HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère, Odyssée, Chant IX

Vers 400-449

  Vers 400-449

[9,400] ᾤκεον ἐν σπήεσσι διἄκριας ἠνεμοέσσας.
οἱ δὲ βοῆς ἀίοντες ἐφοίτων ἄλλοθεν ἄλλος,
ἱστάμενοι δεἴροντο περὶ σπέος ὅττι κήδοι·
"᾽τίπτε τόσον, Πολύφημ᾽, ἀρημένος ὧδἐβόησας
νύκτα διἀμβροσίην καὶ ἀύπνους ἄμμε τίθησθα;
405 μή τίς σευ μῆλα βροτῶν ἀέκοντος ἐλαύνει;
μή τίς σαὐτὸν κτείνει δόλῳ ἠὲ βίηφιν;"
"τοὺς δαὖτἐξ ἄντρου προσέφη κρατερὸς Πολύφημος·
φίλοι, Οὖτίς με κτείνει δόλῳ οὐδὲ βίηφιν.᾽
"οἱ δἀπαμειβόμενοι ἔπεα πτερόεντἀγόρευον·
410 εἰ μὲν δὴ μή τίς σε βιάζεται οἶον ἐόντα,
νοῦσον γοὔ πως ἔστι Διὸς μεγάλου ἀλέασθαι,
ἀλλὰ σύ γεὔχεο πατρὶ Ποσειδάωνι ἄνακτι.᾽
"ὣς ἄρἔφαν ἀπιόντες, ἐμὸν δἐγέλασσε φίλον κῆρ,
ὡς ὄνομἐξαπάτησεν ἐμὸν καὶ μῆτις ἀμύμων.
415 Κύκλωψ δὲ στενάχων τε καὶ ὠδίνων ὀδύνῃσι
χερσὶ ψηλαφόων ἀπὸ μὲν λίθον εἷλε θυράων,
αὐτὸς δεἰνὶ θύρῃσι καθέζετο χεῖρε πετάσσας,
εἴ τινά που μετὄεσσι λάβοι στείχοντα θύραζε·
οὕτω γάρ πού μἤλπετἐνὶ φρεσὶ νήπιον εἶναι.
420 αὐτὰρ ἐγὼ βούλευον, ὅπως ὄχἄριστα γένοιτο,
εἴ τινἑταίροισιν θανάτου λύσιν ἠδἐμοὶ αὐτῷ
εὑροίμην· πάντας δὲ δόλους καὶ μῆτιν ὕφαινον
ὥς τε περὶ ψυχῆς· μέγα γὰρ κακὸν ἐγγύθεν ἦεν.
ἥδε δέ μοι κατὰ θυμὸν ἀρίστη φαίνετο βουλή.
425 ἄρσενες ὄιες ἦσαν ἐυτρεφέες, δασύμαλλοι,
καλοί τε μεγάλοι τε, ἰοδνεφὲς εἶρος ἔχοντες·
τοὺς ἀκέων συνέεργον ἐυστρεφέεσσι λύγοισιν,
τῇς ἔπι Κύκλωψ εὗδε πέλωρ, ἀθεμίστια εἰδώς,
σύντρεις αἰνύμενος· μὲν ἐν μέσῳ ἄνδρα φέρεσκε,
430 τὼ δἑτέρω ἑκάτερθεν ἴτην σώοντες ἑταίρους.
τρεῖς δὲ ἕκαστον φῶτὄιες φέρον· αὐτὰρ ἐγώ γε --
ἀρνειὸς γὰρ ἔην μήλων ὄχἄριστος ἁπάντων,
τοῦ κατὰ νῶτα λαβών, λασίην ὑπὸ γαστέρἐλυσθεὶς
κείμην· αὐτὰρ χερσὶν ἀώτου θεσπεσίοιο
435 νωλεμέως στρεφθεὶς ἐχόμην τετληότι θυμῷ.
ὣς τότε μὲν στενάχοντες ἐμείναμεν Ἠῶ δῖαν.
"ἦμος δἠριγένεια φάνη ῥοδοδάκτυλος Ἠώς,
καὶ τότἔπειτα νομόνδἐξέσσυτο ἄρσενα μῆλα,
θήλειαι δὲ μέμηκον ἀνήμελκτοι περὶ σηκούς·
440 οὔθατα γὰρ σφαραγεῦντο. ἄναξ δὀδύνῃσι κακῇσι
τειρόμενος πάντων ὀίων ἐπεμαίετο νῶτα
ὀρθῶν ἑσταότων· τὸ δὲ νήπιος οὐκ ἐνόησεν,
ὥς οἱ ὑπεἰροπόκων ὀίων στέρνοισι δέδεντο.
ὕστατος ἀρνειὸς μήλων ἔστειχε θύραζε
445 λάχνῳ στεινόμενος καὶ ἐμοὶ πυκινὰ φρονέοντι.
τὸν δἐπιμασσάμενος προσέφη κρατερὸς Πολύφημος·
"᾽κριὲ πέπον, τί μοι ὧδε διὰ σπέος ἔσσυο μήλων
ὕστατος; οὔ τι πάρος γε λελειμμένος ἔρχεαι οἰῶν,
ἀλλὰ πολὺ πρῶτος νέμεαι τέρενἄνθεα ποίης
[9,400] qui habitent les cavernes environnantes entre les pics battus des vents. Ceux-ci, entendant son cri, accouraient de tous côtés, et, réunis autour de l'antre, ils demandaient la cause de sa peine. « Quelle douleur t'accable, Polyphème, et pourquoi dans la nuit immortelle as-tu poussé ces cris, qui nous ont réveillés? Est-ce qu'un mortel entraîne malgré toi tes troupeaux, ou cherche-t-on à te tuer par ruse ou violence? » Et du fond de l'antre, le fort Polyphème leur répondit : « Qui me tue, amis? Personne, par ruse; nulle violence. » Ils lui adressèrent en réponse ces paroles ailées : « Si Personne ne te fait violence et si tu es seul, c'est sans doute une maladie que t'envoie le grand Zeus et que tu ne peux éviter; invoque donc notre père, le puissant Posidon ! » Ainsi parlèrent-ils en s'en allant; moi, je me mis à rire en mon cour, en pensant comme mon nom et mon habile tour les avaient abusés. Le Cyclope, gémissant et éprouvant ses souffrances, avait, en étendant les mains à tâtons, retiré la pierre de la porte, puis s'asseyait en travers de la porte les deux bras étendus, pour essayer de prendre qui tenterait de sortir avec les brebis. Il comptait en son esprit que je serais niais à ce point ! Mais moi, je délibérais, espérant trouver le plus sûr moyen pour mes compagnons et moi-même d'échapper à la mort; je tissais toutes sortes de ruses et de calculs; car il y allait de la vie, et le grand malheur était proche. Voici le dessein qui en mon coeur me parut le plus sûr. Ses béliers, bien nourris, avaient une épaisse toison; ils étaient beaux et grands, leur laine était frisée comme un nuage. Sans bruit, je les assemblai et les liai trois par trois avec des osiers bien tressés sur lesquels dormait le Cyclope, ce monstre ignorant de toute loi. Le bélier du milieu portait son homme, les deux autres, marchant à ses côtés, sauvaient mes gens. Trois béliers faisaient passer un homme. Pour moi, comme il y avait un bélier beaucoup plus grand que tout le bétail, je le pris par les reins et, blotti sous son ventre velu, je m'y suspendis, et, les mains enroulées à sa merveilleuse toison, je m'y tins obstinément, sans que faiblît mon coeur. Nous attendîmes donc, tout gémissants, la brillante Aurore. Dès que, née au matin, parut Aurore aux doigts de rose, le monstre fit sortir ses béliers pour les mener paître; les femelles, qu'il n'avait pas traites, bêlaient dans les parcs; leurs pis étaient trop pleins. Leur maître, accablé par ses violentes douleurs, tâtait l'échine de toutes ses bêtes, qui se tenaient bien droites. L'insensé ne s'aperçut pas de notre ruse, il ne vit pas ceux qui s'étaient attachés sous les toisons des moutons. Le dernier du troupeau, mon bélier s'avançait pour sortir, alourdi par sa laine et par moi, l'homme astucieux. Après avoir tâté, le fort Polyphème lui dit : «c Doux bélier, pourquoi sortir ainsi de la caverne, le dernier du troupeau? D'habitude, tu ne restes pas ainsi en arrière des autres? Toujours le premier, pour aller à grands pas brouter les tendres fleurs des prés;


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Dernière mise à jour : 6/10/2005