Texte grec :
[1,0] ΣΥΜΠΟΣΙΑΚΩΝ ΒΙΒΛΙΑ - ΒΙΒΛΙΟΝ ΠΡΩΤΟΝ
Τὸ ‘μισέω μνάμονα συμπόταν’, ὦ Σόσσιε Σενεκίων, ἔνιοι πρὸς τοὺς
ἐπιστάθμους εἰρῆσθαι λέγουσιν, φορτικοὺς ἐπιεικῶς καὶ
ἀναγώγους ἐν τῷ πίνειν ὄντας· οἱ γὰρ ἐν Σικελίᾳ Δωριεῖς
ὡς ἔοικε τὸν ἐπίσταθμον ‘μνάμονα’ προσηγόρευον. ἔνιοι
δὲ τὴν παροιμίαν οἴονται τοῖς παρὰ πότον λεγομένοις καὶ
πραττομένοις ἀμνηστίαν ἐπάγειν· διὸ τήν τε λήθην οἱ
πάτριοι λόγοι καὶ τὸν νάρθηκα τῷ θεῷ συγκαθιεροῦσιν,
ὡς ἢ μηδενὸς δέον μνημονεύειν τῶν ἐν οἴνῳ πλημμεληθέντων
ἢ παντελῶς ἐλαφρᾶς καὶ παιδικῆς νουθεσίας δεομένων.
ἐπεὶ δὲ καὶ σοὶ δοκεῖ τῶν μὲν ἀτόπων ἡ λήθη τῷ
ὄντι σοφὴ κατ´ Εὐριπίδην εἶναι, τὸ δ´ ὅλως
ἀμνημονεῖν τῶν ἐν οἴνῳ μὴ μόνον τῷ φιλοποιῷ λεγομένῳ
μάχεσθαι τῆς τραπέζης, ἀλλὰ καὶ τῶν φιλοσόφων τοὺς
ἐλλογιμωτάτους ἀντιμαρτυροῦντας ἔχειν, Πλάτωνα καὶ
Ξενοφῶντα καὶ Ἀριστοτέλην καὶ Σπεύσιππον Ἐπίκουρόν
τε καὶ Πρύτανιν καὶ Ἱερώνυμον καὶ Δίωνα τὸν ἐξ Ἀκαδημίας,
ὡς ἄξιόν τινος σπουδῆς πεποιημένους ἔργον
ἀναγράψασθαι λόγους παρὰ πότον γενομένους, ᾠήθης τε
δεῖν ἡμᾶς τῶν σποράδην πολλάκις ἔν τε Ῥώμῃ μεθ´ ὑμῶν
καὶ παρ´ ἡμῖν ἐν τῇ Ἑλλάδι παρούσης ἅμα τραπέζης καὶ
κύλικος φιλολογηθέντων συναγαγεῖν τὰ ἐπιτήδεια, πρὸς
τοῦτο γενόμενος τρία μὲν ἤδη σοι πέπομφα τῶν βιβλίων,
ἑκάστου δέκα προβλήματα περιέχοντος, πέμψω δὲ καὶ
τὰ λοιπὰ ταχέως, ἂν ταῦτα δόξῃ μὴ παντελῶς ἄμουσα
μηδ´ ἀπροσδιόνυς´ εἶναι.
|
|
Traduction française :
[1,0] LES SYMPOSIAQUES, ou QUESTIONS DE TABLE
LIVRE PREMIER - PRÉAMBULE.
Le mot : «Je déteste un convive qui a de la mémoire», a
été, selon que pensent quelques-uns, mon cher Sossius
Sénécion, formulé contre les présidents des festins lesquels
exercent d'une manière fatigante et insupportable leur autorité
sur les buveurs. Il paraît, du moins, que les Doriens
de Sicile donnaient au président du festin le nom "d'homme
à bonne mémoire."
D'autres pensent que ce proverbe invite à jeter l'oubli
sur ce qui se dit et se fait en buvant. C'est pourquoi nos
traditions nationales consacrent au Dieu l'oubli et la férule,
pour faire entendre, ou bien que l'on ne doit se souvenir
d'aucune des fautes commises dans le vin, ou bien que
ces fautes n'exigent que des corrections légères et enfantines.
Vous aussi, vous pensez que l'oubli des choses inconvenantes
est réellement un acte de sagesse, ainsi que
le dit Euripide. Mais, d'un autre côté, perdre complétement
la mémoire de ce qui s'est passé dans le vin ne vous semble
pas seulement contraire à ce qui a été dit de l'influence de
la table sur les relations amicales. Vous croyez encore, que
contre une telle opinion proteste le témoignage des philosophes
les plus illustres, Platon, Xénophon, Aristote, Speusippe,
Épicure avec Prytanis, Hiéronyme et Dion l'Académicien.
Tous, ils ont regardé comme un travail digne de
quelque intérêt le soin de recueillir des propos tenus à
table. C'est pourquoi vous avez pensé que des diverses questions
instructives traitées dans le repas et au milieu des
verres, soit chez vous autres à Rome, soit chez nous en
Grèce, il serait bon que je réunisse celles qui en valent
la peine. Je me suis consacré à ce travail, et je vous en
envoie dès aujourd'hui trois livres, qui contiennent chacun
dix questions. Je vous enverrai prochainement les autres, si
vous ne trouvez pas que ceux-ci soient tout à fait indignes
et des Muses et de Bacchus.
|
|