[5,12] δῆλον γὰρ ἐκ τούτων ὡς εἰκὸς ἦν αὑτῶν μὲν
καταγινώσκειν, τὸν δὲ Φίλιππον ἀποδέχεσθαι καὶ θαυμάζειν,
ὡς βασιλικῶς καὶ μεγαλοψύχως αὐτοῦ· χρωμένου τῇ τε
πρὸς τὸ θεῖον εὐσεβείᾳ καὶ τῇ πρὸς αὐτοὺς ὀργῇ.
καὶ μὴν τό γε νικῆσαι τοὺς πολεμίους καλοκἀγαθίᾳ
καὶ τοῖς δικαίοις οὐκ ἐλάττω, μείζω δὲ παρέχεται
χρείαν τῶν ἐν τοῖς ὅπλοις κατορθωμάτων. οἷς μὲν
γὰρ δι´ ἀνάγκην, οἷς δὲ κατὰ προαίρεσιν εἴκουσιν
οἱ λειφθέντες· καὶ τὰ μὲν μετὰ μεγάλων ἐλαττωμάτων
ποιεῖται τὴν διόρθωσιν, τὰ δὲ χωρὶς βλάβης
πρὸς τὸ βέλτιον μετατίθησι τοὺς ἁμαρτάνοντας. τὸ
δὲ μέγιστον, ἐν οἷς μὲν τὸ πλεῖστόν ἐστι τῆς πράξεως
τῶν ὑποταττομένων, ἐν οἷς δ´ αὐτοτελὴς ἡ
νίκη γίνεται τῶν ἡγουμένων.
Ἴσως μὲν οὖν οὐκ ἄν τις αὐτῷ Φιλίππῳ τῶν
τότε γενομένων πᾶσαν ἐπιφέροι τὴν αἰτίαν διὰ τὴν
ἡλικίαν, τὸ πλεῖον δὲ τοῖς συνοῦσι καὶ συμπράττουσι
τῶν φίλων, ὧν ἦν Ἄρατος καὶ Δημήτριος ὁ
Φάριος. ὑπὲρ ὧν οὐ δυσχερὲς ἀποφήνασθαι καὶ
μὴ παρόντα τότε ποτέρου τὴν τοιαύτην εἰκὸς εἶναι
συμβουλίαν. χωρὶς γὰρ τῆς κατὰ τὸν ὅλον βίον
προαιρέσεως, ἐν ᾗ περὶ μὲν Ἄρατον οὐδὲν ἂν εὑρεθείη
προπετὲς οὐδ´ ἄκριτον, περὶ δὲ Δημήτριον
τἀναντία, καὶ δεῖγμα τῆς προαιρέσεως ἑκατέρων ἐν
οἷς (συνεβουλεύσαντο Φιλίππῳ) παραπλησίως ὁμολογούμενον
ἔχομεν· ὑπὲρ οὗ λαβόντες τὸν οἰκεῖον καιρὸν
ποιησόμεθα τὴν ἁρμόζουσαν μνήμην.
| [5,12] Tout cela montre bien que les Étoliens se
seraient certainement condamnés eux-mêmes, tandis
qu'ils n'auraient éprouvé pour Philippe que de l'estime
et de l'admiration ; ils auraient trouvé qu'il se comportait
en roi et en homme généreux, s'il avait respecté
les dieux et dominé son ressentiment. Il y a bien plus
d'avantages à triompher de ses ennemis par la droiture
et l'équité que par les armes : dans un cas, c'est par
nécessité que les vaincus se soumettent; dans l'autre,
c'est de leur plein gré ; avec la première méthode, le
succès est chèrement acheté ; avec la seconde, c'est
sans éprouver aucune perte qu'on fait rentrer les égarés
dans le devoir ; mais surtout, dans la première alternative,
c'est presque uniquement à ses sujets qu'un
souverain doit la victoire, tandis que dans la seconde
c'est par lui-même qu'il la remporte. On objectera
peut-être que Philippe était trop jeune à cette époque
pour qu'on puisse le rendre responsable de ses fautes ;
que les vrais coupables sont les amis et les conseillers
qui l'entouraient, entre autres Aratos et Démétrios de
Pharos. Même sans avoir assisté à ces événements, il
n'est pas difficile de dire lequel des deux doit avoir
donné au roi ces mauvais conseils. Outre le naturel
différent dont ils ont toujours fait preuve — celui
d'Aratos, ennemi de toute précipitation et de toute
action irréfléchie, celui de Démétrios, absolument opposé,
— il y a un fait où se peint à nos yeux, d'une façon
indiscutable, le caractère de ces dieux hommes ; j'en
ferai mention en temps et lieu.
|