HODOI ELEKTRONIKAI
Corpora

Strabon, Geographica, livre X-2

Μυρτούντιον



Texte grec :

[10b,19] Καὶ ταύτης δὲ καὶ τῆς Κεφαλληνίας πρὸς ἕω τὰς Ἐχινάδας ἱδρῦσθαι νήσους συμβέβηκεν, ὧν τό τε Δουλίχιόν ἐστι ̔καλοῦσι δὲ νῦν Δολίχαν̓ καὶ αἱ Ὀξεῖαι καλούμεναι, ἃς Θοὰς ὁ ποιητὴς εἶπε· καὶ ἡ μὲν Δολίχα κεῖται κατὰ Οἰνιάδας καὶ τὴν ἐκβολὴν τοῦ Ἀχελώου, διέχουσα Ἀράξου τῆς τῶν Ἠλείων ἄκρας ἑκατόν, αἱ λοιπαὶ δ' Ἐχινάδες ̔πλείους δ' εἰσί, πᾶσαι λυπραὶ καὶ τραχεῖαἰ πρὸ τῆς ἐκβολῆς τοῦ Ἀχελώου, πεντεκαίδεκα σταδίους ἀφεστῶσα ἡ ἀπωτάτω, ἡ δ' ἐγγυτάτω πέντε, πελαγίζουσαι πρότερον, ἀλλ' ἡ χοῦς τὰς μὲν ἐξηπείρωκεν αὐτῶν ἤδη, τὰς δὲ μέλλει πολλὴ καταφερομένη· ἥπερ καὶ τὴν Παραχελωῖτιν καλουμένην χώραν, ἣν ὁ ποταμὸς ἐπικλύζει, περιμάχητον ἐποίει τὸ παλαιὸν τοὺς ὅρους συγχέουσα ἀεὶ τοὺς ἀποδεικνυμένους τοῖς Ἀκαρνᾶσι καὶ τοῖς Αἰτωλοῖς· ἐκρίνοντο γὰρ τοῖς ὅπλοις οὐκ ἔχοντες διαιτητάς, ἐνίκων δ' οἱ πλέον δυνάμενοι· ἀφ' ἧς αἰτίας καὶ μῦθος ἐπλάσθη τις; ὡς Ἡρακλέους καταπολεμήσαντος τὸν Ἀχελῶον καὶ ἐνεγκαμένου τῆς νίκης ἆθλον τὸν Δηιανείρας γάμον τῆς Οἰνέως θυγατρός, ἣν πεποίηκε Σοφοκλῆς τοιαῦτα λέγουσαν Μνηστὴρ γὰρ ἦν μοι ποταμός, Ἀχελῶον λέγω, ὅς μ' ἐν τρισὶν μορφαῖσιν ἐξῄτει πατρός, φοιτῶν ἐναργὴς ταῦρος, ἄλλοτ' αἰόλος δράκων ἑλικτός, ἄλλοτ' ἀνδρείῳ κύτει βούπρῳρος. Προστιθέασι δ' ἔνιοι καὶ τὸ τῆς Ἀμαλθείας τοῦτ' εἶναι λέγοντες κέρας, ὃ ἀπέκλασεν ὁ Ἡρακλῆς τοῦ Ἀχελώου καὶ ἔδωκεν Οἰνεῖ τῶν γάμων ἕδνον· οἱ δ' εἰκάζοντες ἐξ αὐτῶν τἀληθὲς ταύρῳ μὲν ἐοικότα λέγεσθαι τὸν Ἀχελῶόν φασι, καθάπερ καὶ τοὺς ἄλλους ποταμούς, ἀπό τε τῶν ἤχων καὶ τῶν κατὰ τὰ ῥεῖθρα καμπῶν, ἃς καλοῦσι κέρατα, δράκοντι δὲ διὰ τὸ μῆκος καὶ τὴν σκολιότητα, βούπρῳρον δὲ διὰ τὴν αὐτὴν αἰτίαν δι' ἣν καὶ ταυρωπόν· τὸν Ἡρακλέα δὲ καὶ ἄλλως εὐεργετικὸν ὄντα καὶ τῷ Οἰνεῖ κηδεύσοντα παραχώμασί τε καὶ διοχετείαις βιάσασθαι τὸν ποταμὸν πλημμελῶς ῥέοντα καὶ πολλὴν τῆς Παραχελωίτιδος ἀναψύξαι χαριζόμενον τῷ Οἰνεῖ· καὶ τοῦτ' εἶναι τὸ τῆς Ἀμαλθείας κέρας. Τῶν μὲν οὖν Ἐχινάδων καὶ τῶν Ὀξειῶν κατὰ τὰ Τρωικὰ Μέγητα ἄρχειν φησὶν Ὅμηρος Ὃν τίκτε Διὶ φίλος ἱππότα Φυλεύς, ὅς ποτε Δουλίχιόνδ' ἀπενάσσατο, πατρὶ χολωθείς. Πατὴρ δ' ἦν Αὐγέας ὁ τῆς Ἠλείας καὶ τῶν Ἐπειῶν ἄρχων· ὥστ' Ἐπειοὶ τὰς νήσους ταύτας εἶχον οἱ συνεξάραντες εἰς τὸ Δουλίχιον τῷ Φυλεῖ.

Traduction française :

[10b,19] A l'E. de Zacynthe, maintenant, et de Céphallénie, est situé le groupe des Echinades qui comprend, avec Dulichium, ou, comme on l'appelle aujourd'hui, Dolicha, les îles Oxées (les Thoées d'Homère) (Od. XV, 298). Dolicha se trouve juste en face d'Oniades et des bouches de l'Achéloüs, à 100 stades de la côte d'Elide et du promontoire Araxus. Mais ce n'est là, je le répète, qu'une des nombreuses îles Echinades : toutes ces îles, au sol maigre et pauvre, à l'aspect triste et sauvage, sont situées, comme Dolicha, en avant des bouches de l'Achéloüs, la plus éloignée à 15 stades, la plus rapprochée à 5 stades seulement. Et pourtant ces îles se trouvaient anciennement en pleine mer, ce sont les alluvions de l'Achéloüs {qui ont comblé l'intervalle} : déjà même une partie des Echinades a été réunie au continent, et le reste le sera sans doute tôt ou tard, tant est grande la quantité de limon que le fleuve continue à charrier. La même cause a fait anciennement de toute la Parachéloitide ou vallée de l'Achéloüs le théâtre de contestations sans fin entre les Acarnanes et les Aetoliens : ces deux peuples qui voyaient bouleverser sans cesse par les atterrissements du fleuve les limites qu'eux-mêmes s'étaient données, en appelaient aux armes faute d'arbitres à qui soumettre leur différend, et l'avantage restait naturellement au plus fort. Telle est aussi l'origine du mythe qui nous représente Hercule triomphant d'Achéloüs et obtenant pour prix de sa victoire la main de Déjanire, fille d'Oenée. On connaît les vers que Sophocle met à ce propos dans la bouche de l'héroïne : «J'avais alors pour prétendant le Fleuve Achéloüs, qui, pour m'obtenir de mon père, se métamorphosa trois fois sous ses yeux, ayant pris d'abord la forme d'un taureau, puis celle d'un serpent aux couleurs variées, aux replis tortueux, pour reparaître encore avec la tête d'un boeuf sur un corps d'homme» (Trachin. 9). Quelques auteurs complètent le mythe en disant que la fameuse corne d'Amalthée n'est autre que l'une des deux cornes d'Achéloüs brisée par Hercule dans le combat et offerte par lui comme présent de noces à Oenée, son beau-père. Mais ceux qui font profession d'expliquer tous les mythes et d'en dégager l'élément historique prétendent que, si l'on a comparé l'Achéloüs à un taureau (comme maint autre fleuve du reste), c'est pour rappeler et le bruit mugissant de ses eaux et ses brusques changements de direction, ce que les gens du pays justement appellent ses cornes ; qu'en le représentant, ensuite, sous la forme d'un serpent, on a voulu exprimer la longueur de son cours et ses nombreuses sinuosités ; qu'enfin cette tête de boeuf sur un corps d'homme n'est qu'une variante du premier symbole. Quant à Hercule, voici comment ils expliquent son rôle dans le même mythe. Toujours prêt à rendre service et brûlant d'ailleurs d'obtenir la main de Déjanire, Hercule entreprit par un système de levées et de canaux de rectifier de force le cours désordonné de l'Achéloüs ; il réussit ainsi, pour le plus grand profit du roi Oenée, à assécher une bonne partie de la Parachéloïtide, et c'est là ce qu'exprimerait le don fait par lui à son beau-père de la corne d'Amalthée. Pour en revenir aux Echinades, il est certain qu'au temps de la guerre de Troie elles étaient, ainsi que les îles Oxées, sous la domination de Mégès. Homère le dit formellement : «Il était fils d'un prince aimé de Jupiter, de Phylée, le hardi cavalier, venu jadis à Dulichium, le coeur ulcéré contre son père» (Il. II, 628). Or le père de Phylée n'était autre qu'Augias, et, comme il régnait en Elide sur la nation des Epéens, il est tout naturel que des Epéens aient accompagné son fils à Dulichium et se soient emparés avec celui-ci du reste des Echinades.





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Dernière mise à jour : 22/05/2008