HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

POLYBE, Histoire, livre XXXVI [fragments]

Chapitre 5

  Chapitre 5

[36,5] V. Ἐν δὲ τῷ καιρῷ τούτῳ φασὶ Μάγωνα τὸν Βρέττιον χρήσασθαι λόγοις ἀνδρώδεσι καὶ πραγματικοῖς. Δύο γάρ, ὡς ἔοικε, καιροὺς ἔφασκεν εἶναι τοῦ βουλεύσασθαι περὶ σφῶν καὶ τῆς πατρίδος, ὧν τὸν μὲν ἕνα παρεῖσθαι. Δεῖν γὰρ οὐ μὰ Δία νῦν διαπορεῖν τί διὰ τῶν ὑπάτων αὐτοῖς παραγγελθήσεται, καὶ διὰ τί περὶ πόλεως οὐδεμίαν ἐποιήσατο μνείαν σύγκλητος, ἀλλὰ καθ' ὃν καιρὸν ἐδίδοσαν τὴν ἐπιτροπήν· δόντας δὲ σαφῶς γινώσκειν διότι πᾶν τὸ παραγγελλόμενον ἐπιδεκτέον ἐστίν, ἐὰν μὴ τελέως ὑπερήφανον καὶ παρὰ τὴν προσδοκίαν· εἰ δὲ μή, τότε πάλιν βουλεύεσθαι πότερα δεῖ προσδέχεσθαι τὸν πόλεμον εἰς τὴν χώραν καὶ πάσχειν , τι ποτ' ἂν οὗτος ἐπιφέρῃ τῶν δεινῶν, κατορρωδήσαντας τὴν τῶν πολεμίων ἔφοδον ἐθελοντὴν ἀναδέχεσθαι πᾶν τὸ προσταττόμενον. Πάντων δὲ διὰ τὸν ἐφεστῶτα πόλεμον καὶ διὰ τὸ τῆς προσδοκίας ἄδηλον φερομένων ἐπὶ τὸ πειθαρχεῖν τοῖς παραγγελλομένοις, ἔδοξεν πέμπειν τοὺς ὁμήρους εἰς τὸ Λιλύβαιον. Καὶ παραυτίκα καταλέξαντες τριακοσίους τῶν νέων ἐξέπεμπον μετὰ μεγάλης οἰμωγῆς καὶ δακρύων, ἅτε προπεμπόντων ἕκαστον τῶν ἀναγκαίων καὶ συγγενῶν, καὶ μάλιστα τῶν γυναικῶν ἐκκαουσῶν τὴν τοιαύτην διάθεσιν. Ἐπεὶ δὲ κατέπλευσαν εἰς τὸ Λιλύβαιον, οἱ μὲν ἐξ αὐτῆς παρεδόθησαν διὰ τῶν ὑπάτων Κοίίντῳ Φαβίῳ Μαξίμῳ συνέβαινε γὰρ τοῦτον ἐπὶ τῆς Σικελίας τετάχθαι στρατηγὸν τότε δι' οὗ παρακομισθέντες ἀσφαλῶς εἰς τὴν Ῥώμην συνεκλείσθησαν ὁμοῦ πάντες εἰς τὸ τῆς ἑκκαιδεκήρους νεώριον. [36,5] V. On raconte qu'en cette circonstance, Magon de Brutium prononça quelques paroles pleines de courage et de sagesse. Il dit que les Carthaginois avaient eu, à ce qu'il lui semblait, deux occasions favorables pour délibérer sur leur sort et sur celui de leur patrie, mais que déjà une de ces occasions était passée; qu'il ne s'agissait plus, en effet, de chercher ce que les consuls pouvaient leur commander, et pourquoi le sénat n'avait pas parlé de Carthage; qu'il fallait se faire cette question, alors qu'ils allaient se livrer à Rome, et que, puisqu'ils s'étaient livrés, il ne leur restait, en définitive, qu'à obéir aux ordres des Romains, à moins qu'ils ne fussent d'une rigueur au delà de toute attente; sinon ils devaient se demander une dernière fois, ce qui valait le mieux, de recevoir la guerre jusque sur leur territoire et de subir les maux qu'elle pouvait engendrer, ou bien, s'ils reculaient devant l'invasion des Romains, d'accepter franchement ce qu'on leur imposait. Tous par crainte de la guerre et dans l'incertitude du succès, étaient portés à obéir, et ils se décidèrent à envoyer leurs otages à Lilybée. Ils choisirent donc trois cents de leurs jeunes gens qui partirent au milieu des larmes et des gémissements : ils étaient suivis chacun de leurs parents et de leurs amis ; les femmes surtout enflammaient par leur présence ces sentiments de douleur. Lorsqu'ils abordèrent à Lilybée, ils furent immédiatement remis par les consuls à Quintus Fabius Maximus, alors préteur en Sicile. Il les conduisit sans accident à Rome, et tous furent enfermés dans l'arsenal où se construisent les vaisseaux à seize rangs de rames.


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Dernière mise à jour : 26/06/2008