HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre IV (avec trad. française)

Chapitre 40

  Chapitre 40

[4,40] Τοιαύτης τελευτῆς ἔτυχε Τύλλιος ἔτη τετταράκοντα καὶ τέτταρα τὴν βασιλείαν κατασχών. τοῦτον τὸν ἄνδρα λέγουσι Ῥωμαῖοι πρῶτον τὰ πάτρια ἔθη καὶ νόμιμα κινῆσαι, τὴν ἀρχὴν λαβόντα οὐ παρὰ τῆς βουλῆς καὶ τοῦ δήμου, καθάπερ οἱ πρὸ αὐτοῦ πάντες, ἀλλὰ παρὰ μόνου τοῦ δήμου, δεκασμοῖς δὲ {καὶ δωροδοκίαις} καὶ ἄλλαις πολλαῖς κολακείαις ἐκθεραπεύσαντα τοὺς ἀπόρους· καὶ ἔχει τἀληθὲς οὕτως. ἐν γὰρ τοῖς πρότερον χρόνοις, ὁπότε βασιλεὺς ἀποθάνοι, τὴν μὲν ἐξουσίαν δῆμος ἐδίδου τῷ συνεδρίῳ τῆς βουλῆς, οἵαν προέλοιτο καταστήσασθαι πολιτείαν· δὲ βουλὴ μεσοβασιλεῖς ἀπεδείκνυεν· ἐκεῖνοι δὲ τὸν ἄριστον ἄνδρα, εἴτ´ ἐκ τῶν ἐπιχωρίων, {εἴτ´ ἐκ τῶν πολιτῶν,} εἴτ´ ἐκ τῶν ξένων, βασιλέα καθίστασαν. εἰ μὲν οὖν τε βουλὴ τὸν αἱρεθέντα ὑπ´ αὐτῶν ἐδοκίμασε, καὶ δῆμος ἐπεψήφισε καὶ τὰ μαντεύματα ἐπεκύρωσε, παρελάμβανεν οὗτος τὴν ἀρχήν· ἐλλείποντος δέ τινος τούτων ἕτερον ὠνόμαζον, καὶ τρίτον, εἰ μὴ συμβαίη μηδὲ τῷ δευτέρῳ τά τε παρ´ ἀνθρώπων καὶ τὰ παρὰ τῶν θεῶν ἀνεπίληπτα. δὲ Τύλλιος ἐπιτρόπου βασιλικοῦ σχῆμα κατ´ ἀρχὰς λαβών, ὡς εἴρηταί μοι πρότερον, ἔπειτα φιλανθρωπίαις τισὶ τὸν δῆμον οἰκειωσάμενος ὑπ´ ἐκείνου βασιλεὺς ἀπεδείχθη μόνου. ἐπιεικὴς δὲ καὶ μέτριος ἀνὴρ γενόμενος ἔλυσε τὰς ἐπὶ τῷ μὴ πάντα τὰ κατὰ τοὺς νόμους πρᾶξαι διαβολὰς τοῖς μετὰ ταῦτ´ ἔργοις, παρέσχε τε πολλοῖς ὑπόληψιν ὡς, εἰ μὴ θᾶττον ἀνῃρέθη, μεταστήσων τὸ σχῆμα τῆς πολιτείας εἰς δημοκρατίαν. καὶ ἐπὶ ταύτῃ μάλιστα τῇ αἰτίᾳ λέγεται τῶν πατρικίων αὐτῷ τινας συνεπιβουλεῦσαι· ἀδυνάτους δ´ ὄντας δι´ ἑτέρου τρόπου τὴν ἐξουσίαν αὐτοῦ καταλῦσαι καὶ Ταρκύνιον ἐπὶ τὰ πράγματα παραλαβεῖν καὶ συγκατασκευάσαι τὴν ἀρχὴν ἐκείνῳ, κακῶσαί τε βουλομένους τὸ δημοτικὸν ἰσχύος οὐ μικρᾶς ἐπειλημμένον ἐκ τῆς Τυλλίου πολιτείας, καὶ τὴν ἰδίαν ἀξίωσιν, ἣν πρότερον εἶχον, ἀναλαβεῖν. θορύβου δὲ γενομένου πολλοῦ κατὰ τὴν πόλιν ὅλην καὶ οἰμωγῆς ἐπὶ τῷ Τυλλίου θανάτῳ δείσας Ταρκύνιος, εἰ διὰ τῆς ἀγορᾶς νεκρὸς φέροιτο, ὡς ἔστι Ῥωμαίοις ἔθος, τόν τε βασίλειον κόσμον ἔχων καὶ τἆλλ´, ὅσα νόμος ἐπὶ ταφαῖς βασιλικαῖς μή τις εἰς ἑαυτὸν ὁρμὴ γένηται τοῦ δημοτικοῦ, πρὶν βεβαίως κρατύνασθαι τὴν ἀρχήν, οὐκ εἴασε τῶν νομίμων οὐδὲν αὐτῷ γενέσθαι· ἀλλ´ γυνὴ τοῦ Τυλλίου σὺν ὀλίγοις τισὶ τῶν φίλων, Ταρκυνίου θυγάτηρ οὖσα τοῦ προτέρου βασιλέως, νυκτὸς ἐκκομίζει τὸ σῶμα τῆς πόλεως, ὡς τῶν ἐπιτυχόντων τινός· καὶ πολλὰ μὲν τὸν ἑαυτῆς καὶ ἐκείνου δαίμονα κατοδυραμένη, μυρίας δὲ κατάρας τῷ τε γαμβρῷ καὶ τῇ θυγατρὶ καταρασαμένη κρύπτει γῇ τὸ σῶμα. ἀπελθοῦσα δ´ ἀπὸ τοῦ σήματος οἴκαδε καὶ μίαν ἡμέραν ἐπιβιώσασα μετὰ τὴν ταφὴν τῇ κατόπιν νυκτὶ ἀποθνήσκει. τοῦ θανάτου δ´ τρόπος, ὅστις ἦν, ἠγνοεῖτο τοῖς πολλοῖς· ἔλεγον δ´ οἱ μὲν ὑπὸ λύπης αὐτοχειρίᾳ τὸ ζῆν προεμένην αὐτὴν ἀποθανεῖν· οἱ δ´ ὑπὸ τοῦ γαμβροῦ καὶ τῆς θυγατρὸς ἀναιρεθῆναι τῆς εἰς τὸν ἄνδρα συμπαθείας τε καὶ εὐνοίας ἕνεκα. ταφῆς μὲν οὖν βασιλικῆς καὶ μνήματος ἐπιφανοῦς διὰ ταύτας τὰς αἰτίας οὐκ ἐξεγένετο τυχεῖν τῷ Τυλλίου σώματι, μνήμης δ´ αἰωνίου τοῖς ἔργοις αὐτοῦ παρὰ πάντα τὸν χρόνον ὑπάρχει τυγχάνειν. ἐδήλωσε δέ τι καὶ ἄλλο δαιμόνιον ἔργον, ὅτι θεοφιλὴς ἦν ἁνήρ, ἐξ οὗ καὶ περὶ τῆς γενέσεως αὐτοῦ μυθικὴ καὶ ἄπιστος ὑπόληψις, ὥσπερ εἴρηταί μοι πρότερον, ἀληθὴς εἶναι ὑπὸ πολλῶν ἐπιστεύθη. ἐν γὰρ τῷ ναῷ τῆς Τύχης, ὃν αὐτὸς κατεσκεύασεν, εἰκὼν αὐτοῦ κειμένη ξυλίνη κατάχρυσος ἐμπρήσεως γενομένης καὶ τῶν ἄλλων ἁπάντων διαφθαρέντων μόνη διέμεινεν οὐδὲν λωβηθεῖσα ὑπὸ τοῦ πυρός. καὶ ἔτι νῦν μὲν νεὼς καὶ τὰ ἐν αὐτῷ πάντα, ὅσα μετὰ τὴν ἔμπρησιν εἰς τὸν ἀρχαῖον κόσμον ἐπετελέσθη φανερά, ὅτι τῆς καινῆς ἐστι τέχνης, δ´ εἰκών, οἵα πρότερον ἦν, ἀρχαικὴ τὴν κατασκευήν· διαμένει γὰρ ἔτι σεβασμοῦ τυγχάνουσα ὑπὸ Ῥωμαίων. καὶ περὶ μὲν Τυλλίου τοσαῦτα παρελάβομεν. [4,40] XXVII. AINSI mourut Tullius après quarante ans de règne. Les Romains disent qu'il fut le premier qui changea les lois et les coutumes du pays par les voies dont il se servit pour monter sur le trône. En effet, dans l'élection de tous ses prédécesseurs les suffrages du sénat avaient concouru avec la voix du peuple. Mais lui, il n'employa pour arriver à la couronne que la faveur d'une populace dont il avait gagné les plus pauvres par ses largesses, à force de présents, et par plusieurs autres moyens inconnus jusqu'alors. Cette remarque ne contient rien que de conforme à la vérité. Car dans les siècles précédents, lorsque le roi était mort, le peuple donnait au sénat plein pouvoir d'établir telle forme de gouvernement qu'il jugerait à propos: alors le sénat créait des entre-rois, ceux-ci cherchaient le plus homme de bien, soit parmi les naturels du pays, soit entre tous les citoyens, ou même parmi les étrangers, et le choisissaient pour roi. Si l'élection était approuvée du sénat, ratifiée par le peuple et confirmée par des auspices favorables, il prenait les rênes du gouvernement. Mais s'il manquait une seule de ces conditions, on en nommait un autre, et même un troisième, jusqu'à ce que l'élection fût approuvée incontestablement et par les dieux et par les hommes. Tullius au contraire se porta d'abord pour tuteur des petits-fils du feu roi, comme nous l'avons dit ci-dessus. Ensuite il sut si bien gagner le cœur des pauvres citoyens par ses caresses et par les bons offices qu'il leur rendait, que le peuple seul et de pleine autorité le proclama roi. Au reste il régna avec tant de douceur et de modération, qu'il dissipa par sa sage conduite les mauvais bruits qu'on avait répandus de lui comme d'un homme qui n'était pas arrivé à la royauté par de bonnes voies ni selon les lois ce qui fit croire à plusieurs que s'il n'avait pas été prévenu par une mort violente, son dessein était de changer le gouvernement en Démocratie. On dit même que ce fut la principale raison qui excita les patriciens à lui tendre des pièges ; mais que ne trouvant point d'autre moyen de le dépouiller de la royauté, ils engagèrent Tarquin dans leur conjuration et l'aidèrent à monter sur le trône, dans le dessein d'affaiblir l'autorité du peuple qui s'était infiniment accrue pendant le règne de Tullius, et de recouvrer toute la puissance qu'ils avaient auparavant. XXVIII. L' EMEUTE générale et la grande tristesse que la mort du roi causa dans toute la ville, firent appréhender à Tarquin que si l'on portait le corps par la place publique, selon la coutume des Romains, avec toute la magnificence des cérémonies ordinaires pour les funérailles des rois, le peuple irrité ne fit main basse sur lui dans un temps où son autorité n'était pas encore suffisamment affermie. C'est pourquoi il ne voulut jamais permettre qu'on lui rendît aucun des honneurs accoutumés. La femme de Tullius, fille de Tarquin l'ancien, fut donc obligée, avec l'aide d'un petit nombre de ses amis les plus intimes, d'enlever son corps pendant la nuit. Elle le porta hors de la ville, comme celui d'un simple particulier et d'un homme de la lie du peuple. Là, après avoir déploré la triste destinée et celle de son mari, faisant mille imprécations contre son gendre et sa fille, elle le couvrit de terre. XXIX. LORSQU'ELLE lui eût rendu les derniers devoirs, elle revint au palais du roi, où elle ne survécut qu'un seul jour à son époux, étant morte la nuit suivante, sans que la plupart des Romains aient jamais su de quel genre de mort. Les uns disaient que ne pouvant soutenir plus longtemps l'excès de sa douleur, elle s'était tuée de ses propres mains. D'autres prétendaient que son gendre et sa fille l'avaient fait mourir, parce qu'elle faisait paraître trop de chagrin {de la mort de son cher époux} qu'elle aimait tendrement. XXX. MAIS, si Tullius, pour les raisons que j'ai rapportées, ne fut pas honoré d'un magnifique monument et d'une pompe funèbre qui répondit à sa dignité, on peut dire que l'éclat de ses belles actions a suffisamment éternisé sa mémoire. Les dieux mêmes firent voir par un prodige étonnant qu'ils le chérissaient ; et c'est ce qui a fait croire à plusieurs qu'on ne devait plus douter de ce miracle fabuleux et incroyable que l'on rapporte à l'occasion de sa naissance, et dont nous avons déjà parlé ci-dessus. Le temple de la Fortune qu'il avait fait bâtir et où il avait fait mettre sa propre statue, fut embrasé avec tout ce qu'il contenait ; la statue de Tullius, qui n'était que de bois doré, resta seule au milieu des flammes, sans être aucunement endommagée par le feu. Ce temple fut rebâti après l'incendie, sur le même plan et sur le même modèle. Mais on s'aperçoit encore aujourd'hui qu'il est d'une nouvelle structure, et tous les ornements qu'on y voit ne paraissent pas fort anciens: il n'y a que la seule statue de Tullius qui paraît d'un goût antique, et telle qu'elle était d'abord. Les Romains ont encore aujourd'hui pour cette statue une vénération particulière. Et voilà ce que l'histoire nous apprend de Tullius.


Recherches | Texte | Lecture | Liste du vocabulaire | Index inverse | Menu | Site de Philippe Remacle |

 
UCL | FLTR | Hodoi Elektronikai | Itinera Electronica | Bibliotheca Classica Selecta (BCS) |
Ingénierie Technologies de l'Information : B. Maroutaeff - C. Ruell - J. Schumacher

Dernière mise à jour : 2/07/2009