HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère, Odyssée, Chant XXI

Vers 150-199

  Vers 150-199

[21,150] οὐδέ μιν ἐντάνυσε· πρὶν γὰρ κάμε χεῖρας ἀνέλκων
ἀτρίπτους ἁπαλάς· μετὰ δὲ μνηστῆρσιν ἔειπεν·
" φίλοι, οὐ μὲν ἐγὼ τανύω, λαβέτω δὲ καὶ ἄλλος.
πολλοὺς γὰρ τόδε τόξον ἀριστῆας κεκαδήσει
θυμοῦ καὶ ψυχῆς, ἐπεὶ πολὺ φέρτερόν ἐστι
155 τεθνάμεν ζώοντας ἁμαρτεῖν, οὗθἕνεκαἰεὶ
ἐνθάδὁμιλέομεν, ποτιδέγμενοι ἤματα πάντα.
νῦν μέν τις καὶ ἔλπετἐνὶ φρεσὶν ἠδὲ μενοινᾷ
γῆμαι Πηνελόπειαν, Ὀδυσσῆος παράκοιτιν.
αὐτὰρ ἐπὴν τόξου πειρήσεται ἠδὲ ἴδηται,
160 ἄλλην δή τινἔπειτα Ἀχαιϊάδων εὐπέπλων
μνάσθω ἐέδνοισιν διζήμενος· δέ κἔπειτα
γήμαιθὅς κε πλεῖστα πόροι καὶ μόρσιμος ἔλθοι."
ὣς ἄρἐφώνησεν καὶ ἀπὸ ἕο τόξον ἔθηκε,
κλίνας κολλητῇσιν ἐϋξέστῃς σανίδεσσιν,
165 αὐτοῦ δὠκὺ βέλος καλῇ προσέκλινε κορώνῃ,
ἂψ δαὖτις κατἄρ ἕζετἐπὶ θρόνου ἔνθεν ἀνέστη.
Ἀντίνοος δἐνένιπεν ἔπος τἔφατἔκ τὀνόμαζε·
"λειῶδες, ποῖόν σε ἔπος φύγεν ἕρκος ὀδόντων,
δεινόν τἀργαλέον τε, - νεμεσσῶμαι δέ τἀκούων -
170 εἰ δὴ τοῦτό γε τόξον ἀριστῆας κεκαδήσει
θυμοῦ καὶ ψυχῆς, ἐπεὶ οὐ δύνασαι σὺ τανύσσαι.
οὐ γάρ τοί σέ γε τοῖον ἐγείνατο πότνια μήτηρ
οἷόν τε ῥυτῆρα βιοῦ τἔμεναι καὶ ὀϊστῶν·
ἀλλἄλλοι τανύουσι τάχα μνηστῆρες ἀγαυοί."
175 ὣς φάτο, καί ἐκέλευσε Μελάνθιον, αἰπόλον αἰγῶν·
"ἄγρει δή, πῦρ κῆον ἐνὶ μεγάροισι, Μελανθεῦ,
πὰρ δὲ τίθει δίφρον τε μέγαν καὶ κῶας ἐπαὐτοῦ,
ἐκ δὲ στέατος ἔνεικε μέγαν τροχὸν ἔνδον ἐόντος,
ὄφρα νέοι θάλποντες, ἐπιχρίοντες ἀλοιφῇ,
180 τόξου πειρώμεσθα καὶ ἐκτελέωμεν ἄεθλον."
ὣς φάθ᾽, δαἶψἀνέκαιε Μελάνθιος ἀκάματον πῦρ,
πὰρ δὲ φέρων δίφρον θῆκεν καὶ κῶας ἐπαὐτοῦ,
ἐκ δὲ στέατος ἔνεικε μέγαν τροχὸν ἔνδον ἐόντος·
τῷ ῥα νέοι θάλποντες ἐπειρῶντ᾽· οὐδἐδύναντο
185 ἐντανύσαι, πολλὸν δὲ βίης ἐπιδευέες ἦσαν.
Ἀντίνοος δἔτἐπεῖχε καὶ Εὐρύμαχος θεοειδής,
ἀρχοὶ μνηστήρων· ἀρετῇ δἔσαν ἔξοχἄριστοι.
τὼ δἐξ οἴκου βῆσαν ὁμαρτήσαντες ἅμἄμφω
βουκόλος ἠδὲ συφορβὸς Ὀδυσσῆος θείοιο·
190 ἐκ δαὐτὸς μετὰ τοὺς δόμου ἤλυθε δῖος Ὀδυσσεύς.
ἀλλὅτε δή ἐκτὸς θυρέων ἔσαν ἠδὲ καὶ αὐλῆς,
φθεγξάμενός σφε ἔπεσσι προσηύδα μειλιχίοισι·
"βουκόλε καὶ σύ, συφορβέ, ἔπος τί κε μυθησαίμην,
αὐτὸς κεύθω; φάσθαι δέ με θυμὸς ἀνώγει.
195 ποῖοί κεἶτὈδυσῆϊ ἀμυνέμεν, εἴ ποθεν ἔλθοι
ὧδε μάλἐξαπίνης καί τις θεὸς αὐτὸν ἐνείκαι;
κε μνηστήρεσσιν ἀμύνοιτ Ὀδυσῆϊ;
εἴπαθὅπως ὑμέας κραδίη θυμός τε κελεύει."
τὸν δαὖτε προσέειπε βοῶν ἐπιβουκόλος ἀνήρ·
[21,150] Il ne le tendit point : car l'effort de tension fatigua ses
mains délicates et faibles; puis il dit aux prétendants : « Amis,
je ne puis le tendre, moi; qu'un autre le prenne. Ils sont
nombreux les grands à qui cet arc fera perdre vie
et sentiment : car, il est bien préférable de mourir
que de vivre sans avoir atteint ce pour quoi nous sommes
sans cesse rassemblés ici dans une attente perpétuelle.
En ce moment même il en est plus d'un qui se flatte en
son coeur et brûle d'épouser Pénélope, la femme d'Ulysse :
eh bien, quand il aura essayé l'arc et saura ce qui en est,
qu'il recherche une autre Achéenne au beau voile et
offre ses présents de mariage : et pour celle-ci qu'elle
devienne la femme de celui qui lui fera les plus riches
dons et sera l'élu du destin. »
Il dit et reposa à terre l'arc qu'il appuya sur les panneaux
bien joints, bien polis : il inclina la flèche rapide
sur le bel anneau : puis il s'en alla reprendre sa place sur
le fauteuil d'où il s'était levé.
Alors Antinoos le tança en termes violents :
« Leiôdès, quelle parole vient de passer la barrière de
tes dents? parole menaçante et affreuse : j'en suis révolté.
Comment ! cet arc coûtera sentiment et vie à des grands !
Pourquoi? parce que tu ne peux le tendre, toi? Mais
c'est que ta mère vénérable ne t'a pas enfanté capable
de tirer l'arc et lancer des flèches : mais d'autres, de ces
prétendants illustres, le tendront : attends un instant. »
Il dit, puis donna un ordre à Mélanthios, le maître chevrier :
« Allons, çà, allume du feu dans la salle, Mélanthios.
Auprès du foyer mets un grand siège, couvert d'une
peau; va chercher à l'intérieur un fort pain de suif afin
que nous, les jeunes gens, ayant fait chauffer l'arc et
l'ayant bien graissé, nous l'essayions et achevions ce concours.
Il dit : Mélanthios aussitût alluma la flamme inlassablement
vive; près du feu il mit un siège qu'il couvrit
d'une peau; de l'intérieur il apporta un fort pain de
suif. Les jeunes gens firent chauffer l'arc et l'essayèrent :
mais ils ne pouvaient le tendre, n'ayant point assez de
force. Cependant, Antinoos et Eurymaque semblable aux
dieux s'abstenaient encore : c'étaient les plus marquants
des rivaux et pour la vigueur ils ne le cédaient à aucun.
A ce moment sortirent ensemble de la salle le bouvier
et le porcher du divin Ulysse. Après eux, le noble Ulysse
la quitta à son tour. Lors donc qu'ils eurent franchi la
porte et traversé la cour, Ulysse, s'adressant à eux, leur
dit avec une aimable douceur :
« Bouvier, et toi, porcher, je voudrais vous dire une
chose. Je devrais peut-être la garder pour moi. Mais
mon coeur me commande de parler. Que feriez-vous?
seriez-vous disposés à combattre pour Ulysse, s'il vous
arrivait de quelque part ici tout à coup, si un dieu le
ramenait? Seriez-vous pour les prétendants ou pour
Ulysse? dites-moi ce que vous conseillent votre coeur,
votre âme. » Le pasteur de boeufs répondit :


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Dernière mise à jour : 19/01/2006