HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Hérodien, Histoire romaine, livre IV

Chapitre 4

  Chapitre 4

[4,4] τὸ δὲ μῖσος καὶ στάσις ηὔξετο. εἴτε γὰρ ἡγεμόνας ἄρχοντας ἔδει ποιεῖν, ἑκάτερος τὸν ἑαυτοῦ φίλον προάγειν ἤθελεν, εἴτε δικάζοιεν, τὰ ἐναντία ἐφρόνουν, ἐπ´ ὀλέθρῳ τῶν δικαζομένων ἔσθ´ ὅτε· πλέον γὰρ ἦν παρ´ αὐτοῖς τοῦ δικαίου τὸ φιλόνεικον. ἔν τε τοῖς θεάμασι περὶ τὰ ἐναντία ἐσπούδαζον. πάντα τε εἴδη ἐπιβουλῆς ἐξήρτυον, οἰνοχόους τε καὶ ὀψοποιοὺς ἀνέπειθον ἐμβαλεῖν δηλητήρια φάρμακα. οὐ ῥᾳδίως δὲ αὐτῶν οὐδετέρῳ προεχώρει, ἐπειδὴ μετὰ πολλῆς ἐπιμελείας καὶ φρουρᾶς διῃτῶντο. τέλος δὲ μὴ φέρων Ἀντωνῖνος, ἀλλ´ ὑπὸ τῆς περὶ τὴν μοναρχίαν ἐπιθυμίας ἐλαυνόμενος, διέγνω δρᾶσαί τι παθεῖν γενναῖον, διὰ ξίφους χωρήσας καὶ φόνου· μὴ προχωρούσης γὰρ τῆς λανθανούσης ἐπιβουλῆς ἀναγκαίαν ἡγήσατο τὴν κινδυνώδη τε καὶ ἀπεγνωσμένην - - - τῆς μὲν διὰ στοργὴν τοῦ δὲ δι´ ἐπιβουλήν. Γέτας μὲν δὴ καιρίως τρωθείς, προσχέας τὸ αἷμα τοῖς τῆς μητρὸς στήθεσι, μετήλλαξε τὸν βίον· δ´ Ἀντωνῖνος κατεργασθέντος αὐτῷ τοῦ φόνου προπηδᾷ τοῦ δωματίου θέων, φερόμενός τε δι´ ὅλων τῶν βασιλείων ἐβόα μέγαν κίνδυνον ἐκπεφευγέναι μόλις τε σωθῆναι. τούς τε στρατιώτας, οἳ φρουροῦσι τὰ βασίλεια, κελεύει αὐτὸν ἁρπάσαντας ἀπάγειν ἐς τὸ στρατόπεδον, ὡς ἂν σωθῇ φυλαχθεὶς ἐκεῖ· μείνας γὰρ ἐπὶ τῆς βασιλείου αὐλῆς ἔλεγεν ἀπολεῖσθαι. πιστεύσαντές τε ἐκεῖνοι, τό τε πεπραγμένον ἔνδον οὐκ εἰδότες, θέοντι αὐτῷ καὶ φερομένῳ συνεξέδραμον πάντες. ταραχή τε τὸν δῆμον κατεῖχεν ὁρῶντα περὶ δείλην διὰ μέσης φερόμενον τῆς πόλεως δρόμῳ τὸν βασιλέα. ὡς δὲ εἰσέπεσεν ἐς τὸ στρατόπεδον ἔς τε τὸν νεών, ἔνθα τὰ σημεῖα καὶ τὰ ἀγάλματα τοῦ στρατοπέδου προσκυνεῖται, ῥίψας ἑαυτὸν ἐς γῆν ὡμολόγει τε χαριστήρια ἔθυέ τε σωτήρια. ὡς δὲ διηγγέλη τοῦτο τοῖς στρατιώταις, ὧν οἳ μὲν ἤδη περὶ λουτρὰ εἶχον οἳ δὲ ἀνεπαύοντο, πάντες ἐκπλαγέντες συνέθεον. δὲ προελθὼν τὸ μὲν πραχθὲν εὐθέως οὐχ ὡμολόγησεν, ἐβόα δὲ πεφευγέναι κίνδυνον καὶ ἐπιβουλὴν πολεμίου καὶ ἐχθροῦ, τὸν ἀδελφὸν λέγων, μόλις τε καὶ μετὰ πολλῆς μάχης τῶν ἐχθρῶν κεκρατηκέναι, κινδυνευσάντων δὲ ἀμφοτέρων κἂν ἕνα ἑαυτὸν βασιλέα τετηρῆσθαι ὑπὸ τῆς τύχης. τοιαῦτα δή τινα πλαγίως ἐμφαίνων νοεῖσθαι μᾶλλον ἐβούλετο τὰ πραχθέντα ἀκούεσθαι. ὑπισχνεῖται δὲ αὐτοῖς ὑπὲρ τῆς ἑαυτοῦ σωτηρίας καὶ μοναρχίας ἑκάστῳ μὲν στρατιώτῃ δισχιλίας καὶ πεντακοσίας δραχμὰς Ἀττικάς, προστίθησι δὲ τῷ σιτηρεσίῳ ἄλλο τοῦ τελουμένου ἥμισυ. κελεύει τε ἀπελθόντας αὐτοὺς ἤδη ὑποδέχεσθαι ἔκ τε τῶν ναῶν καὶ τῶν θησαυρῶν τὰ χρήματα, μιᾶς {τε} ἡμέρας ἀφειδῶς ἐκχέας πάντα ὅσα ἔτεσιν ὀκτωκαίδεκα Σεβῆρος ἤθροισέ τε καὶ κατέκλεισεν ἐξ ἀλλοτρίων συμφορῶν. οἱ δὲ στρατιῶται τοσοῦτον χρημάτων πλῆθος ἀκούσαντες, καὶ συνέντες τὸ πεπραγμένον ἤδη {τε} καὶ τοῦ φόνου διαβοήτου γενομένου ὑπὸ τῶν ἔνδοθεν φυγόντων, μόνον τε αὐτοκράτορα ἀναγορεύουσιν αὐτὸν καὶ τὸν Γέταν καλοῦσι πολέμιον. [4,4] VII. Cependant la haine et la discorde faisaient de nouveaux progrès dans leurs coeurs. Fallait-il nommer un général, un magistrat, chacun d'eux voulait élever ses créatures. Rendaient-ils la justice, ils étaient divisés d'opinion, au grand détriment des citoyens, car ils avaient plus à coeur de se contredire que d'être justes. Dans les jeux même ils se rangeaient toujours sous deux bannières. Ils ne cessaient de se dresser des piéges de toute espèce. Ils tentaient mutuellement la fidélité de leurs cuisiniers et de leurs échansons. Mais leur défiance toujours en haleine et leur prévoyance soupçonneuse leur rendaient difficile à tous deux le succès de leur perfidie. Enfin, impatient de régner seul et dominé par sa violente ambition, Antonin se détermina à porter un coup décisif, funeste à son rival ou à lui-même, et à ne plus employer d'autre arme que le fer, d'autre moyen que le meurtre. VIII. Il avait vu ses manoeuvres secrètes échouer; il voulut recourir, dans l'aveuglement de son ambition, à un acte de désespoir. Il envahit soudainement la chambre de son frère, qui ne s'attendait à rien de semblable; il frappe Géta d'un coup mortel ; l'infortuné tombe et inonde de sang le sein de sa mère. Antonin, après avoir commis le crime, s'échappe aussitôt et parcourt le palais, s'écriant qu'il vient d'être préservé du plus grand péril, et qu'il n'a sauvé sa vie qu'avec peine. En même temps il ordonne à ses gardes de l'entraîner avec eux dans le camp, seule retraite, disait-il , qui pût garantir ses jours et le défendre ; car s'il restait au palais il était perdu. Les soldats ajoutent foi à sa frayeur, et, ignorant ce qui venait de se passer dans l'intérieur du palais, se précipitent sur ses pas et l'accompagnent. Le peuple, cependant, s'agite, étonné de voir l'empereur s'élancer en fuyard à travers la ville. Arrivé au camp, il se jette dans le temple où sont renfermés les enseignes et les images sacrées de l'armée. Il se prosterne, et fait aux dieux qui l'ont sauvé un sacrifice d'actions de grâces. Au bruit de cet événement, les soldats qui se baignaient ou se reposaient accourent dans le camp pleins d'effroi. Alors Antonin s'avance au milieu d'eux, et, sans avouer encore la vérité, il s'écrie « qu'il vient d'échapper aux embûches meurtrières de son ennemi, de l'ennemi de l'État (c'est ainsi qu'il désignait son frère) ; après avoir lutté longtemps, il a triomphé de son adversaire; le danger a été égal pour tous deux, mais enfin la fortune a laissé à Rome un empereur. » Antonin voulait, à la faveur de ce langage équivoque, faire deviner la vérité sans la dire. IX. En l'honneur de sa conservation et de son avènement au trône, il promet à chaque soldat deux mille cinq cents drachmes attiques et le double de la ration de blé ordinaire. Il ajoute même qu'ils peuvent aller chercher leur récompense dans les temples et dans les trésors publics, dissipant ainsi en un seul jour toutes les richesses que l'avarice tyrannique de Sévère avait amassées pendant dix-huit années de rapines. Les soldats, à qui ces largesses apprennent un crime dont on veut leur acheter le pardon, ne répondent aux citoyens qui parcourent la ville et publient le meurtre du prince, qu'en proclamant son assassin seul empereur et Géta ennemi de l'empire.


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Dernière mise à jour : 26/04/2007