HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère, Odyssée, Chant IX

Vers 100-149

  Vers 100-149

[9,100] αὐτὰρ τοὺς ἄλλους κελόμην ἐρίηρας ἑταίρους
σπερχομένους νηῶν ἐπιβαινέμεν ὠκειάων,
μή πώς τις λωτοῖο φαγὼν νόστοιο λάθηται.
οἱ δαἶψεἴσβαινον καὶ ἐπὶ κληῖσι καθῖζον,
ἑξῆς δἑζόμενοι πολιὴν ἅλα τύπτον ἐρετμοῖς.
105 "ἔνθεν δὲ προτέρω πλέομεν ἀκαχήμενοι ἦτορ·
Κυκλώπων δἐς γαῖαν ὑπερφιάλων ἀθεμίστων
ἱκόμεθ᾽, οἵ ῥα θεοῖσι πεποιθότες ἀθανάτοισιν
οὔτε φυτεύουσιν χερσὶν φυτὸν οὔτἀρόωσιν,
ἀλλὰ τά γἄσπαρτα καὶ ἀνήροτα πάντα φύονται,
110 πυροὶ καὶ κριθαὶ ἠδἄμπελοι, αἵ τε φέρουσιν
οἶνον ἐριστάφυλον, καί σφιν Διὸς ὄμβρος ἀέξει.
τοῖσιν δοὔτἀγοραὶ βουληφόροι οὔτε θέμιστες,
ἀλλοἵ γὑψηλῶν ὀρέων ναίουσι κάρηνα
ἐν σπέσσι γλαφυροῖσι, θεμιστεύει δὲ ἕκαστος
115 παίδων ἠδἀλόχων, οὐδἀλλήλων ἀλέγουσιν.
"νῆσος ἔπειτα λάχεια παρὲκ λιμένος τετάνυσται,
γαίης Κυκλώπων οὔτε σχεδὸν οὔτἀποτηλοῦ,
ὑλήεσσ᾽· ἐν δαἶγες ἀπειρέσιαι γεγάασιν
ἄγριαι· οὐ μὲν γὰρ πάτος ἀνθρώπων ἀπερύκει,
120 οὐδέ μιν εἰσοιχνεῦσι κυνηγέται, οἵ τε καθὕλην
ἄλγεα πάσχουσιν κορυφὰς ὀρέων ἐφέποντες.
οὔτἄρα ποίμνῃσιν καταΐσχεται οὔτἀρότοισιν,
ἀλλ γἄσπαρτος καὶ ἀνήροτος ἤματα πάντα
ἀνδρῶν χηρεύει, βόσκει δέ τε μηκάδας αἶγας.
125 οὐ γὰρ Κυκλώπεσσι νέες πάρα μιλτοπάρῃοι,
οὐδἄνδρες νηῶν ἔνι τέκτονες, οἵ κε κάμοιεν
νῆας ἐυσσέλμους, αἵ κεν τελέοιεν ἕκαστα
ἄστεἐπἀνθρώπων ἱκνεύμεναι, οἷά τε πολλὰ
ἄνδρες ἐπἀλλήλους νηυσὶν περόωσι θάλασσαν·
130 οἵ κέ σφιν καὶ νῆσον ἐυκτιμένην ἐκάμοντο.
οὐ μὲν γάρ τι κακή γε, φέροι δέ κεν ὥρια πάντα·
ἐν μὲν γὰρ λειμῶνες ἁλὸς πολιοῖο παρὄχθας
ὑδρηλοὶ μαλακοί· μάλα κἄφθιτοι ἄμπελοι εἶεν.
ἐν δἄροσις λείη· μάλα κεν βαθὺ λήιον αἰεὶ
135 εἰς ὥρας ἀμῷεν, ἐπεὶ μάλα πῖαρ ὑποὖδας.
ἐν δὲ λιμὴν ἐύορμος, ἵνοὐ χρεὼ πείσματός ἐστιν,
οὔτεὐνὰς βαλέειν οὔτε πρυμνήσιἀνάψαι,
ἀλλἐπικέλσαντας μεῖναι χρόνον εἰς κε ναυτέων
θυμὸς ἐποτρύνῃ καὶ ἐπιπνεύσωσιν ἀῆται.
140 αὐτὰρ ἐπὶ κρατὸς λιμένος ῥέει ἀγλαὸν ὕδωρ,
κρήνη ὑπὸ σπείους· περὶ δαἴγειροι πεφύασιν.
ἔνθα κατεπλέομεν, καί τις θεὸς ἡγεμόνευεν
νύκτα διὀρφναίην, οὐδὲ προυφαίνετἰδέσθαι·
ἀὴρ γὰρ περὶ νηυσὶ βαθεῖἦν, οὐδὲ σελήνη
145 οὐρανόθεν προύφαινε, κατείχετο δὲ νεφέεσσιν.
ἔνθοὔ τις τὴν νῆσον ἐσέδρακεν ὀφθαλμοῖσιν,
οὔτοὖν κύματα μακρὰ κυλινδόμενα προτὶ χέρσον
εἰσίδομεν, πρὶν νῆας ἐυσσέλμους ἐπικέλσαι.
κελσάσῃσι δὲ νηυσὶ καθείλομεν ἱστία πάντα,
[9,100] et cependant je pressais les autres compagnons, qui m'étaient restés fidèles, de monter en hâte sur leurs nefs rapides, de peur qu'aucun d'eux goûtant au lotos n'oubliât le retour. Ils s'embarquaient aussitôt et s'asseyaient près des tolets; puis, assis en bon ordre, ils frappaient de leurs rames la mer grise d'écume. De là, nous poursuivions notre route, le coeur affligé. Nous arrivâmes à la terre des Cyclopes, ces géants sans lois, qui se fient aux dieux immortels et ne font de leurs bras aucune plantation, aucun labourage; chez eux tout naît sans que la terre ait reçu ni semence ni labour : le froment, l'orge, et les vignes qui donnent le vin des lourdes grappes, gonflées pour eux par la pluie de Zeus. Ils n'ont ni assemblées délibérantes ni lois; ils habitent les faîtes de hautes montagnes dans des antres creux, et chacun fait la loi à ses enfants et à ses femmes, sans souci l'un de l'autre. Or, une île couverte de broussailles s'étend tout du long devant le port, ni proche ni éloignée de la terre des Cyclopes; elle est boisée et les chèvres sauvages y vivent innombrables; aucun pas d'homme ne les effarouche; on ne rencontre aucune trace de chasseurs, qui peinent dans la forêt, en cherchant à atteindre les sommets des monts. Aussi, n'est-elle coupée ni par des pacages ni par des champs cultivés, mais sans semences ni labours, elle est veuve d'hommes et ne nourrit que chèvres bêlantes. Car les Cyclopes n'ont point de nefs aux joues vermillonnées, ni d'artisans capables de fabriquer ces vaisseaux bien pontés, qui propres à tous les voyages s'en vont vers les villes peuplées, comme il en est tant qui portent sur la mer les hommes voguant les uns chez les autres. Ces gens-là auraient mis en valeur une île si bien située. Car elle n'est point stérile; elle pourrait porter tous les produits en leur saison. Il y a là, tout au long des rivages de la mer grise, d'humides prairies à la terre meuble, où des vignes seraient d'une fécondité inépuisable; elle contient pour des champs un sol uni; on y pourrait, au retour des saisons, récolter de hautes moissons; car l'élément nourricier pénètre profondément le sol. Il y a Ià aussi un port au sûr mouillage, où il n'est nul besoin d'amarre; pas de pierres à jeter de la proue, de câbles à lier à la poupe; a-t-on abordé, on y peut rester en attendant que l'humeur des matelots les invite au départ et que soufflent les bons vents. Au fond du havre coule une eau claire, une source jaillissant d'une caverne, et tout autour ont poussé des peupliers. C'est là que nous débarquions; un dieu nous guidait dans la nuit noire; on n'y voyait goutte; un brouillard épais enveloppait les vaisseaux; la lune ne brillait pas au ciel; car des nuages la cachaient. Nos yeux ne distinguèrent pas l'île, et nous n'aperçûmes pas les grandes vagues roulant contre la grève; auparavant, nous échouâmes les nefs aux solides bordages. Et, cela fait, on amena toute la voilure;


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Dernière mise à jour : 6/10/2005