HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère, L'Iliade, chant XVI

Vers 100-149

  Vers 100-149

[16,100] ὄφροἶοι Τροίης ἱερὰ κρήδεμνα λύωμεν. ὣς οἳ μὲν τοιαῦτα πρὸς ἀλλήλους ἀγόρευον, Αἴας δοὐκ ἔτἔμιμνε· βιάζετο γὰρ βελέεσσι· δάμνα μιν Ζηνός τε νόος καὶ Τρῶες ἀγαυοὶ βάλλοντες· δεινὴν δὲ περὶ κροτάφοισι φαεινὴ 105 πήληξ βαλλομένη καναχὴν ἔχε, βάλλετο δαἰεὶ κὰπ φάλαρεὐποίηθ᾽· δἀριστερὸν ὦμον ἔκαμνεν ἔμπεδον αἰὲν ἔχων σάκος αἰόλον· οὐδὲ δύναντο ἀμφαὐτῷ πελεμίξαι ἐρείδοντες βελέεσσιν. αἰεὶ δἀργαλέῳ ἔχετἄσθματι, κὰδ δέ οἱ ἱδρὼς 110 πάντοθεν ἐκ μελέων πολὺς ἔρρεεν, οὐδέ πῃ εἶχεν ἀμπνεῦσαι· πάντῃ δὲ κακὸν κακῷ ἐστήρικτο. ἔσπετε νῦν μοι Μοῦσαι Ὀλύμπια δώματἔχουσαι, ὅππως δὴ πρῶτον πῦρ ἔμπεσε νηυσὶν Ἀχαιῶν. Ἕκτωρ Αἴαντος δόρυ μείλινον ἄγχι παραστὰς 115 πλῆξἄορι μεγάλῳ αἰχμῆς παρὰ καυλὸν ὄπισθεν, ἀντικρὺ δἀπάραξε· τὸ μὲν Τελαμώνιος Αἴας πῆλαὔτως ἐν χειρὶ κόλον δόρυ, τῆλε δἀπαὐτοῦ αἰχμὴ χαλκείη χαμάδις βόμβησε πεσοῦσα. γνῶ δΑἴας κατὰ θυμὸν ἀμύμονα ῥίγησέν τε 120 ἔργα θεῶν, ῥα πάγχυ μάχης ἐπὶ μήδεα κεῖρε Ζεὺς ὑψιβρεμέτης, Τρώεσσι δὲ βούλετο νίκην· χάζετο δἐκ βελέων. τοὶ δἔμβαλον ἀκάματον πῦρ νηῒ θοῇ· τῆς δαἶψα κατἀσβέστη κέχυτο φλόξ. ὣς τὴν μὲν πρυμνὴν πῦρ ἄμφεπεν· αὐτὰρ Ἀχιλλεὺς 125 μηρὼ πληξάμενος Πατροκλῆα προσέειπεν· ὄρσεο διογενὲς Πατρόκλεες ἱπποκέλευθε· λεύσσω δὴ παρὰ νηυσὶ πυρὸς δηΐοιο ἰωήν· μὴ δὴ νῆας ἕλωσι καὶ οὐκέτι φυκτὰ πέλωνται· δύσεο τεύχεα θᾶσσον, ἐγὼ δέ κε λαὸν ἀγείρω. 130 ὣς φάτο, Πάτροκλος δὲ κορύσσετο νώροπι χαλκῷ. κνημῖδας μὲν πρῶτα περὶ κνήμῃσιν ἔθηκε καλάς, ἀργυρέοισιν ἐπισφυρίοις ἀραρυίας· δεύτερον αὖ θώρηκα περὶ στήθεσσιν ἔδυνε ποικίλον ἀστερόεντα ποδώκεος Αἰακίδαο. 135 ἀμφὶ δἄρὤμοισιν βάλετο ξίφος ἀργυρόηλον χάλκεον, αὐτὰρ ἔπειτα σάκος μέγα τε στιβαρόν τε· κρατὶ δἐπἰφθίμῳ κυνέην εὔτυκτον ἔθηκεν ἵππουριν· δεινὸν δὲ λόφος καθύπερθεν ἔνευεν. εἵλετο δἄλκιμα δοῦρε, τά οἱ παλάμηφιν ἀρήρει. 140 ἔγχος δοὐχ ἕλετοἶον ἀμύμονος Αἰακίδαο βριθὺ μέγα στιβαρόν· τὸ μὲν οὐ δύνατἄλλος Ἀχαιῶν πάλλειν, ἀλλά μιν οἶος ἐπίστατο πῆλαι Ἀχιλλεὺς Πηλιάδα μελίην, τὴν πατρὶ φίλῳ πόρε Χείρων Πηλίου ἐκ κορυφῆς, φόνον ἔμμεναι ἡρώεσσιν. 145 ἵππους δΑὐτομέδοντα θοῶς ζευγνῦμεν ἄνωγε, τὸν μετἈχιλλῆα ῥηξήνορα τῖε μάλιστα, πιστότατος δέ οἱ ἔσκε μάχῃ ἔνι μεῖναι ὁμοκλήν. τῷ δὲ καὶ Αὐτομέδων ὕπαγε ζυγὸν ὠκέας ἵππους Ξάνθον καὶ Βαλίον, τὼ ἅμα πνοιῇσι πετέσθην, [16,100] afin que seuls, nous enlevions à Troie son diadème sacré.»
Ainsi ils discouraient entre eux. Cependant Ajax ne
résistait plus : il était forcé par les traits, dompté par
l'esprit de Zeus, par les Troyens superbes et leurs coups.
Horrible était, autour de ses tempes, le fracas de son
casque brillant, sous les coups; les coups ne cessaient pas
sur les belles joues de son casque. Son épaule gauche se
fatiguait à soutenir toujours, solidement, le bouclier
scintillant; et pourtant, les Troyens ne pouvaient, en le
cernant, l'ébranler, malgré la puissance de leurs traits.
Il ne cessait de haleter péniblement; la sueur, de tous ses
membres, ruisselait; il ne pouvait plus reprendre haleine;
partout du mal naissait le mal.
Dites-moi maintenant, Muses qui occupez les demeures
de l'Olympe, comment la première flamme tomba sur
les vaisseaux Achéens.
Hector, s'arrêtant près d'Ajax, frappa sa lance de
frêne de sa grande épée, derrière la douille de la pointe, et
la brisa net. Le fils de Télamon, Ajax, brandit vainement
dans sa main ce tronçon de lance et, loin de lui, la pointe
de bronze, sur le sol, retentit en tombant. Ajax reconnut
en son coeur irréprochable, et il en frémit, l'ouvrage
des dieux. Tous ses projets de combat étaient coupés dans
la racine par Zeus haut-tonnant : il voulait la victoire des
Troyens. Ajax rompit devant les traits, les Troyens lancèrent
le feu infatigable sur un vaisseau fin. Aussitôt, la
flamme inextinguible s'y répandit. Ainsi le feu enveloppa
la poupe, et Achille, se frappant Ies cuisses, dit à Patrocle :
« Debout, descendant de Zeus, Patrocle que transportent
les chevaux ! Je vois sur les vaisseaux des jets de
flamme dévorante. Qu'ils n'aillent pas prendre les vaisseaux,
et nous rendre la fuite impossible ! Couvre-toi
vite de ces armes; moi, je rassemblerai mes troupes. »
Il dit, et Patrocle s'arma de bronze éblouissant : les
jambarts d'abord, dont il entoura ses jambes, très beaux,
articulés sur des couvre-chevilles d'argent; en second
lieu la cuirasse, dont il revêtit sa poitrine : c'était celle,
bien décorée, brillante comme un astre, du rapide Eacide.
Sur ses épaules, il jeta l'épée ornée de clous d'argent,
mais en bronze, puis le bouclier grand et robuste. Sur sa
tête forte, il mit un casque bien fait, à queue de cheval;
terrible, le panache, au-dessus, s'agitait. II prit deux
lances vaillantes, faites à sa main. Car la pique seule, il
ne la prit pas à l'irréprochable Eacide : lourde, grande,
robuste, aucun autre Achéen ne pouvait la brandir; seul
savait la brandir Achille. C'était un frêne du Pélion,
qu'au père d'Achille apporta Chiron, du sommet du
Pélion, pour meurtrir les héros.
Les chevaux, Automédon les attela vite, pressé par
Patrocle, Automédon, l'homme — après Achille — le plus
honoré de lui comme briseur de guerriers, le plus sûr au
combat pour attendre son appel. Pour lui, Automédon
mit sous le joug les chevaux rapides, Xanthos et Balios,
qui tous deux volaient comme les vents;


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Dernière mise à jour : 9/05/2006