HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Oeuvres morales, Les animaux de terre ont-ils plus d'adresse que ceux de mer ?

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[961] (961a) διακρούσεται ταῦτα μὴ παρόντος. Καίτοι Στράτωνός γε τοῦ φυσικοῦ λόγος ἐστὶν ἀποδεικνύων ὡς οὐδ' αἰσθάνεσθαι τὸ παράπαν ἄνευ τοῦ νοεῖν ὑπάρχει· καὶ γὰρ γράμματα πολλάκις ἐπιπορευομένους τῇ ὄψει καὶ λόγοι προσπίπτοντες τῇ ἀκοῇ διαλανθάνουσιν ἡμᾶς καὶ διαφεύγουσι πρὸς ἑτέροις τὸν νοῦν ἔχοντας· εἶτ' αὖθις ἐπανῆλθε καὶ μεταθεῖ καὶ διώκει τῶν προϊεμένων ἕκαστον ἀναλεγόμενος· καὶ λέλεκται « Νοῦς ὁρῇ καὶ νοῦς ἀκούει, τἄλλα κωφὰ καὶ τυφλά », ὡς τοῦ περὶ τὰ ὄμματα καὶ ὦτα πάθους, ἂν μὴ παρῇ τὸ φρονοῦν, αἴσθησιν οὐ ποιοῦντος. Διὸ καὶ Κλεομένης (961b) βασιλεύς, παρὰ πότον εὐδοκιμοῦντος ἀκροάματος, ἐρωτηθεὶς εἰ μὴ φαίνεται σπουδαῖον, ἐκέλευσεν ἐκείνους σκοπεῖν, αὐτὸς γὰρ ἐν Πελοποννήσῳ τὸν νοῦν ἔχειν. Ὅθεν ἀνάγκη πᾶσιν, οἷς ἂν τὸ αἰσθάνεσθαι, καὶ τὸ νοεῖν ὑπάρχειν, εἰ τῷ νοεῖν αἰσθάνεσθαι πεφύκαμεν. Ἔστω δὲ μὴ δεῖσθαι τοῦ νοῦ τὴν αἴσθησιν πρὸς τὸ αὑτῆς ἔργον· ἀλλ' ὅταν γε τῷ ζῴῳ πρὸς τὸ οἰκεῖον καὶ τὸ ἀλλότριον αἴσθησις ἐνεργασαμένη διαφορὰν ἀπέλθῃ, τί τὸ μνημονεῦόν ἐστιν ἤδη καὶ δεδιὸς τὰ λυποῦντα καὶ ποθοῦν τὰ ὠφέλιμα καί, μὴ παρόντων, ὅπως παρέσται μηχανώμενον (961c) ἐν αὐτοῖς καὶ παρασκευαζόμενον ὁρμητήρια καὶ καταφυγὰς καὶ θήρατρα πάλιν αὖ τοῖς ἁλωσομένοις καὶ ἀποδράσεις τῶν ἐπιτιθεμένων; καὶ ταυτί γε κἀκεῖνοι λέγοντες ἀποκναίουσιν, ἐν ταῖς εἰσαγωγαῖς ἑκάστοτε τὴν « πρόθεσιν » ὁριζόμενοι « σημείωσιν ἐπιτελειώσεως », τὴν δ' « ἐπιβολὴν » « ὁρμὴν πρὸ ὁρμῆς », « παρασκευὴν » δὲ « πρᾶξιν πρὸ πράξεως », « μνήμην » δὲ « κατάληψιν ἀξιώματος παρεληλυθότος, οὗ τὸ παρὸν ἐξ αἰσθήσεως κατελήφθη ». Τούτων γὰρ οὐδὲν τι μὴ λογικόν ἐστι, καὶ πάντα τοῖς ζῴοις ὑπάρχει πᾶσιν· ὥσπερ ἀμέλει καὶ τὰ περὶ τὰς νοήσεις, ἃς ἐναποκειμένας μὲν « ἐννοίας » καλοῦσι κινουμένας δὲ « διανοήσεις ». (961d) Τὰ δὲ πάθη σύμπαντα κοινῶς « κρίσεις φαύλας καὶ δόξας » ὁμολογοῦντες εἶναι, θαυμαστὸν ὅτι δὴ παρορῶσιν ἐν τοῖς θηρίοις ἔργα καὶ κινήματα πολλὰ μὲν θυμῶν πολλὰ δὲ φόβων καὶ ναὶ μὰ Δία φθόνων καὶ ζηλοτυπιῶν· αὐτοὶ δὲ καὶ κύνας ἁμαρτάνοντας καὶ ἵππους κολάζουσιν, οὐ διὰ κενῆς ἀλλ' ἐπὶ σωφρονισμῷ, λύπην δι' ἀλγηδόνος ἐμποιοῦντες αὐτοῖς, ἣν μετάνοιαν ὀνομάζομεν. Ἡδονῆς δὲ τῷ μὲν δι' ὤτων ὄνομα κήλησίς ἐστι τῷ δὲ δι' ὀμμάτων γοητεία· χρῶνται δ' ἑκατέροις ἐπὶ τὰ θηρία. Κηλοῦνται μὲν γὰρ ἔλαφοι καὶ ἵπποι σύριγξι καὶ (961e) αὐλοῖς, καὶ τοὺς παγούρους ἐκ τῶν χηραμῶν ἀνακαλοῦνται βιαζόμενοι ταῖς φώτιγξι, καὶ τὴν θρίσσαν ᾀδόντων καὶ κροτούντων ἀναδύεσθαι καὶ προϊέναι λέγουσιν. δ' ὦτος αὖ πάλιν ἁλίσκεται γοητευόμενος, ὀρχουμένων ἐν ὄψει μεθ' ἡδονῆς ἅμα ῥυθμῷ γλιχόμενος τοὺς ὤμους συνδιαφέρειν. Οἱ δὲ περὶ τούτων ἀβελτέρως λέγοντες μήθ' ἥδεσθαι μήτε θυμοῦσθαι μήτε φοβεῖσθαι μήτε παρασκευάζεσθαι μήτε μνημονεύειν, ἀλλ' « ὡσανεὶ μνημονεύειν » τὴν μέλιτταν καὶ « ὡσανεὶ παρασκευάζεσθαι » τὴν χελιδόνα καὶ « ὡσανεὶ θυμοῦσθαι » τὸν λέοντα καὶ « ὡσανεὶ φοβεῖσθαι » τὴν ἔλαφον, οὐκ οἶδα τί χρήσονται τοῖς (961f) λέγουσι μηδὲ βλέπειν μηδ' ἀκούειν ἀλλ' « ὡσανεὶ βλέπειν » αὐτὰ καὶ « ὡσανεὶ ἀκούειν », μηδὲ φωνεῖν ἀλλ' « ὡσανεὶ φωνεῖν », μηδ' ὅλως ζῆν ἀλλ' « ὡσανεὶ ζῆν »· ταῦτα γὰρ ἐκείνων οὐ μᾶλλόν ἐστι λεγόμενα παρὰ τὴν ἐνάργειαν, ὡς ἐγὼ πείθομαι. (ΣΟΚΛΑΡΟΣ) Κἀμὲ τοίνυν, Αὐτόβουλε, ταῦτά γε τίθει πειθόμενον· [961] (961a) sans avoir aucun moyen de s'en garantir. Straton le physicien a composé un ouvrage dans lequel il prouve que, sans intelligence, on n'est pas capable de sentiment; car souvent il nous arrive de parcourir des yeux un livre ou d'entendre parler sans y rien comprendre, parce que notre esprit est occupé d'autre chose; mais quand ensuite il revient à lui-même, il se rappelle et repasse l'une après l'autre les choses qui lui avaient échappé. Aussi a-t-on dit que c'est l'entendement qui voit et qui entend, que tout le reste est sourd et aveugle. En effet, l'impression faite sur nos yeux ou nos oreilles ne produit aucune sensation si l'entendement est distrait. Le roi Cléomène (961b) était à un dîner où on lut un ouvrage qui fut fort applaudi; et comme on lui demanda ce qu'il en pensait : "C'est à vous à me le dire, répondit-il ; car pour moi, j'avais l'esprit dans le Péloponnèse". Il faut donc nécessairement que tous les êtres qui ont du sentiment aient aussi de l'intelligence, puisque l'entendement seul les rend sensibles. Mais admettons que le sentiment n'a pas besoin d'intelligence pour exercer sa fonction naturelle. Dès que l'animal n'aura plus cette sensation qui lui fait distinguer ce qui lui est utile de ce qui peut lui nuire, comment en conservera-t-il la mémoire? comment craindra-t-il ce qui lui est nuisible, ou recherchera-t-il ce qui lui est utile? comment pourra-t-il se les procurer quand il n'en jouira pas? (961c) qui lui préparera des asiles et des retraites? qui lui suggérera, soit des ruses pour tendre des piéges, soit des ressources pour éviter ceux qu'on lui dresse? Cependant ces philosophes eux-mêmes, dans leurs introductions, ne cessent de nous étourdir par leurs définitions, et de nous dire que la résolution est la pensée fixe d'une chose qu'on veut effectuer; l'entreprise, un mouvement antécédent à un autre ; la préparation, un acte antérieur à l'action principale; la mémoire, la compréhension d'une proposition précédemment énoncée, et que le sentiment a saisi lorsqu'elle était présente. De toutes ces choses, il n'y en a pas une qui ne soit du ressort de l'intelligence, et elles se trouvent toutes dans tous les animaux. Ils donnent encore le nom de notions aux conceptions qui sont sédentaires dans l'esprit, et celui de pensées à celles qui y sont en mouvement. (961d) Mais puisqu'ils accordent que toutes les passions sont en général de mauvaises opinions et de faux jugements, il est singulier qu'ils ne remarquent point dans les animaux tant d'actions et tant de mouvements qui procèdent ou de colère ou de crainte, et même de jalousie et d'envie. Mais eux–mêmes ne punissent-ils pas leurs chiens et leurs chevaux quand ils ont fait quelque faute, et cela, non par caprice, mais afin de les corriger, en leur imprimant ce sentiment de tristesse qui est l'effet de la douleur, et que nous appelons repentir? Quant aux voluptés, ils donnent le nom d'attrait à celle qui nous vient par l'oreille, et celui d'enchantement à celle qu'on reçoit par les yeux. Or, ils emploient l'une et l'autre espèce à l'égard des animaux. Les cerfs et les chevaux sont sensibles au son de la flûte (961e) et du hautbois. Les cancres squinades sortent de leurs coquilles quand ils entendent jouer du flageolet. On dit que l'alose vient sur l'eau quand elle entend chanter et battre des mains. Le moyen-duc prend plaisir à voir des personnes danser en cadence, et il se laisse attraper en voulant les contrefaire. Quant à ceux qui parlent si déraisonnablement de ces sortes de matières, qu'ils prétendent que les animaux n'éprouvent ni plaisir, ni colère, ni crainte, que le rossignol ne prépare point son chant, que l'abeille n'a pas de mémoire ; mais que ces animaux n'ont que l'apparence de ces affections; que le lion parait seulement être en colère, et le cerf trembler de peur, je ne vois pas ce qu'ils pourraient répondre à ceux qui leur diraient que les animaux (961f) ne voient ni n'entendent; qu'ils n'ont pas de voix, qu'ils ne vivent même pas, et que ce ne sont en eux que de vaines apparences. L'un n'est pas, ce me semble, plus contraire à l'évidence que l'autre. (SOCLARUS) Je suis bien de votre avis, mon cher Autotobule ;


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Dernière mise à jour : 28/11/2007