HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Athénée de Naucratis, les Deipnosophistes (ou Le Banquet des sages), livre X

Page 428

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[10,428] «Τί δή, ἔφη, (428) Διονύσιε, οὐχὶ καὶ ὀψοποιὸς ἀγαθὸς ὢν καὶ ποικίλος ἀναγκάζει ἡμᾶς εὐωχουμένους ἐσθίειν καὶ μὴ βουλομένους, ἀλλὰ κοσμίως ἡμῖν παρατίθησι τὴν τράπεζαν σιγῶν;» καὶ Σοφοκλῆς δὲ ἐν σατυρικῷ φησιν ὡς ἄρα «Τὸ πρὸς βίαν πίνειν ἴσον (κακὸν) πέφυκε τῷ διψῆν βίᾳὍθεν εἴρηται καὶ τὸ «Οἶνος ἄνωγε γέροντα καὶ οὐκ ἐθέλοντα χορεύεινΣθένελός τε ποιητὴς οὐ κακῶς εἴρηκεν· «Οἶνος καὶ φρονέοντας ἐς ἀφροσύνας ἀναβάλλει.» (428b) δὲ Φωκυλίδης ἔφη· «Χρὴ δ´ ἐν συμποσίῳ κυλίκων περινισομενάων ἡδέα κωτίλλοντα καθήμενον οἰνοποτάζεινἜτι δὲ καὶ νῦν τοῦτο παραμένει παρ´ ἐνίοις τῶν Ἑλλήνων. Ἐπεὶ δὲ τρυφᾶν ἤρξαντο καὶ χλιδῶσι, κατερρύησαν ἀπὸ τῶν δίφρων ἐπὶ τὰς κλίνας καὶ λαβόντες σύμμαχον τὴν ἀνάπαυσιν καὶ ῥᾳστώνην ἀνειμένως ἤδη καὶ ἀτάκτως ἐχρῶντο τῇ μέθῃ, ὁδηγούσης οἶμαι τῆς παρασκευῆς εἰς τὰς ἡδονάς. Διὸ καὶ Ἡσίοδος ἐν ταῖς Ἠοίαις εἶπεν· (428c) «Οἷα Διώνυσος δῶκ´ ἀνδράσι χάρμα καὶ ἄχθος, ὅστις ἄδην πίνῃ, οἶνος δέ οἱ ἔπλετο μάργος, σὺν δὲ πόδας χεῖράς τε δέει γλῶσσάν τε νόον τε δεσμοῖς ἀφράστοισι· φιλεῖ δέ μαλθακὸς ὕπνοςΚαὶ Θέογνις δέ φησιν· «Ἥκω δ´ ὡς οἶνος χαριέστατος ἀνδρὶ πεπόσθαι, οὔτε τι νήφων εἴμ´ οὔτε λίαν μεθύων. Ὃς δ´ ἂν ὑπερβάλλῃ πόσιος μέτρον, οὐκ ἔτ´ ἐκεῖνος (428d) τῆς αὑτοῦ γλώσσης καρτερὸς οὐδὲ νόου· μυθεῖται δ´ ἀπάλαμνα, τὰ νήφοσι γίγνεται αἰσχρά· αἰδεῖται δ´ ἔρδων οὐδὲν ὅταν μεθύῃ, τὸ πρὶν ἐὼν σώφρων τε καὶ ἤπιος. Ἀλλὰ σὺ ταῦτα γινώσκων μὴ πῖν´ οἶνον ὑπερβολάδην, πρὶν μεθύειν ἄρξῃ δ´, ἀπανίστασο, μή σε βιάσθω γαστήρ, ὥστε κακὸν λάτριν ἐφημέριονἈνάχαρσίς τε σοφὸς ἐπιδεικνύμενος τὴν τῆς ἀμπέλου (428e) δύναμιν τῷ τῶν Σκυθῶν βασιλεῖ καὶ τὰ κλήματα αὐτῆς δεικνὺς ἔλεγεν ὡς εἰ μὴ καθ´ ἕκαστον ἔτος ἔτεμνον οἱ Ἕλληνες τὴν ἄμπελον, ἤδη κἂν ἐν Σκύθαις ἦν. Οὐ καλῶς δὲ οἱ πλάττοντες καὶ γράφοντες τὸν Διόνυσον, ἔτι τε οἱ ἄγοντες ἐπὶ τῆς ἁμάξης διὰ μέσης τῆς ἀγορᾶς οἰνωμένον. Ἐπιδείκνυνται γὰρ τοῖς θεαταῖς ὅτι καὶ τοῦ θεοῦ κρείττων ἐστὶν οἶνος. Καίτοι γ´ οὐδ´ ἄν, οἶμαι, ἄνθρωπος σπουδαῖος τοῦθ´ ὑπομείνειεν. Εἰ δ´ ὅτι κατέδειξεν ἡμῖν τὸν οἶνον, διὰ τοῦτο ποιοῦσιν αὐτὸν οὕτως διακείμενον, δῆλον ὅτι καὶ τὴν (428f) Δήμητρα θερίζουσαν ἐσθίουσαν ποιήσουσιν. Ἐπεὶ καὶ τὸν Αἰσχύλον ἐγὼ φαίην ἂν τοῦτο διαμαρτάνειν· πρῶτος γὰρ ἐκεῖνος καὶ οὐχ, ὡς ἔνιοί φασιν, Εὐριπίδης παρήγαγε τὴν τῶν μεθυόντων ὄψιν εἰς τραγῳδίαν. Ἐν γὰρ τοῖς Καβίροις εἰσάγει τοὺς περὶ τὸν Ἰάσονα μεθύοντας. δ´ αὐτὸς τραγῳδιοποιὸς ἐποίει ταῦτα τοῖς ἥρωσι περιέθηκε· μεθύων γοῦν ἔγραφε τὰς τραγῳδίας. Διὸ καὶ Σοφοκλῆς αὐτῷ μεμφόμενος ἔλεγεν ὅτι « Αἰσχύλε, εἰ καὶ τὰ δέοντα ποιεῖς, ἀλλ´ οὖν οὐκ εἰδώς γε ποιεῖς[10,428] «Quoi donc, (428) Denys, le cuisinier habile qui nous sert diverses sortes de mets nous force-t-il de manger pendant le repas, lorsque nous ne le voulons point ? Qu'il se contente de nous servir honnêtement et en silence.» Sophocle dit, dans un Drame satyrique : «Oui, sans doute, être forcé de boire malgré soi, c'est autant souffrir que de ne pouvoir contenter la soif.» L'effet du vin a aussi donné lieu de dire : «Le vin fait danser un vieillard même malgré lui.» Le poète Sthénélée a dit fort à propos: «Le vin fait faire des folies aux plus sages.» (428b) Phocilide écrit: «Lorsque les coupes commencent à faire la ronde dans un repas, il faut demeurer assis, et mêler les charmes de la conversation au vin.» Cet usage subsiste encore, il est vrai, chez quelques Grecs; mais depuis qu'ils ont commencé à goûter les délices de la volupté et de la mollesse, ils ont lâchement quitté les sièges pour s'étendre sur les lits. S'autorisant ensuite du repos et de l'indolence, ils se sont abandonnés sans réserve et sans égard à l'ivresse, invités aux plaisirs par tous les attraits qu'une magnificence luxurieuse leur présentait. Hésiode dit aussi au sujet du vin, dans ses g-Hoiai : (428c) «C'est ainsi que Bacchus a procuré aux hommes de la joie et de la haine. Celui qui boit beaucoup, perd la raison dans le vin. Il lui lie les pieds et les mains, la langue et l'âme, sans qu'il s'en aperçoive, et le doux sommeil s'en empare.» Théognis écrit : «Je viens après avoir bu assez pour allier tous les charmes du vin à la raison ; je ne suis donc ni à jeun, ni ivre. Si un homme boit outre mesure, il n'est plus maître ni de sa raison, (428d) ni présent à rien. Il ne lâche que des absurdités, dont il rougit lorsqu'il est à jeun. Il se porte à tout, sans honte, dans son ivresse, au lieu d'être prudent et modéré comme auparavant. D'après ces avis, ne bois donc pas trop de vin. Lève-toi, et vas t'en avant d'être ivre. Que ton ventre ne te maîtrise pas, comme un journalier lâche et mercenaire.» Le sage Anacharsis, montrant au roi des Scythes la vertu de la vigne (428e) et ses brins, lui dit : Si les Grecs ne taillaient pas la vigne tous les ans, ces brins se seraient déjà étendus jusqu'en Scythie. Les statuaires et les peintres ont tort de représenter Bacchus ivre. Il n'est pas moins indécent de le promener ainsi sur un chariot au milieu des places publiques; en effet, c'est montrer aux spectateurs que ce dieu se laisse maîtriser par le vin. Or, quel homme honnête souffrirait d'être ainsi traduit publiquement ? Si on représente Bacchus dans cet état, c'est parce qu'il a fait connaître la vigne, on pourra donc aussi représenter (428f) Cérès moissonnant et mangeant du pain. Au reste, je dirai ici qu'Eschyle mérite de justes reproches, pour avoir produit sur la scène, et dans la tragédie même, des personnages ivres : car ce n'est pas Euripide qui a le premier commis cette faute, comme quelques-uns le prétendent. En effet, Jason et ses compagnons paraissent ivres dans les Cabires d'Eschyle; mais le poète donnait ses inclinations à ses héros. Eschyle avait toujours une pointe de vin lorsqu'il composait ses tragédies.


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Dernière mise à jour : 20/12/2007