HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Lucien, Les Saturnales

Paragraphes 36-37

  Paragraphes 36-37

[36] ΟΙ ΠΛΟΥΣΙΟΙ ΤΩΙ ΚΡΟΝΩΙ ΧΑΙΡΕΙΝ. Πρὸς γὰρ σὲ οἴει μόνον ὑπὸ τῶν πενήτων ταῦτα γεγράφθαι, Κρόνε, οὐχὶ δὲ καὶ Ζεὺς ἤδη ἐκκεκώφηται πρὸς αὐτῶν ἀναβοώντων καὶ αὐτὰ δὴ ταῦτα τὸν ἀναδασμὸν ἀξιούντων γενέσθαι καὶ αἰτιωμένων τήν τε εἱμαρμένην ὡς ἄνισον τὴν νομὴν πεποιημένην καὶ ἡμᾶς ὅτι μηδενὸς αὐτοῖς μεταδιδόναι ἀξιοῦμεν; ἀλλ´ οἶδεν ἐκεῖνος, ἅτε Ζεὺς ὤν, παρ´ οἷστισιν αἰτία, καὶ διὰ τοῦτο παρακούει αὐτῶν τὰ πολλά. σοὶ δὲ ὅμως ἀπολογησόμεθα, ἐπείπερ ἄρχεις γε νῦν ἡμῶν. Ἡμεῖς μὲν γὰρ ἅπαντα πρὸ ὀφθαλμῶν λαβόντες γέγραφας, ὡς καλὸν ἐπικουρεῖν ἀπὸ πολλῶν τοῖς δεομένοις καὶ ὡς ἥδιον συνεῖναι καὶ συνευωχεῖσθαι τοῖς πένησιν, ἀεὶ διετελοῦμεν οὕτω ποιοῦντες ἰσοδίαιτοι καθεστῶτες, ὡς ἂν μηδὲ τὸν συνδαίτην αὐτὸν αἰτιάσασθαί τι. [36] LES RICHES A SATURNE, SALUT. Crois-tu donc, Saturne, que ce n'est qu'à toi seul que les pauvres ont écrit de ces inepties ? Est-ce qu'il n'y pas un siècle que Jupiter est assourdi de criailleries pareilles, où ils demandent qu'on fasse un nouveau partage des biens, et accusent le destin d'avoir fait une répartition inégale, et nous, de ne vouloir pas leur faire part de nos richesses ? Mais, en sa qualité de dieu, Jupiter sait bien à qui la faute, et voilà pourquoi il ne les écoute que d'une oreille. Cependant, nous nous justifierons auprès de toi, puisque tu nous gouvernes dans ce moment-ci. Les yeux fixés sur la lettre que tu nous as écrite, et dans laquelle tu nous dis qu'il est beau de venir en aide aux pauvres, et plus agréable de vivre en société et de manger avec eux que tout seul, nous n'avons jamais agi autrement, nous les avons toujours traités sur le pied de l'égalité, en sorte qu'il n'y a pas, parmi eux, un convive qui soit fondé sérieusement à se plaindre.
[37] οἱ δὲ ὀλίγων ἐν ἀρχῇ δεῖσθαι φάσκοντες, ἐπειδήπερ ἅπαξ αὐτοῖς ἀνεπετάσαμεν τὰς θύρας, οὐκ ἀνίεσαν ἄλλα ἐπ´ ἄλλοις αἰτοῦντες· εἰ δὲ μὴ πάντα εὐθὺς μηδὲ πρὸς ἔπος λαμβάνοιεν, ὀργὴ καὶ μῖσος καὶ πρόχειροι αἱ βλασφημίαι. κἂν εἴ τι ἐπιψεύδοιντο ἡμῖν, ἀλλ´ οἵ γε ἀκούοντες ἐπίστευον ἂν ὡς ἀκριβῶς εἰδόσιν ἐκ τοῦ συγγεγονέναι. ὥστε δυοῖν θάτερον, μὴ διδόντα ἐχθρὸν εἶναι πάντως ἔδει πάντα προϊέμενον αὐτίκα μάλα πένεσθαι καὶ τῶν αἰτούντων καὶ αὐτὸν εἶναι. [37] Mais, de leur côté, ces pauvres, qui prétendaient d'abord n'avoir que peu de besoins, ont à peine vu les portes ouvertes, qu'ils n'ont pas cessé de nous faire demande sur demande; et lorsqu'ils ne recevaient pas sur-le-champ, aussi vite que la parole, colère, haine, injures, éclataient à l'instant. Malgré la fausseté de leurs imputations, ceux qui les entendaient croyaient sans peine aux assertions d'hommes sans cesse en commerce avec nous. Il fallait donc de deux choses l'une, ou devenir ennemi déclaré, en ne donnant rien, ou, en prodiguant tout, devenir pauvre et se réduire au rang des demandeurs.


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Dernière mise à jour : 6/05/2009