HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Platon, Les Lois, livre II

Chapitre 13

  Chapitre 13

[2,13] XIII. (Ἀθηναῖος)
Μὴ τοίνυν ἐκεῖνό γ' ἔτι τῆς τοῦ Διονύσου δωρεᾶς ψέγωμεν ἁπλῶς, ὡς ἔστιν κακὴ
καὶ εἰς πόλιν οὐκ ἀξία παραδέχεσθαι. Καὶ γὰρ ἔτι πλείω τις ἂν ἐπεξέλθοι λέγων·
ἐπεὶ καὶ τὸ μέγιστον ἀγαθὸν δωρεῖται λέγειν μὲν ὄκνος εἰς τοὺς πολλοὺς διὰ τὸ
κακῶς τοὺς ἀνθρώπους αὐτὸ ὑπολαβεῖν (672b) καὶ γνῶναι λεχθέν.
(Κλεινίας)
Τὸ ποῖον δή;
(Ἀθηναῖος)
Λόγος τις ἅμα καὶ φήμη ὑπορρεῖ πως ὡς θεὸς οὗτος ὑπὸ τῆς μητρυᾶς Ἥρας
διεφορήθη τῆς ψυχῆς τὴν γνώμην, διὸ τάς τε βακχείας καὶ πᾶσαν τὴν μανικὴν
ἐμβάλλει χορείαν τιμωρούμενος· ὅθεν καὶ τὸν οἶνον ἐπὶ τοῦτ' αὐτὸ δεδώρηται.
Ἐγὼ δὲ τὰ μὲν τοιαῦτα τοῖς ἀσφαλὲς ἡγουμένοις εἶναι λέγειν περὶ θεῶν ἀφίημι
λέγειν, τὸ δὲ τοσόνδε (672c) οἶδα, ὅτι πᾶν ζῷον, ὅσον αὐτῷ προσήκει νοῦν ἔχειν
τελεωθέντι, τοῦτον καὶ τοσοῦτον οὐδὲν ἔχον ποτὲ φύεται· ἐν τούτῳ δὴ τῷ χρόνῳ
ἐν μήπω κέκτηται τὴν οἰκείαν φρόνησιν, πᾶν μαίνεταί τε καὶ βοᾷ ἀτάκτως, καὶ
ὅταν ἀκταινώσῃ ἑαυτὸ τάχιστα, ἀτάκτως αὖ πηδᾷ. Ἀναμνησθῶμεν δὲ ὅτι
μουσικῆς τε καὶ γυμναστικῆς ἔφαμεν ἀρχὰς ταύτας εἶναι.
(Κλεινίας)
Μεμνήμεθα· τί δ' οὔ;
(Ἀθηναῖος)
Οὐκοῦν καὶ ὅτι τὴν ῥυθμοῦ τε καὶ ἁρμονίας αἴσθησιν (672d) τοῖς ἀνθρώποις ἡμῖν
ἐνδεδωκέναι τὴν ἀρχὴν ταύτην ἔφαμεν, Ἀπόλλωνα δὲ καὶ μούσας καὶ Διόνυσον
θεῶν αἰτίους γεγονέναι;
(Κλεινίας)
Πῶς γὰρ οὔ;
(Ἀθηναῖος)
Καὶ δὴ καὶ τὸν οἶνόν γε, ὡς ἔοικεν, τῶν ἄλλων λόγος, ἵνα μανῶμεν, φησὶν ἐπὶ
τιμωρίᾳ τῇ τῶν ἀνθρώπων δεδόσθαι· δὲ νῦν λεγόμενος ὑφ' ἡμῶν φάρμακον ἐπὶ
τοὐναντίον φησὶν αἰδοῦς μὲν ψυχῆς κτήσεως ἕνεκα δεδόσθαι, σώματος δὲ
ὑγιείας τε καὶ ἰσχύος.
(Κλεινίας)
Κάλλιστα, ξένε, τὸν λόγον ἀπεμνημόνευκας.
(672e) (Ἀθηναῖος)
Καὶ τὰ μὲν δὴ τῆς χορείας ἡμίσεα διαπεπεράνθω· τὰ δ' ἡμίσεα, ὅπως ἂν ἔτι δοκῇ,
περανοῦμεν καὶ ἐάσομεν.
(Κλεινίας)
Ποῖα δὴ λέγεις, καὶ πῶς ἑκάτερα διαιρῶν;
(Ἀθηναῖος)
Ὅλη μέν που χορεία ὅλη παίδευσις ἦν ἡμῖν, τούτου δ' αὖ τὸ μὲν ῥυθμοί τε καὶ
ἁρμονίαι, τὸ κατὰ τὴν φωνήν.
(Κλεινίας)
Ναί.
(Ἀθηναῖος)
Τὸ δέ γε κατὰ τὴν τοῦ σώματος κίνησιν ῥυθμὸν μὲν κοινὸν τῇ τῆς φωνῆς εἶχε
κινήσει, σχῆμα δὲ ἴδιον. (673a) Ἐκεῖ δὲ μέλος τῆς φωνῆς κίνησις.
(Κλεινίας)
Ἀληθέστατα.
(Ἀθηναῖος)
Τὰ μὲν τοίνυν τῆς φωνῆς μέχρι τῆς ψυχῆς πρὸς ἀρετὴν παιδείας οὐκ οἶδ' ὅντινα
τρόπον ὠνομάσαμεν μουσικήν.
(Κλεινίας)
Ὀρθῶς μὲν οὖν.
(Ἀθηναῖος)
Τὰ δέ γε τοῦ σώματος, παιζόντων ὄρχησιν εἴπομεν, ἐὰν μέχρι τῆς τοῦ σώματος
ἀρετῆς τοιαύτη κίνησις γίγνηται, τὴν ἔντεχνον ἀγωγὴν ἐπὶ τὸ τοιοῦτον αὐτοῦ
γυμναστικὴν προσείπωμεν.
(Κλεινίας)
Ὀρθότατα.
(673b) (Ἀθηναῖος)
Τὸ δὲ τῆς μουσικῆς, νυνδὴ σχεδὸν ἥμισυ διεληλυθέναι τῆς χορείας εἴπομεν καὶ
διαπεπεράνθαι, καὶ νῦν οὕτως εἰρήσθω· τὸ δ' ἥμισυ λέγωμεν, πῶς καὶ πῇ
ποιητέον;
(Κλεινίας)
ἄριστε, Κρησὶν καὶ Λακεδαιμονίοις διαλεγόμενος, μουσικῆς πέρι διελθόντων
ἡμῶν, ἐλλειπόντων δὲ γυμναστικῆς, τί ποτε οἴει σοι πότερον ἡμῶν
ἀποκρινεῖσθαι πρὸς ταύτην τὴν ἐρώτησιν;
(Ἀθηναῖος)
Ἀποκεκρίσθαι ἔγωγ' ἄν σε φαίην σχεδὸν ταῦτ' (673c) ἐρόμενον σαφῶς, καὶ
μανθάνω ὡς ἐρώτησις οὖσα αὕτη τὰ νῦν ἀπόκρισίς τέ ἐστιν, ὡς εἶπον, καὶ ἔτι
πρόσταξις διαπεράνασθαι τὰ περὶ γυμναστικῆς.
(Κλεινίας)
Ἄρισθ' ὑπέλαβές τε καὶ οὕτω δὴ ποίει.
(Ἀθηναῖος)
Ποιητέον· οὐδὲ γὰρ πάνυ χαλεπόν ἐστιν εἰπεῖν ὑμῖν γε ἀμφοτέροις γνώριμα.
Πολὺ γὰρ ἐν ταύτῃ τῇ τέχνῃ πλέον ἐμπειρίας ἐν ἐκείνῃ μετέχετε.
(Κλεινίας)
Σχεδὸν ἀληθῆ λέγεις.
[2,13] XIII. (672a)
(L'ATHÉNIEN)
Ne condamnons donc plus sans appel ce présent de Dionysos ; ne disons plus qu'il
est mauvais et qu'il ne mérite pas d'être reçu dans un État. Il y aurait encore
beaucoup â dire en sa faveur, notamment qu'il nous procure le plus grand bien ;
mais on hésite à en parler à la foule, parce qu'elle comprend et juge mal ce
qu'on en dit.
(CLINIAS)
Quel est donc ce grand bien ?
(L'ATHÉNIEN)
Il court dans le public une tradition qui dit que Hèra, la marâtre de Dionysos,
lui brouilla la raison, et que pour se venger, il introduisit les orgies et les
danses extravagantes, et que c'est dans ce dessein qu'il nous fit présent du
vin. Pour moi, je laisse ce langage à ceux qui croient qu'on peut faire en
sûreté de tels contes au sujet des dieux. Ce que je sais, c'est qu'aucun animal
ne naît avec toute l'intelligence qu'il doit avoir, lorsqu'il aura atteint son
plein développement, et que, dans le temps où il n'a pas encore acquis la
sagesse qui lui est propre, il est en état de folie, il crie sans aucune règle,
et, dès qu'il est capable de se mouvoir, il fait des sauts désordonnés.
Rappelons-nous ce que nous avons dit, que c'est de là qu'ont pris naissance la
musique et la gymnastique.
(CLINIAS)
Nous nous en souvenons ; comment l'aurions-nous oublié ?
(L'ATHÉNIEN)
Et que c'est de là aussi que les hommes ont pris l'idée du rythme et de
l'harmonie, et que, parmi les dieux, c'est à Apollon, aux Muses et à Dionysos
que nous en sommes redevables.
(CLINIAS)
Sans aucun doute.
(L'ATHÉNIEN)
Les autres disent, ce semble, que Dionysos a donné le vin aux hommes pour se
venger d'eux, en les mettant en folie ; mais le discours que nous tenons à
présent fait voir qu'il nous a été donné comme remède en vue du contraire, pour
mettre dans nos âmes la pudeur et dans nos corps la santé et la force.
(CLINIAS)
Tu nous rappelles, étranger, de la manière la plus heureuse ce qui a été dit
précédemment.
(L'ATHÉNIEN)
Nous avons entièrement traité d'une moitié de la chorée ; pour l'autre moitié,
il en sera ce qu'il vous plaira, nous l'achèverons ou la laisserons de côté.
(CLINIAS)
De quelle moitié parles-tu et comment conçois-tu cette division ?
(L'ATHÉNIEN)
La chorée prise en son entier, c'était pour nous l'éducation prise en son entier ;
mais une de ses parties comprend les rythmes et les harmonies qui se
rapportent à la voix.
(CLINIAS)
Oui
(L'ATHÉNIEN)
L'autre partie, qui se rapporte au mouvement du corps comprend, nous l'avons
dit, le rythme qui est commun au mouvement de la voix, et elle a en propre la
figure, tandis que le mouvement de la voix a en propre la mélodie.
(CLINIAS)
C'est exactement vrai.
(L'ATHÉNIEN)
A l'art qui, réglant la voix, passe jusque dans l'âme et la dresse à la vertu,
nous avons donné, je ne sais pourquoi, le nom de musique.
(CLINIAS)
Et on l'a bien nommé.
(L'ATHÉNIEN)
Quant aux mouvements du corps, qui constituent, avons-nous dit, le
divertissement de la danse, s'ils vont jusqu'au perfectionnement du corps, nous
avons nommé gymnastique l'art qui conduit à ce but.
(CLINIAS)
Fort bien.
(L'ATHÉNIEN)
Nous avons dit que nous avions traité à peu près la moitié de la chorée qu'on
appelle musique. N'en parlons plus. Parlerons-nous de l'autre moitié, ou que
devons-nous faire ?
(CLINIAS)
Que crois-tu, mon excellent ami, quand tu parles à des Crétois et à des
Lacédémoniens, qu'ils doivent répondre à une pareille question, lorsque après
avoir traité tout au long de la musique, on n'a pas touché à la gymnastique ?
(L'ATHÉNIEN)
Je dis, moi, qu'en me posant cette question, tu as déjà clairement répondu, et
je vois que cette interrogation est non seulement une réponse, comme je viens de
le dire, mais encore une sommation de traiter tout au long de la gymnastique.
(CLINIAS)
Tu m'as parfaitement compris. Fais donc ce que je te demande.
(L'ATHÉNIEN)
Je vais le faire. Aussi bien, il n'est pas très difficile d'exposer des choses
que vous connaissez tous les deux, puisque vous avez bien plus d'expérience de
cet art que de l'autre.
(CLINIAS)
Tu dis vrai.


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Dernière mise à jour : 13/06/2006