HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Oeuvres morales, Les animaux de terre ont-ils plus d'adresse que ceux de mer ?

Page 968

  Page 968

[968] ὅταν εὐρῶτα συνάγοντας αἴσθωνται (968a) καὶ φοβηθῶσι φθορὰν καὶ σῆψιν, ἀναφερόντων. Ὑπερβάλλει δὲ πᾶσαν ἐπίνοιαν συνέσεως τοῦ πυροῦ τῆς βλαστήσεως προκατάληψις· οὐ γὰρ δὴ παραμένει ξηρὸς οὐδ' ἄσηπτος ἀλλὰ διαχεῖται καὶ γαλακτοῦται μεταβάλλων εἰς τὸ φύειν· ἵν' οὖν μὴ γενόμενος σπέρμα τὴν σιτίου χρείαν διαφθείρῃ παραμένῃ δ' αὐτοῖς ἐδώδιμος, ἐξεσθίουσι τὴν ἀρχήν, ἀφ' ἧς τὸν βλαστὸν πυρὸς ἀφίησιν. Τοὺς δὲ τὰς μυρμηκιὰς αὐτῶν ἐπὶ τῷ καταμαθεῖν ὥσπερ ἐξ ἀνατομῆςπληροῦντας οὐκ ἀποδέχομαι· λέγουσι δ' οὖν οὐκ εὐθεῖαν εἶναι τὴν ἀπὸ τῆς ὀπῆς κάθοδον (968b) οὐδ' εὔπορον ἄλλῳ θηρίῳ διεξελθεῖν, ἀλλὰ καμπαῖς καὶ στρεβλότησι κεκλασμένας ὑποπορεύσεις καὶ ἀνατρήσεις ἐχούσαις εἰς τρεῖς κοιλότητας ἀποτελευτῶσαν, ὧν τὴν μὲν ἐνδιαίτημα κοινὸν αὐτοῖς εἶναι, τὴν δὲ τῶν ἐδωδίμων ταμεῖον, εἰς δὲ τὴν τρίτην ἀποτίθεσθαι τοὺς θνήσκοντας. Οἶμαι δὲ μὴ ἄκαιρος ὑμῖν φανεῖσθαι τοῖς μύρμηξιν ἐπεισάγων τοὺς ἐλέφαντας, ἵνα τοῦ νοῦ τὴν φύσιν ἔν τε τοῖς μικροτάτοις ἅμα καὶ μεγίστοις σώμασι κατανοήσωμεν, μήτε τούτοις ἐναφανιζομένην μήτ' ἐκείνοις ἐνδέουσαν. Οἱ μὲν οὖν ἄλλοι θαυμάζουσι τοῦ ἐλέφαντος ὅσα μανθάνων καὶ διδασκόμενος ἐν θεάτροις ἐπιδείκνυται (968c) σχημάτων εἴδη καὶ μεταβολάς, ὧν οὐδ' ἀνθρωπίναις μελέταις τὸ ποικίλον καὶ περιττὸν ἐν μνήμῃ καὶ καθέξει γενέσθαι πάνυ ῥᾴδιόν ἐστιν· ἐγὼ δὲ μᾶλλον ἐν τοῖς ἀφ' αὑτοῦ καὶ ἀδιδάκτοις τοῦ θηρίου πάθεσι καὶ κινήμασιν, ὥσπερ ἀκράτοις καὶ ἀπαραχύτοις, ἐμφαινομένην ὁρῶ τὴν σύνεσιν. Ἐν Ῥώμῃ μὲν γὰρ οὐ πάλαι πολλῶν προδιδασκομένων στάσεις τινὰς ἵστασθαι παραβόλους καὶ κινήσεις δυσεξελίκτους ἀνακυκλεῖν, εἷς δυσμαθέστατος ἀκούων κακῶς ἑκάστοτε καὶ κολαζόμενος πολλάκις ὤφθη νυκτὸς αὐτὸς ἀφ' ἑαυτοῦ πρὸς τὴν σελήνην ἀναταττόμενος τὰ μαθήματα καὶ μελετῶν. (968d) Ἐν δὲ Συρίᾳ πρότερον Ἅγνων στορεῖ, τρεφομένου κατ' οἰκίαν ἐλέφαντος, τὸν ἐπιστάτην λαμβάνοντα κριθῶν μέτρον ὑφαιρεῖν καὶ χρεωκοπεῖν μέρος ἥμισυ καθ' ἡμέραν· ἐπεὶ δὲ τοῦ δεσπότου παρόντος ποτὲ καὶ θεωμένου πᾶν τὸ μέτρον κατήρασεν, ἐμβλέψαντα καὶ διαγαγόντα τὴν προβοσκίδα τῶν κριθῶν ἀποδιαστῆσαι καὶ διαχωρίσαι τὸ μέρος, ὡς ἐνῆν λογιώτατα κατειπόντα τοῦ ἐπιστάτου τὴν ἀδικίαν· ἄλλον δέ, ταῖς κριθαῖς λίθους καὶ γῆν εἰς τὸ μέτρον τοῦ ἐπιστάτου καταμιγνύοντος, ἑψομένων κρεῶν δραξάμενον τῆς τέφρας ἐμβαλεῖν εἰς τὴν χύτραν. (968e) δ' ὑπὸ τῶν παιδαρίων προπηλακισθεὶς ἐν Ῥώμῃ τοῖς γραφείοις τὴν προβοσκίδα κεντούντων ὃν συνέλαβε μετέωρον ἐξάρας ἐπίδοξος ἦν ἀποτυμπανίσειν· κραυγῆς δὲ τῶν παρόντων γενομένης ἀτρέμα πρὸς τὴν γῆν πάλιν ἀπηρείσατο καὶ παρῆλθεν, ἀρκοῦσαν ἡγούμενος δίκην τῷ τηλικούτῳ φοβηθῆναι. Περὶ δὲ τῶν ἀγρίων καὶ αὐτονόμων ἄλλα τε θαυμάσια καὶ τὰ περὶ τὰς διαβάσεις τῶν ποταμῶν ἱστοροῦσι· προδιαβαίνει γὰρ ἐπιδοὺς αὑτὸν νεώτατος καὶ μικρότατος· οἱ δ' ἑστῶτες ἀποθεωροῦσιν ὡς, ἂν ἐκεῖνος ὑπεραίρῃ τῷ μεγέθει τὸ ῥεῦμα, πολλὴν τοῖς μείζοσι πρὸς τὸ θαρρεῖν (968f) περιουσίαν τῆς ἀσφαλείας οὖσαν. Ἐνταῦθα τοῦ λόγου γεγονὼς οὐ δοκῶ μοι παρήσειν δι' ὁμοιότητα τὸ τῆς ἀλώπεκος. Οἱ μὲν οὖν μυθολόγοι τῷ Δευκαλίωνί φασι περιστερὰν ἐκ τῆς λάρνακος ἀφιεμένην δήλωμα γενέσθαι χειμῶνος μὲν εἴσω πάλιν ἐνδυομένην, εὐδίας δ' ἀποπτᾶσαν· οἱ δὲ Θρᾷκες ἔτι νῦν, ὅταν παγέντα διαβαίνειν ποταμὸν ἐπιχειρῶσιν, ἀλώπεκα ποιοῦνται γνώμονα τῆς τοῦ πάγου στερρότητος· [968] lorsqu'ils s'aperçoivent qu'elles commencent à moisir (968a) et qu'ils craignent de les voir pourrir tout à fait. Mais la précaution qu'ils prennent pour empêcher que les grains de blé qu'ils ont amassés ne germent surpasse toute prudence humaine. Le blé ne se maintient pas toujours sec ni exempt d'altération : il s'amollit et se résout en lait lorsqu'il commence à vouloir germer. De peur donc qu'il ne se forme en germe et qu'il ne puisse plus servir à leur nourriture, elles en rongent le bout par où le germe se développe. Je n'adopte pas tout ce que rapportent ceux qui dérangent leurs fourmilières pour en faire, en quelque sorte, l'anatomie ; mais ils disent qu'au lieu d'une ouverture droite qui donnerait une entrée facile aux autres animaux, (968b) elles ont plusieurs détours, plusieurs sinuosités obliques qui s'entre-coupent et se terminent en trois cavités, dont la première est leur habitation commune, l'autre le magasin où elles serrent leurs provisions, et la troisième leur sert à enterrer les morts. Vous ne trouverez pas déplacé, je pense, qu'après les fourmis je parle des éléphants, afin de considérer le pouvoir de l'intelligence dans les plus grands et dans les plus petits des animaux, et de voir sensiblement qu'elle n'est pas affaiblie dans les premiers et qu'elle ne manque point aux autres. Il y en a qui admirent dans l'éléphant l'éducation dont il est susceptible et dont il fait preuve sur nos théâtres, ces mouvements (968c) et ces danses que les hommes ont peine à imiter, quelque soin qu'ils y mettent, ou même à retenir. Pour moi, je vois éclater davantage l'intelligence de cet animal dans les affections et dans les penchants qui lui sont naturels et qu'on ne lui inspire pas, comme étant les plus simples et les plus vrais. Il n'y a pas longtemps qu'à Rome on en dressait plusieurs à des tours et à des exercices extraordinaires, difficiles à exécuter. Il s'en trouvait un dans le nombre, qui, moins intelligent que les autres et retenant avec plus de peine, avait été souvent châtié : on le surprit qui s'exerçait la nuit au clair de la lune, et répétait les leçons qu'il avait reçues. (968b) Agnon raconte qu'en Syrie un particulier en élevait un dont le gouverneur dérobait la moitié de la mesure d'orge qu'il recevait chaque jour pour la nourriture de cet animal. Le maître, un jour, ayant voulu le voir manger, le gouverneur lui versa la mesure tout entière. L'éléphant, avec sa trompe, en sépara la moitié, et fit ainsi connaître adroitement à son maître le tort que lui faisait son gouverneur. Le même écrivain rapporte qu'un autre éléphant s'étant aperçu que le gouverneur mêlait des pierres et de la terre dans son orge, jeta des cendres dans le pot où il faisait cuire son dîner. (968e) Un autre, à Rome, tourmenté par des enfants qui lui piquaient la trompe avec des stylets, en saisit un par le milieu du corps, l'enleva, et paraissait prêt à l'écraser. Tous ceux qui étaient présents ayant jeté de grands cris, il le remit doucement à terre et s'en alla sans lui faire d'autre mal, le jugeant assez puni par une aussi belle peur. On raconte des choses merveilleuses de ceux qui sont sauvages et vivent en liberté, surtout quand ils passent des rivières. Le plus jeune et le plus petit d'entre eux y entre le premier ; les autres se tiennent sur le bord, et s'ils voient que sa croupe est au-dessus de l'eau, ils en concluent qu'étant plus hauts que lui, (968f) ils peuvent traverser la rivière en toute sûreté. Mais à cette occasion je ne puis omettre une précaution du renard, qui a quelque rapport à celle des éléphants. Les mythologistes disent que lors du déluge, Deucalion, renfermé dans l'arche, lâchait dehors la colombe, qui lui donnait un signe certain du temps qu'il faisait. Tant que le déluge dura, elle rentra dans l'arche ; quand le beau temps eut reparu, elle s'envola pour ne plus revenir. Aujourd'hui, quand les Thraces veulent passer une rivière dont la surface est glacée, ils font sonder par un renard l'épaisseur de la glace.


Recherches | Texte | Lecture | Liste du vocabulaire | Index inverse | Menu | Site de Philippe Remacle |

 
UCL | FLTR | Hodoi Elektronikai | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Ingénierie Technologies de l'Information : B. Maroutaeff - C. Ruell - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 28/11/2007