HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Strabon, Geographica, livre IV

Chapitre 1

  par. 12

[4,1,12] 12. Τὴν δ' ἐπὶ θάτερα μέρη τοῦ ποταμοῦ Ὀυόλκαι νέμονται τὴν πλείστην, οὓς Ἀρηκομίσκους προσαγορεύουσι. Τούτων δ' ἐπίνειον Νάρβων λέγεται, δικαιότερον δ' ἂν καὶ τῆς ἄλλης Κελτικῆς λέγοιτο· τοσοῦτον ὑπερβέβληται τῷ πλήθει τῶν * χρωμένων τῷ ἐμπορίῳ. Οἱ μὲν οὖν Ὀυόλκαι γειτονεύουσι τῷ Ῥοδανῷ, τοὺς Σάλυας ἔχοντες ἀντιπαρήκοντας αὐτοῖς ἐν τῇ περαίᾳ καὶ τοὺς Καουάρους. Ἐπικρατεῖ δὲ τὸ τῶν Καουάρων ὄνομα, καὶ πάντας οὕτως ἤδη προσαγορεύουσι τοὺς ταύτῃ βαρβάρους, οὐδὲ βαρβάρους ἔτι ὄντας, ἀλλὰ μετακειμένους τὸ πλέον εἰς τὸν τῶν Ῥωμαίων τύπον καὶ τῇ γλώττῃ καὶ τοῖς βίοις, τινὰς δὲ καὶ τῇ πολιτείᾳ. Ἄλλα δ' ἔστιν ἄδοξα ἔθνη καὶ μικρά, παρακείμενα τοῖς Ἀρηκομίσκοις μέχρι Πυρήνης. Μητρόπολις δὲ τῶν Ἀρηκομίσκων ἐστὶ Νέμαυσος, κατὰ μὲν τὸν ἀλλότριον ὄχλον καὶ τὸν ἐμπορικὸν πολὺ Νάρβωνος λειπομένη, κατὰ δὲ τὸν πολιτικὸν ὑπερβάλλουσα· ὑπηκόους γὰρ ἔχει κώμας τέτταρας καὶ εἴκοσι τῶν ὁμοεθνῶν εὐανδρίᾳ διαφερούσας, συντελούσας εἰς αὐτήν, ἔχουσα καὶ τὸ καλούμενον Λάτιον, ὥστε τοὺς ἀξιωθέντας ἀγορανομίας καὶ ταμιείας ἐν Νεμαύσῳ Ῥωμαίους ὑπάρχειν· διὰ δὲ τοῦτο οὐδ' ὑπὸ τοῖς προστάγμασι τῶν ἐκ τῆς Ῥώμης στρατηγῶν ἐστι τὸ ἔθνος τοῦτο. Ἵδρυται δ' πόλις κατὰ τὴν ὁδὸν τὴν ἐκ τῆς Ἰβηρίας εἰς τὴν Ἰταλίαν, θέρους μὲν εὔβατον οὖσαν, χειμῶνος δὲ καὶ ἔαρος πηλώδη καὶ ποταμόκλυστον. Τινὰ μὲν οὖν τῶν ῥευμάτων πορθμείοις περᾶται, τινὰ δὲ γεφύραις, ταῖς μὲν ξύλων πεποιημέναις, ταῖς δὲ λίθων. Ποιοῦσι δὲ τὰς ἐκ τῶν ὑδάτων δυσκολίας οἱ χείμαρροι, καὶ μέχρι τοῦ θέρους ἔσθ' ὅτε ἐκ τῶν Ἄλπεων καταφερόμενοι μετὰ τὴν ἀπότηξιν τῶν χιόνων. Τῆς δ' ὁδοῦ τῆς λεχθείσης μὲν εὐθὺς ἐπὶ τὰς Ἄλπεις ἐστί, καθάπερ εἴπομεν, σύντομος διὰ Ὀυοκοντίων· δὲ διὰ τῆς πα ραλίας τῆς Μασσαλιωτικῆς καὶ τῆς Λιγυστικῆς μακροτέρα μέν, τὰς δ' ὑπερθέσεις τὰς εἰς τὴν Ἰταλίαν εὐμαρεστέρας ἔχει, ταπεινουμένων ἐνταῦθα ἤδη τῶν ὀρῶν. Διέχει δ' Νέμαυσος τοῦ μὲν Ῥοδανοῦ περὶ ἑκατὸν σταδίους, καθ' ἐν τῇ περαίᾳ πολίχνιον ἔστι Ταρούσκων, τῆς δὲ Νάρβωνος ἑπτακοσίους εἴκοσι. Πρὸς δὲ τὸ Κέμμενον ὄρος συνάπτοντες, ἐπιλαμβάνοντες δὲ καὶ τὸ νότιον πλευρὸν αὐτοῦ μέχρι τῶν ἀκρωτηρίων οἰκοῦσι τῶν τε Ὀυολκῶν οἱ Τεκτόσαγες καλούμενοι καὶ ἄλλοι τινές. Περὶ μὲν οὖν τῶν ἄλλων ἐροῦμεν ὕστερον. [4,1,12] 12. De l'autre côté du fleuve, ce sont les Volces qui occupent la plus grande partie du pays, les Volces dits Aréconlisques. Narbonne passe pour être leur port, il serait plus juste de dire qu'elle est celui de la Gaule entière, tant elle surpasse les autres villes maritimes par l'importance et l'activité de son commerce. Les Volces touchent au Rhône et voient s'étendre en face d'eux, sur la rive opposée, les possessions des Salyens et des Cavares, {disons mieux, des Cavares seuls,} car le nom de ce peuple l'a emporté sur tous les autres, et l'on commence à ne plus appeler autrement les Barbares de cette rive, lesquels d'ailleurs ne sont plus, à proprement parler, des Barbares, vu qu'ils tendent de plus en plus à prendre la physionomie romaine, adoptant tous la langue, les mœurs, voire même quelques-uns les institutions des Romains. D'autres peuples, ceux-là faibles et obscurs, s'étendent des frontières des Arécomisques au mont Pyréné. La métropole des Arécomisques, Nemausus, bien inférieure à Narbonne en ce qu'on n'y voit pas la même affluence d'étrangers et de commerçants, forme en revanche une commune, une cité plus considérable. Elle a en effet dans sa dépendance vingt-quatre bourgs, tous extrêmement populeux, et dont les habitants, unis aux siens par le sang, diminuent naturellement par leurs contributions les charges qui pèsent sur elle. De plus, comme elle jouit du droit latin, quiconque y a été revêtu de l'édilité ou de la questure devient par cela seul citoyen romain, et le même privilège dispense la nation tout entière d'obéir aux ordres des préfets envoyés de Rome. La ville de Nemausus est située sur la route même qui conduit d'Ibérie en Italie, mais cette route, excellente l'été, est toute fangeuse en hiver, voire au printemps; il lui arrive même quelquefois d'être tout entière envahie et coupée par les eaux. Sans doute on peut passer quelques-uns des fleuves qu'on rencontre à l'aide de bacs ou de ponts, bâtis, soit en bois, soit en pierre, mais la grande difficulté consiste dans le passage des torrents : or, il n'est pas rare de voir, jusqu'à l'entrée de l'été, descendre de la chaîne des Alpes de ces torrents que produit la fonte des neiges. La route en question, avons-nous dit, a deux branches, l'une qui va droit aux Alpes en traversant le territoire des Vocontiens (c'est la plus courte), et l'autre qui longe la côte appartenant aux Massaliotes et aux Ligyens : celle-ci est, à la vérité, plus longue, mais les cols qu'elle a à franchir pour entrer en Italie sont plus faciles, parce qu'en cet endroit les montagnes commencent à s'abaisser sensiblement. Ajoutons que Nemausus se trouve à 100 stades environ de la rive droite du Rhône prise à la hauteur de Taruscon, petite ville bâtie sur la rive gauche, et qu'elle est d'autre part à 720 stades de Narbonne. Plus près maintenant du mont Cemmène, disons mieux, sur tout le versant méridional de la chaîne, d'une extrémité à l'autre, habitent les Volces Tectosages en compagnie de quelques autres peuples. Il sera question de ceux-ci plus loin : parlons d'abord des Tectosages.


Recherches | Texte | Lecture | Liste du vocabulaire | Index inverse | Menu | Site de Philippe Remacle |

 
UCL | FLTR | Hodoi Elektronikai | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Ingénierie Technologies de l'Information : B. Maroutaeff - C. Ruell - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 12/04/2006