HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

PLUTARQUE, Oeuvres morales, Propos de table, livre II

Chapitre 7

  Chapitre 7

[2,7] ΠΡΟΒΛΗΜΑ Ζ. Περὶ τῆς ἐχενηίδος. Χαιρημονιανὸς Τραλλιανὸς ἰχθυδίων ποτὲ παντοδαπῶν παρατεθέντων ἓν ἐπιδείξας ἡμῖν ὀξὺ τῷ κεφαλίῳ καὶ πρόμηκες ἔλεγε τούτῳ προσεοικέναι τὴν ἐχενηίδα· θεάσασθαι γὰρ πλέων ἐν τῷ Σικελικῷ καὶ θαυμάσαι τὴν δύναμιν, οὐκ ὀλίγην βραδυτῆτα καὶ διατριβὴν παρὰ τὸν πλοῦν ἀπεργασαμένης τῆς ἐχενηίδος, ἕως ὑπὸ τοῦ πρῳρέως ἑάλω προσεχομένη τῷ τοίχῳ τῆς νεὼς ἔξωθεν. ἦσαν μὲν οὖν οἱ καταγελῶντες τοῦ Χαιρημονιανοῦ ὡς πλάσμα μυθῶδες παραδεδεγμένου καὶ ἄπιστον, ἦσαν δὲ καὶ οἱ τὰς ἀντιπαθείας θρυλοῦντες, καὶ ἄλλα πολλὰ παθόντων ἦν ἀκούειν, ὅτι μαινόμενον ἐλέφαντα καταπαύει κριὸς ὀφθείς, ἔχιδναν δὲ φηγοῦ κλωνίον ἐὰν προσαγάγῃς καὶ θίγῃς ἵστησιν· ἄγριος δὲ ταῦρος ἀτρεμεῖ καὶ πραΰνεται συκῇ προσδεθείς· τὸ δ´ ἤλεκτρον πάντα κινεῖ καὶ προσάγεται τὰ κοῦφα πλὴν ὠκίμου καὶ τῶν ἐλαίῳ βρεχομένων· δὲ σιδηρῖτις λίθος οὐκ ἄγει τὸν σίδηρον, ἂν σκόρδῳ χρισθῇ. τούτων γὰρ ἐμφανῆ τὴν πεῖραν ἐχόντων, χαλεπὸν εἶναι τὴν αἰτίαν, εἰ μὴ καὶ παντελῶς ἀδύνατον, καταμαθεῖν. Ἐγὼ δὲ τοῦτο μὲν ἔφην ἀπόδρασιν εἶναι τῆς ἐρωτήσεως μᾶλλον τῆς αἰτίας ἀπόδοσιν. ‘σκοπῶμεν δ´εἶπονὅτι πολλὰ συμπτώματος ἔχοντα φύσιν αἰτιῶν λαμβάνει δόξαν οὐκ ὀρθῶς· ὅμοιον ὡς εἴ τις οἴοιτο τῇ ἀνθήσει τοῦ ἄγνου πεπαίνεσθαι τὸν τῆς ἀμπέλου καρπόν, ὅτι δή, τοῦτο τὸ λεγόμενον, ’ τ´ ἄγνος ἀνθεῖ χὠ βότρυς πεπαίνεται‘, τοῖς ἐπὶ τῶν λύχνων φαινομένοις μύκησι συγχεῖσθαι καὶ συννεφεῖν τὸ περιέχον, τὴν γρυπότητα τῶν ὀνύχων αἴτιον ἀλλὰ μὴ συμβεβηκὸς εἶναι τοῦ περὶ σπλάγχνον ἕλκους. ὥσπερ οὖν τούτων ἕκαστον ἐπακολούθημα τοῦ πάθους ἐστὶν ἐκ τῶν αὐτῶν γεννώμενον αἰτιῶν, οὕτως ἔφην ἐγὼ μίαν αἰτίαν εἶναι δι´ ἣν βραδέως τε πλεῖ καὶ προσάγεται τὴν ἐχενηίδα τὸ πλοῖον· ξηρᾶς μὲν γὰρ οὔσης καὶ μὴ σφόδρα βαρείας ὑγρότητι τῆς νεώς, εἰκὸς ἐπολισθάνουσαν ὑπὸ κουφότητος τῇ θαλάττῃ τὴν τρόπιν διαλαβεῖν {καὶ} τὸ κῦμα ξύλῳ καθαρῷ διαιρούμενον καὶ ἀφιστάμενον εὐπετῶς· ὅταν δὲ νοτερὰ σφόδρα καὶ διάβροχος οὖσα φυκία τε πολλὰ καὶ βρυώδεις ἐπιπάγους προσάγηται, τοῦ τε ξύλου τὸν τόμον ἀμβλύτερον ἴσχει τό τε κῦμα τῇ γλισχρότητι προσπῖπτον οὐ ῥᾳδίως ἀπολύεται. διὸ καὶ παραψήχουσι τοὺς τοίχους, τὰ βρύα καὶ τὰ φυκία τῶν ξύλων ἀποκαθαίροντες, οἷς εἰκός ἐστι τὴν ἐχενηίδα προσισχομένην ὑπὸ τῆς γλισχρότητος αἴτιον τῆς βραδυτῆτος ἀλλ´ οὐκ ἐπακολούθημα τοῦ τὴν βραδυτῆτα ποιοῦντος αἰτίου νομισθῆναι.’ [2,7] QUESTION VII. Du Rémora. PERSONNAGES DU DIALOGUE : CHERIMONIANUS - PLUTARQUE - AUTRES ASSISTANTS. 1. Chérémonianus, de Tralles, un jour qu'on avait servi toutes sortes de petits poissons, nous en montra un qui avait la tête pointue et qui était allongé. Il nous dit que le rémora y ressemblait ; qu'en naviguant dans les mers de Sicile il avait vu en effet un rémora, et qu'il avait été émerveillé de la puissance avec laquelle ce poisson ralentissait sensiblement le navire. « Il l'avait retardé, ajouta Chérémonianus, jusqu'au moment où le manoeuvrier de la proue l'eut pris comme il s'attachait à la paroi extérieure du bâtiment ». Il y en eut qui éclatèrent de rire à ce propos, disant que le narrateur avait eu tort d'accepter un conte aussi fabuleux qu'invraisemblable. Quelques-uns se mirent à parler des antipathies. Nous eûmes à entendre l'énumération de plusieurs autres d'entre elles. Ainsi, la fureur de l'éléphant s'apaise complétement à la vue d'un bélier; une vipère, si on approche une petite branche de hêtre et qu'on l'en touche, s'arrête soudain ; un taureau sauvage devient immobile et s'adoucit, attaché à un figuier; l'ambre remue et attire les corps légers, à l'exception du basilic et de tout ce qui est imprégné d'huile; la pierre d'aimant n'attire plus le fer si elle a été frottée d'ail. « Tous ces faits sont démontrés par des expériences, ajoutaient les divers interlocuteurs; mais la cause en est difficile, pour ne pas dire complétement impossible, à pénétrer. » 2. Quant à moi, je prétendis, que c'était là un moyen d'éluder la difficulté plutôt que d'en expliquer la raison. « Remarquons, dis-je, que beaucoup de faits qui sont des conséquences finissent par s'accréditer comme étant des causes, et cela sans motif. Comme si l'on pensait que la fleuraison de l'osier détermine la maturité du raisin, parce que l'on dit communément : "Voilà l'osier en fleurs ; la grappe va mûrir!" Ou bien, comme si l'on prétendait que les lumignons amoncelés sur les mèches de lampes font que le temps se gâte et que le ciel se couvre de nuages ; ou bien, que les ongles crochus sont cause, et non concomitance, des ulcères d'intestins. « Attendu donc que chacun de ces faits est le résultat d'accidents produits par des causes analogues, ainsi c'est une seule et même cause qui retarde la marche du vaisseau et qui attire le rémora. Quand la coque d'un navire est sèche et non pas trop alourdie par l'humidité, il est tout simple que la quille, glissant sur la mer en raison de sa légèreté, fende les flots qui cèdent et se séparent avec la plus grande facilité sous un bois bien propre et bien net. Mais quand cette coque, profondément humectée et trempée, amasse de nombreux fucus et des concrétions moussues, le bois de la quille a moins de force pour fendre l'eau; et les vagues donnant contre cette masse visqueuse ne s'en détachent pas aisément. C'est pour cela que l'on racle les parois d'un navire, afin d'en détacher la mousse et les herbes marines. En faisant cette opération, il est possible qu'on ait découvert quelque rémora retenu par ces matières visqueuses; et l'on aura pensé qu'il était la cause du ralentissement de la marche pour le navire: tandis qu'on aurait dû reconnaître, qu'il n'était qu'un accessoire à la cause même de ce ralentissement. »


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Dernière mise à jour : 27/10/2005