦτο καὶ τοὺς ἄλλους ἐπὶ τοῦτο προτρέποντες ἐπέδοσαν αὑτοὺς τῇ δόξῃ τῇ πάντα ἐξ ἀνάγκης τε καὶ καθ' εἱμαρμένην γίνεσθαι λεγούσῃ, ἐφ' ἣν μόνους ὁρῶμεν καταφεύγοντας τῶν ἰδιωτῶν τοὺς οὐδὲν αὑτοῖς συνειδότας δεξιὸν ἐπὶ τὴν εἱμαρμένην ἀφ' αὑ τῶν τὴν αἰτίαν τῶν περιεστώτων αὐτοὺς κακῶν μεταφέροντας, δόξῃ οὔτε τοῖς ἐναργέσι συναδούσῃ οὔτε τινὰς πιστὰς ἀποδείξεις τοῦ οὕτως ἔχειν ἐχούσῃ προσέτι τε ἀναιρούσῃ τὸ εἶναί τι ἐφ' ἡμῖν, οὗ πιστευθέντος τίς ἂν ἄλλη μείζων ἐκ λόγων γένοιτο ζημία; Ὅτι μὲν γὰρ παρὰ τὰ ἐναργῆ, δῆλον ἐκ τοῦ πεπιστεῦσθαι μὲν σχεδὸν ὑπὸ πάντων ἰδιωτῶν τε καὶ φιλοσόφων τὸ γίνεσθαί τινα καὶ αὐτομάτως καὶ ἀπὸ τύχης, εἶναι δέ τινα τῶν γινομένων καὶ ἐνδεχομένως γινόμενα καὶ ἔχειν τινὰ χώραν ἐν τοῖς οὖσιν καὶ τὸ μηδὲν μᾶλλον τόδε τοῦδε, τούτων δὲ μηδὲν σώζεσθαι κατὰ τοὺς ἐξ ἀνάγκης πάντα γίνεσθαι λέγοντας, εἴ γε σώζει μὲν αὐτὰ τὸ ἐφ' οἷς σημαινομένοις τὰ ὀνόματα ταῦτα κεῖσθαι πεπίστευται, ταῦτα μὴ κινεῖν· οὐ γὰρ τὸ ἄλλα τινὰ ὑποβάλλοντα σημαινόμενα τοῖς ὀνόμασιν διὰ τοῦ μένειν ἐκεῖνα μένειν ἡγεῖσθαι καὶ τὰ προειρημένα σωζόντων ἐστὶ τὰ κείμενα. Οὐ γὰρ σώζεται τὸ γίνεσθαί τινα ἀπὸ τύχης, ἂν ἀνελών τις τὴν τῶν οὕτως γινομένων φύσιν ὄνομα θῆται τοῖς γινομένοις ἐξ ἀνάγκης τὴν τύχην, ἀλλ' αὐτὰ δεῖξαι δυνάμενα σώζεσθαι, ἐφ' ὧν τὸ τῆς τύχης ὄνομα κατηγορεῖσθαι πεπίστευται. [7] CHAPITRE VII. La démonstration que nous venons de donner sera plus évidente si, des preuves que nous avons d’abord produites de notre sentiment, nous rapprochons les conséquences absurdes auxquelles se condamnent ceux qui prétendent que tout arrive fatalement. Car, en mêlant ainsi à notre discours l’exposition comparée des opinions, nous rendrons la vérité plus sensible, et, d’autre part, nous ne serons point obligés de nous répéter. Comment en effet ne s’étonner de voir des hommes usurper le titre de philosophes et prétendre pénétrer la vérité des choses, alors surtout qu’ils estiment que c’est le privilège des philosophes qu’une connaissance plus ample du vrai, d’où vient aussi qu’il leur appartient d’y porter les autres hommes; comment, dis-je, ne pas s’étonner de les entendre soutenir que tout arrive nécessairement et fatalement? N’est-il pas hors de doute qu’une opinion semblable est le refuge des seuls ignorants ou de ceux qui, étrangers à toute habitude honnête, rejettent sur le destin, au lieu de les rapporter eux-mêmes, la cause des maux qui les enveloppent? Ajoutons que cette doctrine est pleine d’obscurités, qu’aucune preuve acceptable ne la justifie, qu’elle offre enfin cet inconvénient grave de nous enlever tout libre pouvoir. Dès lors, quel plus grand dommage, je le demande, pourrait-on éprouver d’une discussion, que de se laisser imposer une pareille créance? Effectivement, que cette opinion aille contre l’évidence, c’est ce qui résulte de cela même que presque tous les hommes admettent, ignorants et philosophes, qu’il y a des choses qui arrivent accidentellement et par hasard, et qu’il y en a qui, arrivant, auraient pu ne pas arriver; que c’est là ce qui a lieu en réalité; et qu’en fait il peut n’y avoir pas plus nécessité d’un côté que de l’autre. Or rien de tout cela ne saurait être maintenu par ceux qui professent que tout arrive fatalement, si le maintenir, c’est ne pas changer la signification des mots dont on s’est servi pour l’exprimer. Car introduire dans les mots un autre sens; puis, parce qu’on maintient les mots, prétendre maintenir ce qu’on avait d’abord affirmé, ce n’est point réellement le maintenir. Et ainsi on ne maintient pas qu’il y a des choses qui arrivent par hasard, lorsque, ôtant à ces choses mêmes leur nature, on impose le nom de hasard à ce qui arrive par nécessité. Le maintenir, ce serait pouvoir démontrer qu’il y a effectivement des choses telles que celles que l’on désigne d’ordinaire sous la dénomination de fortuites.


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Dernière mise à jour : 15/02/2007