HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Basile de Césarée, Homélies sur l'Hexaëméron (VI)

Chapitre 1

  Chapitre 1

[6,0] ΟΜΙΛΙΑ ϛʹ - Περὶ γενέσεως φωστήρων. [6,0] HOMÉLIE SIXIÈME. SUR LA CRÉATION DES CORPS LUMINEUX.
[6,1] Τὸν ἀθλητῶν θεατὴν μετέχειν τινὸς προσῆκε καὶ αὐτὸν εὐτονίας. Καὶ τοῦτο ἐκ τῶν πανηγυρικῶν θεσμῶν ἄν τις κατίδοι, οἳ τοὺς συγκαθεζομένους εἰς τὸ στάδιον γυμνῇ καθῆσθαι τῇ κεφαλῇ διαγορεύουσιν· ἐμοὶ δοκεῖν, ἵνα μὴ θεατὴς μόνον ἀγωνιστῶν, ἀλλὰ καὶ ἀγωνιστὴς ἕκαστος αὐτὸς ἐν τῷ μέρει τυγχάνῃ. Οὕτω τοίνυν καὶ τὸν τῶν μεγάλων καὶ ὑπερφυῶν θεαμάτων ἐξεταστὴν, καὶ τὸν τῆς ἄκρας ὄντως καὶ ἀπορρήτου σοφίας ἀκροατὴν προσῆκεν οἴκοθεν ἔχειν ἥκοντά τινας ἀφορμὰς πρὸς τὴν θεωρίαν τῶν προκειμένων, καὶ κοινωνεῖν ἐμοὶ τῆς ἀγωνίας εἰς δύναμιν, οὐχὶ κριτὴν μᾶλλον συναγωνιστὴν παρεστῶτα· μήποτε ἄρα διαλάθῃ ἡμᾶς τῆς ἀληθείας εὕρεσις, καὶ τὸ ἐμὸν σφάλμα κοινὴ ζημία τῶν ἀκουόντων γένηται. Πρὸς οὖν τί ταῦτα λέγω; Ὅτι ἐπειδὴ πρόκειται ἡμῖν εἰς τὴν τοῦ κόσμου σύστασιν ἐξέτασις καὶ θεωρία τοῦ παντὸς, οὐκ ἐκ τῆς τοῦ κόσμου σοφίας τὰς ἀρχὰς ἔχουσα, ἀλλ´ ἐξ ὧν τὸν ἑαυτοῦ θεράποντα Θεὸς ἐξεπαίδευσεν, ἐν εἴδει λαλήσας πρὸς αὐτὸν, καὶ οὐ δι´ αἰνιγμάτων, ἀνάγκη που πάντως, τοὺς τῶν μεγάλων φιλοθεάμονας μὴ ἀγύμναστον ἔχειν τὸν νοῦν πρὸς τὴν τῶν προκειμένων ἡμῖν κατανόησιν. Εἴ ποτε οὖν ἐν αἰθρίᾳ νυκτερινῇ πρὸς τὰ ἄρρητα κάλλη τῶν ἄστρων ἐνατενίσας, ἔννοιαν ἔλαβες τοῦ τεχνίτου τῶν ὅλων, τίς τοῖς ἄνθεσι τούτοις διαποικίλας τὸν οὐρανὸν, καὶ ὅπως ἐν τοῖς ὁρωμένοις πλέον τοῦ τερπνοῦ τὸ ἀναγκαῖόν ἐστι· πάλιν ἐν ἡμέρᾳ εἰ νήφοντι τῷ λογισμῷ κατέμαθες τὰ τῆς ἡμέρας θαύματα, καὶ διὰ τῶν ὁρωμένων ἀνελογίσω τὸν οὐχ ὁρώμενον, ἐμπαράσκευος ἥκεις ἀκροατὴς καὶ πρέπων τῷ πληρώματι τοῦ σεμνοῦ τούτου καὶ μακαρίου θεάτρου. Δεῦρο δὴ οὖν, ὥσπερ οἱ τοὺς ἀήθεις τῶν πόλεων τῆς χειρὸς λαβόμενοι περιηγοῦνται, οὕτω δὴ καὶ αὐτὸς ἐπὶ τὰ κεκρυμμένα θαύματα ὑμᾶς τῆς μεγάλης ταύτης πόλεως ξεναγήσω. Ἐν τῇ πόλει ταύτῃ, ἐν ἀρχαία πατρὶς ἡμῶν, ἧς μετανέστησεν ἡμᾶς ἀνθρωποκτόνος δαίμων, τοῖς ἑαυτοῦ δελεάσμασιν ἀνδραποδίσας τὸν ἄνθρωπον· ἐνταῦθα κατόψει τὴν πρώτην τοῦ ἀνθρώπου γένεσιν, καὶ τὸν εὐθὺς ἡμᾶς ἐπικαταλαβόντα θάνατον· ὃν ἐγέννησεν ἁμαρτία, τὸ πρωτότοκον ἔκγονον τοῦ ἀρχεκάκου δαίμονος. Καὶ γνωρίσεις σαυτὸν, γήϊνον μὲν τῇ φύσει, ἔργον δὲ θείων χειρῶν· δυνάμει μὲν καὶ παραπολὺ τῶν ἀλόγων λειπόμενον, ἄρχοντα δὲ χειροτονητὸν τῶν ἀλόγων καὶ τῶν ἀψύχων. Ταῖς μὲν ἐκ τῆς φύσεως παρασκευαῖς ἐλαττούμενον, τῇ δὲ τοῦ λόγου περιουσίᾳ πρὸς οὐρανὸν αὐτὸν ὑπεραρθῆναι δυνάμενον. Ἐὰν ταῦτα μάθωμεν, ἑαυτοὺς ἐπιγνωσόμεθα, Θεὸν γνωρίσομεν, τὸν κτίσαντα προσκυνήσομεν, τῷ Δεσπότῃ δουλεύσομεν, τὸν Πατέρα δοξάσομεν, τὸν τροφέα ἡμῶν ἀγαπήσομεν, τὸν εὐεργέτην αἰδεσθησόμεθα, τὸν ἀρχηγὸν τῆς ζωῆς ἡμῶν τῆς παρούσης καὶ τῆς μελλούσης προσκυνοῦντες οὐκ ἀπολήξομεν, τὸν δι´ οὗ παρέσχετο ἤδη πλούτου καὶ τὰ ἐν ἐπαγγελίαις πιστούμενον, καὶ τῇ πεῖρᾳ τῶν παρόντων βεβαιοῦντα ἡμῖν τὰ προσδοκώμενα. Εἰ γὰρ τὰ πρόσκαιρα τοιαῦτα, ποταπὰ τὰ αἰώνια; Καὶ εἰ τὰ ὁρώμενα οὕτω καλὰ, ποταπὰ τὰ ἀόρατα; Εἰ οὐρανοῦ μέγεθος μέτρον ἀνθρωπίνης διανοίας ἐκβαίνει, τῶν ἀϊδίων τὴν φύσιν τίς ἄρα νοῦς ἐξιχνιάσαι δυνήσεται; Εἰ τῇ φθορᾷ ὑποκείμενος ἥλιος οὕτω καλὸς, οὕτω μέγας, ὀξὺς μὲν κινηθῆναι, εὐτάκτους δὲ τὰς περιόδους ἀποδιδοὺς, σύμμετρον μὲν ἔχων τὸ μέγεθος τῷ παντὶ, ὥστε μὴ ἐκβαίνειν τὴν πρὸς τὸ ὅλον ἀναλογίαν· τῷ δὲ κάλλει τῆς φύσεως οἷόν τις ὀφθαλμὸς διαυγὴς ἐμπρέπων τῇ κτίσει· εἰ ἀκόρεστος τούτου θέα, ποταπὸς τῷ κάλλει τῆς δικαιοσύνης ἥλιος; Εἰ τυφλῷ ζημία τοῦτον μὴ βλέπειν, ποταπὴ ζημία τῷ ἁμαρτωλῷ τοῦ ἀληθινοῦ φωτὸς στερηθῆναι; [6,1] Il faut que celui qui vient pour regarder les combats des athlètes, ait aussi lui-même quelque courage. C'est ce qu'on peut voir par les lois des spectacles, suivant lesquelles ceux qui prennent place dans l'amphithéâtre ne doivent y paraître que la tête nue ; c'est, à ce qu’il me semble, afin que chacun ne soit pas seulement spectateur des athlètes, mais athlète lui-même dans quelque partie. Il faut de même que celui qui vient pour examiner les magnifiques et merveilleux spectacles de la nature, pour entendre parler d'une sagesse vraiment souveraine et ineffable, ait en lui-même des motifs qui l'engagent à contempler les grands objets exposés à ses regards, qu’il partage avec moi les peines du combat, qu'il ne soit pas plus juge que combattant, de peur que la vérité ne vous échappe, et que j'en aie la douleur de voir ceux qui m'écoutent ne point profiter de mon instruction. Quel est donc mon but en parlant ainsi ? C'est que, comme nous nous proposons d’examiner le bel ordre de l'univers et de contempler le monde, non d'après les principes de la sagesse du siècle, mais d'après les instructions que Dieu a données à Moïse son serviteur, lui parlant lui-même en personne, et non par des figures ; il faut nécessairement que ceux qui sont jaloux d'être spectateurs de grands objets, aient exercé leur esprit à comprendre les spectacles merveilleux dont ils sont les témoins. Si donc quelquefois, dans une nuit sereine, regardant avec attention les beautés inexprimables des astres, vous avez songé au Fabricateur de l'univers, vous avez pensé quel était celui qui a parsemé le ciel de ces fleurs brillantes, et que le spectacle des choses créées procure encore plus d'utilité qu'il ne donne de plaisir; si pendant le jour vous avez considéré avec un esprit réfléchi les merveilles du jour, et que, par les objets visibles, vous vous soyez élevé jusqu'à l'Etre invisible : alors vous êtes un auditeur bien préparé, vous êtes propre à occuper une place dans cet auguste et vénérable amphithéâtre. Ainsi, comme on prend par la main et que l’on conduit dans les villes ceux qui ne les connaissent pas, je vous conduirai moi-même aux prodiges cachés de l'univers, de cette grande cité où est notre ancienne patrie, dont nous a chassés le démon, ce cruel homicide, qui, par ses funestes séductions, a réduit l'homme en servitude. Vous verrez ici la première création de l'homme, la mort qui s'est emparée presque aussitôt de nous, la mort qua engendrée le péché, ce premier né du démon principal auteur du mal. Vous vous connaîtrez vous-même, vous saurez que, quoique terrestre par votre nature, vous êtes l'ouvrage des mains divines; que, très inférieur pour les forces aux animaux dépourvus de raison, vous êtes fait pour commander à ces animaux et aux êtres inanimés ; qu’obligé de leur céder pour les avantages du corps, vous pouvez, par la supériorité de votre raison, vous élever jusqu'au ciel. Instruits de ces vérités, nous nous connaîtrons nous-mêmes, nous connaîtrons Dieu, nous adorerons le Créateur, nous servirons notre Maître, nous glorifierons notre Père, nous respecterons et chérirons celui qui nous donne la nourriture, celui qui nous comble de bienfaits ; nous ne cesserons de rendre hommage à l'Auteur de notre vie présente et future, à celui qui, dans les richesses qu’il nous prodigue déjà, nous accorde un gage de ses promesses, et qui, par l'usage des biens actuels nous confirme ceux que nous attendons. Eh ! si les objets passagers sont si superbes, quels doivent être les éternels ? si les choses visibles sont si belles, quelles doivent être les invisibles ? si la grandeur du ciel surpasse toute imagination humaine, quel esprit pourra scruter la nature de ces beautés qui ne doivent jamais finir? si le soleil, qui est sujet à la corruption, est si beau, si grand, si rapide dans sa marche, si réglé, si invariable dans son cours, d'une grandeur si bien proportionnée, si bien mesurée avec le reste de l’univers ; si par sa beauté, il est comme l'oeil brillant de la nature, la lampe éclatante du monde; si on ne peut se lasser de contempler ce bel astre, quelle doit être la beauté du soleil de justice? Si c'est un malheur pour l'aveugle de ne pas voir le soleil matériel, quelle infortune pour le pécheur d'être privé de la lumière véritable ?


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Dernière mise à jour : 4/06/2009