HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Oeuvres morales, Les animaux de terre ont-ils plus d'adresse que ceux de mer ?

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[959] ΠΟΤΕΡΑ ΤΩΝ ΖΩΙΩΝ ΦΡΟΝΙΜΩΤΕΡΑ, ΤΑ ΧΕΡΣΑΙΑ Η ΤΑ ΕΝΥΔΡΑ. (959a) (ΑΥΤΟΒΥΛΕ) Τὸν Τυρταῖον Λεωνίδας ἐρωτηθεὶς ποῖόν τινα (959b) νομίζοι ποιητήν, « Ἀγαθόν » ἔφη « νέων ψυχὰς κακκονῆν », ὡς τοῖς νέοις διὰ τῶν ἐπῶν ὁρμὴν ἐμποιοῦντα μετὰ θυμοῦ καὶ φιλοτιμίας, ἐν ταῖς μάχαις ἀφειδοῦσιν αὑτῶν. Δέδια δή, φίλοι, μὴ καὶ τὸ τῆς κυνηγεσίας ἐγκώμιον ἐχθὲς ἀνεγνωσμένον ἐπάρῃ τοῦ μετρίου πέρα τοὺς φιλοθήρους ἡμῖν νεανίσκους, ὥστε τἄλλα πάρεργα καὶ τὸ μηδὲν ἡγεῖσθαι, πρὸς τοῦτο παντάπασι ῥυέντας· ὅπου δοκῶ μοι καὶ αὐτὸς ἐκ νέας αὖθις ἀρχῆς παρ' ἡλικίαν ἐμπαθέστερος γεγονέναι καὶ ποθεῖν, ὥσπερ Εὐριπίδου Φαίδρα, « κυσὶ θωΰξαι βαλιαῖς ἐλάφοις (959c) ἐγχριμπτόμενος »· οὕτως ἔθιγέ μου πυκνὰ καὶ πιθανὰ τῶν ἐπιχειρημάτων ἐπάγων λόγος. (ΣΟΚΛΑΡΟΣ) Ἀληθῆ λέγεις, Αὐτόβουλε· καὶ γὰρ ἐκεῖνος ἔδοξέ μοι τὸ ῥητορικὸν ἐγεῖραι διὰ χρόνου, χαριζόμενος καὶ συνεαρίζων τοῖς μειρακίοις· μάλιστα δ' ἥσθην τοὺς μονομάχους αὐτοῦ παραθέντος, ὡς οὐχ ἥκιστα τὴν θηρευτικὴν ἄξιον ἐπαινεῖν, ὅτι τοῦ πεφυκότος ἐν ἡμῖν μεμαθηκότος χαίρειν μάχαις ἀνδρῶν πρὸς ἀλλήλους διὰ σιδήρου τὸ πολὺ δεῦρο τρέψασα καθαρὰν παρέχει θέαν, ἅμα τέχνης καὶ τόλμης νοῦν ἐχούσης πρὸς ἀνόητον ἰσχὺν καὶ βίαν ἀντιταττομένης καὶ ἐπαινούσης τὸ Εὐριπίδειον « βραχύ τοι σθένος ἀνέρος. Ἀλλὰ (959d) ποικιλίᾳ πραπίδων δεινὰ μὲν πόντου χθονίων τ' ὀρέων δάμναται παιδεύματα. » (ΑΥΤΟΒΥΛΕ) Καὶ μὴν ἐκεῖθεν, φίλε Σώκλαρε, φασὶν ἥκειν ἐπ' ἀνθρώπους τὴν ἀπάθειαν καὶ τὴν ἀγριότητα γευσαμένην φόνου καὶ προεθισθεῖσαν ἐν ταῖς ἄγραις καὶ τοῖς κυνηγεσίοις αἷμα καὶ τραύματα ζῴων μὴ δυσχεραίνειν ἀλλὰ χαίρειν σφαττομένοις καὶ ἀποθνήσκουσιν. Εἶθ' ὥσπερ ἐν Ἀθήναις πρῶτός τις ὑπὸ τῶν τριάκοντα συκοφάντης ἀποθανὼν ἐπιτήδειος ἐλέχθη, καὶ δεύτερος ὁμοίως καὶ τρίτος, ἐκ τούτου δὲ κατὰ μικρὸν ἤδη προϊόντες ἥπτοντο τῶν ἐπιεικῶν καὶ τέλος οὐδὲ τῶν ἀρίστων ἀπέσχοντο πολιτῶν, (959e) οὕτως πρῶτος ἄρκτον ἀνελὼν λύκον εὐδοκίμησε, καὶ βοῦς τις σῦς αἰτίαν ἔσχε προκειμένων ἱερῶν γευσάμενος {ἐπιτήδειος ἀποθανεῖνἔλαφοι δὲ τοὐντεῦθεν ἤδη καὶ λαγωοὶ καὶ δορκάδες ἐσθιόμενοι προβάτων καὶ κυνῶν ἐνιαχοῦ καὶ ἵππων κρέα προυξένησαν· τιθασὸν δὲ χῆνα καὶ περιστεράν, « ἐφέστιον οἰκέτιν » τὸ Σοφοκλέους οὐχ ὡς γαλαῖ καὶ αἴλουροι τροφῆς ἕνεκα διὰ λιμόν, ἀλλ' ἐφ' ἡδονῇ καὶ ὄψῳ διασπῶντες καὶ κατακόπτοντες ὅσον ἔνεστι τῇ φύσει φονικὸν καὶ θηριῶδες ἔρρωσαν καὶ πρὸς οἶκτον ἀκαμπὲς ἀπειργάσαντο, τοῦ δ' (959f) ἡμέρου τὸ πλεῖστον ἀπήμβλυναν· ὥσπερ αὖ πάλιν οἱ Πυθαγορικοὶ τὴν πρὸς τὰ θηρία πραότητα μελέτην ἐποιήσαντο πρὸς τὸ φιλάνθρωπον καὶ φιλοίκτιρμον· [959] LES ANIMAUX DE TERRE ONT-ILS PLUS D'ADRESSE QUE CEUX DE MER? (959a) (AUTOBULE) On demandait un jour à Léonidas ce qu'il (959b) pensait de Tyrtée. «C'est, répondit-il, un poète propre à enflammer le courage des jeunes gens. Ses vers leur inspirent cette ardeur qui, dans les combats, leur fait mépriser la vie pour acquérir de la gloire.» Pour moi, mes amis, je crains que l'éloge de la chasse, qu'on a lu hier devant nous, n'ait excité dans nos jeunes gens un amour si démesuré de cet exercice, qu'ils s'y livrent uniquement à l'avenir, et comptent tout le reste pour rien. Moi-même, je l'avoue, j'ai senti renaître pour la chasse un goût plus vif qu'il ne convient à mon âge, et comme la Phèdre d'Euripide, je brûle "De suivre avec la meute un cerf (959c) dans les forêts", tant le nombre et la force des raisons qu'on a alléguées ont fait d'impression sur moi ! (SOCLARUS) Vous avez raison, mon cher Autobule; l'éloquence de l'orateur, qui, depuis longtemps, avait interrompu l'exercice de la parole, me parut en avoir repris une nouvelle vigueur, afin d'intéresser les jeunes gens qui l'écoutaient. Je fus charmé surtout de lui entendre citer l'exemple des gladiateurs pour nous prouver qu'un des principaux motifs d'estimer la chasse, c'est qu'elle porte vers un autre objet le plaisir, ou naturel ou inspiré par l'éducation, de voir des hommes armés combattre les uns contre les autres ; qu'elle le remplace par un spectacle innocent, où le courage et l'adresse, dirigés par l'intelligence, luttent contre une force aveugle et féroce. Par là il a justifié cette observation d'Euripide : "Les hommes ont reçu peu de force en partage ; (959d) Mais l'industrie et l'art leur donnent l'avantage De vaincre, de dompter les plus fiers animaux Qui vivent sur la terre ou dans le sein des eaux". (AUTOBULE) Mais, mon cher Soclarus, c'est aussi de là que cette insensibilité, cette âpreté sauvage est née dans les hommes, qui, une fois qu'ils ont connu le meurtre, ont contracté à la chasse l'habitude de voir sans horreur couler le sang des animaux, et ont même pris plaisir à les égorger et à les mettre en pièces. Le premier délateur que les trente tyrans d'Athènes firent mettre à mort fut jugé digne du supplice; on applaudit à l'exécution du second et du troisième. Ces succès ayant enhardi les tyrans, ils en vinrent peu à peu à condamner des gens de bien et finirent par égorger les citoyens les plus vertueux. (959e) De même le chasseur qui, le premier, tua un ours ou un loup, reçut des applaudissements. Un bœuf ou un pourceau qui avaient touché aux offrandes sacrées parurent aussi justement condamnés à mort. Bientôt les cerfs, les lièvres et les chevreaux, dont on mangea la chair, invitèrent à faire servir sur les tables celle des moutons, et même, en quelques endroits, celle des chiens et des chevaux. Mais ceux qui, les premiers, ont mis en pièces un oiseau privé ou un pigeon domestique, et cela, dit Sophocle, non pour apaiser leur faim, comme les chats et les belettes, mais pour satisfaire leur goût, ceux-là ont fortifié dans l'homme ce que la nature a mis en lui de sanguinaire et de féroce ; ils l'ont rendu inaccessible à la pitié et (959f) ont presque étouffé sa sensibilité naturelle. Les pythagoriciens, au contraire, prescrivaient d'user de douceur envers les animaux, afin de contracter l'habitude de l'humanité et de la compassion à l'égard des hommes;


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Dernière mise à jour : 28/11/2007