HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère, Odyssée, Chant IX

Vers 1-49

  Vers 1-49

[9,0] Ὀδύσσεια - Ραψωδία θ'
1 τὸν δἀπαμειβόμενος προσέφη πολύμητις Ὀδυσσεύς·
"Ἀλκίνοε κρεῖον, πάντων ἀριδείκετε λαῶν,
τοι μὲν τόδε καλὸν ἀκουέμεν ἐστὶν ἀοιδοῦ
τοιοῦδοἷος ὅδἐστί, θεοῖς ἐναλίγκιος αὐδήν.
5 οὐ γὰρ ἐγώ γέ τί φημι τέλος χαριέστερον εἶναι
ὅτἐυφροσύνη μὲν ἔχῃ κάτα δῆμον ἅπαντα,
δαιτυμόνες δἀνὰ δώματἀκουάζωνται ἀοιδοῦ
ἥμενοι ἑξείης, παρὰ δὲ πλήθωσι τράπεζαι
σίτου καὶ κρειῶν, μέθυ δἐκ κρητῆρος ἀφύσσων
10 οἰνοχόος φορέῃσι καὶ ἐγχείῃ δεπάεσσι·
τοῦτό τί μοι κάλλιστον ἐνὶ φρεσὶν εἴδεται εἶναι.
σοὶ δἐμὰ κήδεα θυμὸς ἐπετράπετο στονόεντα
εἴρεσθ᾽, ὄφρἔτι μᾶλλον ὀδυρόμενος στεναχίζω·
τί πρῶτόν τοι ἔπειτα, τί δὑστάτιον καταλέξω;
15 κήδεἐπεί μοι πολλὰ δόσαν θεοὶ Οὐρανίωνες.
νῦν δὄνομα πρῶτον μυθήσομαι, ὄφρα καὶ ὑμεῖς
εἴδετ᾽, ἐγὼ δἂν ἔπειτα φυγὼν ὕπο νηλεὲς ἦμαρ
ὑμῖν ξεῖνος ἔω καὶ ἀπόπροθι δώματα ναίων.
εἴμὈδυσεὺς Λαερτιάδης, ὃς πᾶσι δόλοισιν
20 ἀνθρώποισι μέλω, καί μευ κλέος οὐρανὸν ἵκει.
ναιετάω δἸθάκην ἐυδείελον· ἐν δὄρος αὐτῇ
Νήριτον εἰνοσίφυλλον, ἀριπρεπές· ἀμφὶ δὲ νῆσοι
πολλαὶ ναιετάουσι μάλα σχεδὸν ἀλλήλῃσι,
Δουλίχιόν τε Σάμη τε καὶ ὑλήεσσα Ζάκυνθος.
25 αὐτὴ δὲ χθαμαλὴ πανυπερτάτη εἰν ἁλὶ κεῖται
πρὸς ζόφον, αἱ δέ τἄνευθε πρὸς ἠῶ τἠέλιόν τε,
τρηχεῖ᾽, ἀλλἀγαθὴ κουροτρόφος· οὔ τοι ἐγώ γε
ἧς γαίης δύναμαι γλυκερώτερον ἄλλο ἰδέσθαι.
μέν μαὐτόθἔρυκε Καλυψώ, δῖα θεάων,
30 ἐν σπέσσι γλαφυροῖσι, λιλαιομένη πόσιν εἶναι·
ὣς δαὔτως Κίρκη κατερήτυεν ἐν μεγάροισιν
Αἰαίη δολόεσσα, λιλαιομένη πόσιν εἶναι·
ἀλλἐμὸν οὔ ποτε θυμὸν ἐνὶ στήθεσσιν ἔπειθον.
ὣς οὐδὲν γλύκιον ἧς πατρίδος οὐδὲ τοκήων
35 γίγνεται, εἴ περ καί τις ἀπόπροθι πίονα οἶκον
γαίῃ ἐν ἀλλοδαπῇ ναίει ἀπάνευθε τοκήων.
εἰ δἄγε τοι καὶ νόστον ἐμὸν πολυκηδέἐνίσπω,
ὅν μοι Ζεὺς ἐφέηκεν ἀπὸ Τροίηθεν ἰόντι.
"Ἰλιόθεν με φέρων ἄνεμος Κικόνεσσι πέλασσεν,
40 Ἰσμάρῳ. ἔνθα δἐγὼ πόλιν ἔπραθον, ὤλεσα δαὐτούς·
ἐκ πόλιος δἀλόχους καὶ κτήματα πολλὰ λαβόντες
δασσάμεθ᾽, ὡς μή τίς μοι ἀτεμβόμενος κίοι ἴσης.
ἔνθ τοι μὲν ἐγὼ διερῷ ποδὶ φευγέμεν ἡμέας
ἠνώγεα, τοὶ δὲ μέγα νήπιοι οὐκ ἐπίθοντο.
45 ἔνθα δὲ πολλὸν μὲν μέθυ πίνετο, πολλὰ δὲ μῆλα
ἔσφαζον παρὰ θῖνα καὶ εἰλίποδας ἕλικας βοῦς·
τόφρα δἄροἰχόμενοι Κίκονες Κικόνεσσι γεγώνευν,
οἵ σφιν γείτονες ἦσαν, ἅμα πλέονες καὶ ἀρείους,
ἤπειρον ναίοντες, ἐπιστάμενοι μὲν ἀφἵππων
[9,0] CHANT IX 1 Alors, en réponse, Ulysse fécond en ruses lui dit : « Puissant Alcinoos, le plus renommé de tous les hommes, c'est une belle chose en vérité que d'entendre un aède pareil à celui-ci que son chant égale aux Dieux. Pour moi, je l'assure, on ne peut rien souhaiter de plus agréable que de voir la joie posséder un peuple entier et des convives réunis dans la salle d'un manoir prêter l'oreille à un aède, satisfaits d'être assis chacun selon son rang, devant des tables pleines de pain et de viandes, quand l'échanson, puisant le vin au cratère, le porte et le verse dans les coupes. C'est le plus beau spectacle que mon esprit puisse imaginer. Pour toi, ton coeur a senti le désir de m'interroger sur les chagrins qui me font soupirer, afin que je pleure et gémisse encore davantage. Par où donc commencer, par où finir ce récit, puisque les dieux habitants du ciel m'ont donné tant de peines? Maintenant, je dirai d'abord mon nom, afin que vous aussi, vous le sachiez, et que, si je parviens à éviter le jour impitoyable, je reste votre hôte, si lointaine que soit ma demeure. Je suis Ulysse, fils de Laerte; par mes ruses j'intéresse tous les hommes, et ma gloire atteint le ciel. J'habite Ithaque, qui s'aperçoit de loin; un mont s'y dresse, le Nériton, dont le vent agite les feuillages et dont la cime se découvre au large; tout autour sont situées des îles très proches entre elles, Doulichion, Samé, Zacynthe couverte de forêts. Elle-même est basse et la plus reculée dans la mer vers les ténèbres du couchant; les autres sont à l'écart du côté de l'aurore et du soleil. L'île est rocheuse, mais c'est une bonne nourrice de jeunes hommes. Non, je ne puis trouver rien de plus doux à voir que cette terre. Calypso, l'illustre déesse, cherchait à me retenir auprès d'elle dans sa grotte creuse, car elle avait désir de m'avoir pour époux. Et Circé de même me gardait prisonnier dans son manoir, la magicienne habitante d'Aiaié, car elle avait désir de m'avoir pour époux; mais jamais elle ne persuadait mon coeur au fond de ma poitrine; tant il est vrai que rien n'est plus doux que la patrie et les parents, même si l'on habite un riche domaine loin d'eux en terre étrangère. Allons ! je vais te raconter le retour aux mille traverses, que Zeus m'impose depuis mon départ de Troade. En m'emportant d'Ilios, le vent m'approcha des Cicones, d'Ismaros. Là, je mis à sac la cité, j'en massacrai les hommes, et puis on prit dans la ville les femmes, les richesses de toute sorte, et on fit le partage, afin que nul ne pût me reprocher de s'en aller frustré de sa juste part. Alors, je conseillai de nous enfuir d'un pied rapide; mais les autres, ces fous, ne m'écoutèrent pas. On buvait force vin, et le long du rivage on égorgeait en quantité moutons et boeufs luisants à la marche traînante. Cependant les Cicones étaient allés clamer leur malheur à d'autres Cicones, leurs voisins, plus nombreux ceux-là et plus vaillants, qui habitaient l'intérieur des terres,


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Dernière mise à jour : 6/10/2005