HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère,Iliade, chant IV

Vers 150-199

  Vers 150-199

[4,150] ῥίγησεν δὲ καὶ αὐτὸς ἀρηΐφιλος Μενέλαος.
Ὡς δὲ ἴδεν νεῦρόν τε καὶ ὄγκους ἐκτὸς ἐόντας
ἄψορρόν οἱ θυμὸς ἐνὶ στήθεσσιν ἀγέρθη.
Τοῖς δὲ βαρὺ στενάχων μετέφη κρείων Ἀγαμέμνων
χειρὸς ἔχων Μενέλαον, ἐπεστενάχοντο δἑταῖροι·
155 φίλε κασίγνητε θάνατόν νύ τοι ὅρκιἔταμνον
οἶον προστήσας πρὸ Ἀχαιῶν Τρωσὶ μάχεσθαι,
ὥς σἔβαλον Τρῶες, κατὰ δὅρκια πιστὰ πάτησαν.
Οὐ μέν πως ἅλιον πέλει ὅρκιον αἷμά τε ἀρνῶν
σπονδαί τἄκρητοι καὶ δεξιαὶ ᾗς ἐπέπιθμεν.
160 Εἴ περ γάρ τε καὶ αὐτίκὈλύμπιος οὐκ ἐτέλεσσεν,
ἔκ τε καὶ ὀψὲ τελεῖ, σύν τε μεγάλῳ ἀπέτισαν
σὺν σφῇσιν κεφαλῇσι γυναιξί τε καὶ τεκέεσσιν.
Εὖ γὰρ ἐγὼ τόδε οἶδα κατὰ φρένα καὶ κατὰ θυμόν·
ἔσσεται ἦμαρ ὅτἄν ποτὀλώλῃ Ἴλιος ἱρὴ
165 καὶ Πρίαμος καὶ λαὸς ἐϋμμελίω Πριάμοιο,
Ζεὺς δέ σφι Κρονίδης ὑψίζυγος αἰθέρι ναίων
αὐτὸς ἐπισσείῃσιν ἐρεμνὴν αἰγίδα πᾶσι
τῆσδἀπάτης κοτέων· τὰ μὲν ἔσσεται οὐκ ἀτέλεστα·
ἀλλά μοι αἰνὸν ἄχος σέθεν ἔσσεται Μενέλαε
170 αἴ κε θάνῃς καὶ πότμον ἀναπλήσῃς βιότοιο.
Καί κεν ἐλέγχιστος πολυδίψιον Ἄργος ἱκοίμην·
αὐτίκα γὰρ μνήσονται Ἀχαιοὶ πατρίδος αἴης·
κὰδ δέ κεν εὐχωλὴν Πριάμῳ καὶ Τρωσὶ λίποιμεν
Ἀργείην Ἑλένην· σέο δὀστέα πύσει ἄρουρα
175 κειμένου ἐν Τροίῃ ἀτελευτήτῳ ἐπὶ ἔργῳ.
Καί κέ τις ὧδἐρέει Τρώων ὑπερηνορεόντων
τύμβῳ ἐπιθρῴσκων Μενελάου κυδαλίμοιο·
αἴθοὕτως ἐπὶ πᾶσι χόλον τελέσειἈγαμέμνων,
ὡς καὶ νῦν ἅλιον στρατὸν ἤγαγεν ἐνθάδἈχαιῶν,
180 καὶ δὴ ἔβη οἶκον δὲ φίλην ἐς πατρίδα γαῖαν
σὺν κεινῇσιν νηυσὶ λιπὼν ἀγαθὸν Μενέλαον.
Ὥς ποτέ τις ἐρέει· τότε μοι χάνοι εὐρεῖα χθών.
Τὸν δἐπιθαρσύνων προσέφη ξανθὸς Μενέλαος·
θάρσει, μηδέ τί πω δειδίσσεο λαὸν Ἀχαιῶν·
185 οὐκ ἐν καιρίῳ ὀξὺ πάγη βέλος, ἀλλὰ πάροιθεν
εἰρύσατο ζωστήρ τε παναίολος ἠδὑπένερθε
ζῶμά τε καὶ μίτρη, τὴν χαλκῆες κάμον ἄνδρες.
Τὸν δἀπαμειβόμενος προσέφη κρείων Ἀγαμέμνων·
αἲ γὰρ δὴ οὕτως εἴη φίλος Μενέλαε·
190 ἕλκος δἰητὴρ ἐπιμάσσεται ἠδἐπιθήσει
φάρμαχ κεν παύσῃσι μελαινάων ὀδυνάων.
καὶ Ταλθύβιον θεῖον κήρυκα προσηύδα·
Ταλθύβιὅττι τάχιστα Μαχάονα δεῦρο κάλεσσον
φῶτἈσκληπιοῦ υἱὸν ἀμύμονος ἰητῆρος,
195 ὄφρα ἴδῃ Μενέλαον ἀρήϊον Ἀτρέος υἱόν,
ὅν τις ὀϊστεύσας ἔβαλεν τόξων ἐῢ εἰδὼς
Τρώων Λυκίων, τῷ μὲν κλέος, ἄμμι δὲ πένθος.
Ὣς ἔφατ᾽, οὐδἄρα οἱ κῆρυξ ἀπίθησεν ἀκούσας,
βῆ δἰέναι κατὰ λαὸν Ἀχαιῶν χαλκοχιτώνων
[4,150] un frisson saisit Ménélas lui-même, aimé d'Arès. Mais quand il vit la ligature et les barbes de la pointe hors de sa chair, son coeur se ranima dans sa poitrine. Avec de lourds gémissements, le puissant Agamemnon dit, en tenant Ménélas par la main, — et tous ses compagnons gémissaient aussi : « Cher frère, c'est ta mort que j'ai conclue par ce serment, en t'exposant, seul, en avant des Achéens, à combattre les Troyens. Ainsi t'ont frappé les Troyens, foulant aux pieds la fidélité aux serments. Ce n'est pourtant pas chose vaine que le serment, le sang des agneaux, les libations de vin pur, les mains serrées, auxquelles nous nous sommes fiés. Car même si l'Olympien ne sanctionne pas aussitôt les serments, il les sanctionne plus tard, et les coupables paient cher leur faute, de leur propre tête, de leur femme et de leurs enfants. Voici en effet ce que je sais bien, en mon âme et en mon coeur : un jour viendraoù périra Ilion la sainte, et Priam, et le peuple de Priam à la forte lance; où Zeus, fils de Cronos, pilote suprême, habitant l'éther, lui-même agitera contre eux tous la sombre égide, courroucé de cette perfidie. Cela ne restera pas impuni. Mais moi, je souffrirai cruellement pour toi, Ménélas, si tu meurs, si tu achèves ton destin et ta vie. Honteux, je rentrerai dans l'Argolide altérée; car aussitôt les Achéens penseront à leur patrie : ils laisseraient bien, comme sujet de gloire, à Priam et aux Troyens l'argienne Hélène. Et toi, tes os pourriront dans la terre de Troie, notre oeuvre restant inachevée. Et quelque Troyen arrogant dira, en sautant sur la tombe du glorieux Ménélas : Puisse Agamemnon assouvir contre tous sa bile comme il a maintenant, en vain, conduit ici une armée achéenne, puis est retourné chez lui, dans la terre de ses pères, avec ses vaisseaux vides, abandonnant le brave Ménélas. Ainsi l'on dira un jour; alors, que m'engloutisse la terre largement ouverte ! » Le blond Ménélas le rassura ainsi : "Courage, n'effraie pas encore les troupes achéennes Ce n'est pas en un point dangereux que le trait aigu s'est planté. D'abord, le ceinturon étincelant m'a protégé, puis, au-dessous, la cuirasse inférieure et la ceinture forgée par les armuriers." Le puissant Agamemnon répondit : "Puisse-t-il en être ainsi, cher Ménélas ! Ta blessure, un médecin la palpera, et y appliquera des remèdes qui apaiseront les noires douleurs." Il dit, et appela Talthybios, héraut divin : «Talthybios, hâte-toi d'appeler ici Machaon, ce fils d'Asclépios l'irréprochable médecin, pour qu'il voie le belliqueux Ménélas, chef achéen, que quelqu'un a blessé d'une flèche, quelque habile archer troyen ou lycien : à lui la gloire, et à nous la douleur ! » Il dit, et le héraut, docile à ses paroles, alla par les troupes des Achéens vêtus de bronze,


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Dernière mise à jour : 8/12/2005