HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Jean Chrysostome, A une jeune veuve (II)

Chapitre 6

  Chapitre 6

[2,6] Εἰ δὲ λέγοι τις ὅτι τὸ καλὸν ταὐτόν ἐστι, κἄν τε ἅπαξ γένηται, κἄν τε δίς, κἄν τε πολλάκιςὁμοίως γὰρ ἔσται καλὸν καὶ πολλάκις αὐτῷ χρώμενος μᾶλλον ἐπαινοῖτ´ ἂν δικαίως· ὥστε εἰ καὶ γάμος καλόν, συνεχῶς αὐτῷ κεχρημένος τοῦ σπανιάκις θαυμαστότερος καὶ μᾶλλον ἀποδεκτός—, ἐροῦμεν ὅτι τοὺς μὲν ἀφελεστέρους τοῦτο σοφίσασθαι δύναιτ´ ἄν, τοῖς δὲ βουλομένοις προσέχειν, εὐφώρατον ἔσται τὸ σόφισμα. Γάμος γὰρ οὐ διὰ τὴν μίξιν λέγεται γάμος· ἐπεὶ οὕτω γε καὶ πορνεία γάμος ἂν ἦν· ἀλλὰ διὰ τὸ στέργειν ἑνὶ τὴν γαμουμένην ἀνδρί, καὶ τούτῳ τῆς πόρνης διέστηκεν ἐλευθέρα καὶ σώφρων γυνή. Εἰ μὲν γὰρ ἑνὶ διαπαντὸς ἀρκοῖτο ἀνδρί, γάμος τὸ πρᾶγμα εἰκότως ἂν λέγοιτο· εἰ δὲ ἀνθ´ ἑνὸς πολλοὺς εἰς τὴν οἰκίαν εἰσάγει νυμφίους, πορνείαν μὲν οὐ τολμῶ τὸ πρᾶγμα καλεῖν, τῆς δὲ οὐκ εἰδυίας ἕτερον ἄνδρα πλὴν ἑνὸς πολλῷ τῷ μέτρῳ ἀπολείπεσθαι φαίην ἄν. Ἐκείνη μὲν γὰρ ἤκουσε τοῦ Κυρίου λέγοντος· »Ἀντὶ τούτου καταλείψει ἄνθρωπος τὸν πατέρα αὐτοῦ καὶ τὴν μητέρα αὐτοῦ, καὶ προσκολληθήσεται τῇ γυναικὶ αὐτοῦ, καὶ ἔσονται οἱ δύο εἰς σάρκα μίαν«, καὶ ὥσπερ σαρκὸς ἀληθῶς οἰκείας ἀντείχετο καὶ οὐκ ἐπελάθετο τῆς ἅπαξ δοθείσης αὐτῇ κεφαλῆς· αὕτη δὲ οὔτε τὸν πρῶτον οὔτε τὸν δεύτερον ἔσχεν ἐν τάξει τῆς οἰκείας σαρκός· μὲν γὰρ πρῶτος ἐκβέβληται παρὰ τοῦ δευτέρου, δεύτερος δὲ ὑπ´ ἐκείνου· οὔτε δὲ τοῦ προτέρου μεμνῆσθαι δύναιτ´ ἂν καλῶς τῷ ἑτέρῳ μετ´ ἐκεῖνον προσέχουσα, οὔτε τοῦτον μετὰ τῆς προσηκούσης φιλοστοργίας ὄψεται, σχιζομένης εἰς τὸν ἀπελθόντα τῆς διανοίας αὐτῆς. Ὥστε ἑκάτερον λοιπὸν συμβαίνει καὶ τοῦτον κἀκεῖνον ἐκβεβλῆσθαι τῆς ἀνδρὶ προσηκούσης καὶ τιμῆς καὶ φιλίας παρὰ γυναικός. [2,6] Vous m'objecterez peut-être que le mariage étant honnête en lui-même, ne cesse point de l'être quoiqu'il soit plusieurs fois réitéré; et vous en conclurez qu'il est plus louable de le contracter souvent que de s'en tenir à un premier engagement. Ce sophisme peut éblouir quelques esprits légers, mais il suffit d'un peu de réflexion pour en découvrir toute la fausseté. L'essence du mariage réside bien moins dans l'union de la chair, union que présente même l'adultère, que dans la ferme résolution où est la femme de n'avoir qu'un seul mari. C'est cette résolution qui sépare si profondément l'épouse chaste et pudique de l'effrontée courtisane. La veuve, qui demeure fidèle à son premier engagement, montre qu'elle a réellement compris toute la sainteté du mariage; celle, au contraire, qui, successivement, introduit plusieurs maris dans sa maison, fait preuve, je ne dirai pas d'incontinence, mais d'une légèreté de caractère qui la place dans un rang bien inférieur. Et, en effet, la veuve qui ne veut point connaître un second époux, n'a pas oublié cette parole du Seigneur : L'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme; et ils seront deux dans une même chair. (Matth. XIX, 5.) C'est pourquoi elle persiste à rester unie à son premier mari, comme à sa propre chair, et à respecter la mémoire de celui qui fut son premier chef. Mais la veuve qui se remarie ne peut considérer comme sa propre chair, ni son premier, ni son second époux; le premier, dépossédé par le second, le dépossède à son tour. Elle ne saurait conserver un religieux souvenir de son premier mari, quand nous la voyons en prendre un second, ni donner à ce dernier toute son affection, puisque le premier en conserve une partie. Ni l'un ni l'autre n'obtient d'elle l'honneur et l’amour qu'une femme doit à son époux.


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Dernière mise à jour : 16/04/2009