HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Démosthène, Sur l'ambassade (discours complet)

Paragraphes 30-39

  Paragraphes 30-39

[30] Οὐ γὰρ εἰ φαύλοις χρῆσθ' ὑμεῖς εἰς τὰ κοινὰ πολλάκις ἀνθρώποις, καὶ τὰ πράγματ' ἐστὶ φαῦλα ὧν πόλις ἀξιοῦται παρὰ τοῖς ἄλλοις, οὐδὲ πολλοῦ δεῖ. Εἶτα καὶ Φωκέας ἀπολώλεκεν μέν, οἶμαι, Φίλιππος, συνηγωνίσαντο δ' οὗτοι· τοῦτο δὴ δεῖ σκοπεῖν καὶ ὁρᾶν, εἰ ὅσα τῆς Φωκέων σωτηρίας ἐπὶ τὴν πρεσβείαν ἧκε, ταῦθ' ἅπαντ' ἀπώλεσαν οὗτοι καὶ διέφθειραν ἑκόντες, οὐχ ὡς ὅδε Φωκέας ἀπώλεσεν καθ' ἑαυτόν. Πόθεν; (31) Δὸς δέ μοι τὸ προβούλευμα, πρὸς τὴν ἐμὴν ἀπαγγελίαν ἐψηφίσαθ' βουλή, καὶ τὴν μαρτυρίαν τὴν τοῦ γράψαντος αὐτὸ τότε, ἵν' εἰδῆθ' ὅτι ἐγὼ μὲν οὐ τότε σιγήσας νῦν ἀφίσταμαι τῶν πεπραγμένων, ἀλλ' εὐθὺς κατηγόρουν καὶ προεώρων τὰ μέλλοντα, βουλὴ δέ, μὴ κωλυθεῖσ' ἀκοῦσαι τἀληθῆ παρ' ἐμοῦ, οὔτ' ἐπῄνεσε τούτους οὔτ' εἰς τὸ πρυτανεῖον ἠξίωσεν καλέσαι. Καίτοι τοῦτ', ἀφ' οὗ γέγονεν πόλις, οὐδεὶς πώποτέ φησι παθεῖν οὐδένας πρέσβεις, οὐδὲ Τιμαγόραν, οὗ θάνατον κατεχειροτόνησεν δῆμος. (32) Ἀλλ' οὗτοι πεπόνθασιν. Λέγε δ' αὐτοῖς πρῶτον τὴν μαρτυρίαν, εἶτα τὸ προβούλευμα. Μαρτυρία. Προβούλευμα. Ἐνταῦθ' οὔτ' ἔπαινος οὔτε κλῆσις εἰς τὸ πρυτανεῖόν ἐστι τῶν πρέσβεων ὑπὸ τῆς βουλῆς. Εἰ δέ φησιν οὗτος, δειξάτω καὶ παρασχέσθω, κἀγὼ καταβαίνω. Ἀλλ' οὐκ ἔστιν. Εἰ μὲν τοίνυν ταὐτὰ πάντες ἐπρεσβεύομεν, δικαίως οὐδέν' ἐπῄνεσεν βουλή· δεινὰ γὰρ τὰ πεπραγμένα πᾶσιν· εἰ δ' οἱ μὲν τὰ δίκαι' ἔπραττον ἡμῶν, οἱ δὲ τἀναντία, διὰ τοὺς πεπονηρευμένους, ὡς ἔοικε, τοῖς ἐπιεικέσι συμβεβηκὸς ἂν εἴη ταύτης τῆς ἀτιμίας μετεσχηκέναι. (33) Πῶς οὖν ῥᾳδίως πάντες εἴσεσθε τίς ποτ' ἔσθ' πονηρός; Ἀναμνήσθητε παρ' ὑμῖν αὐτοῖς τίς ἐσθ' κατηγορῶν τῶν πεπραγμένων ἐξ ἀρχῆς. Δῆλον γὰρ ὅτι τῷ μὲν ἠδικηκότι σιγᾶν ἐξήρκει καὶ διακρουσαμένῳ τὸν παρόντα χρόνον μηκέτ' εἰς λόγον περὶ τῶν πεπραγμένων αὑτὸν καθιστάναι, τῷ δὲ μηδὲν ἑαυτῷ συνειδότι δεινὸν εἰσῄει, εἰ (δεινῶν καὶ) πονηρῶν ἔργων δόξει κοινωνεῖν τῷ σιωπῆσαι. Εἰμὶ τοίνυν κατηγορῶν ἐξ ἀρχῆς ἐγὼ τούτων, τούτων δ' οὐδεὶς ἐμοῦ. (34) μὲν τοίνυν βουλὴ ταῦτα προὐβεβουλεύκει, τῆς δ' ἐκκλησίας γιγνομένης καὶ τοῦ Φιλίππου παρόντος ἐν Πύλαις ἤδη--ἦν γὰρ τοῦτο πρῶτον ἁπάντων τῶν ἀδικημάτων, τὸ τὸν Φίλιππον ἐπιστῆσαι τοῖς πράγμασι τούτοις καὶ δέον ὑμᾶς ἀκοῦσαι περὶ τῶν πραγμάτων, εἶτα βουλεύσασθαι, μετὰ ταῦτα δὲ πράττειν τι δόξαι, ἅμ' ἀκούειν κἀκεῖνον παρεῖναι καὶ μηδ' τι χρὴ ποιεῖν ῥᾴδιον εἰπεῖν εἶναι. (35) Πρὸς δὲ τούτοις τοῦτο μὲν οὐδεὶς ἀνέγνω τῷ δήμῳ τὸ προβούλευμα, οὐδ' ἤκουσεν δῆμος, ἀναστὰς δ' οὗτος ἐδημηγόρει ταῦθ' διεξῆλθον ἄρτι πρὸς ὑμᾶς ἐγώ, τὰ πολλὰ καὶ μεγάλ' ἀγαθά, πεπεικὼς ἔφη τὸν Φίλιππον ἥκειν καὶ διὰ τοῦτο χρήμαθ' ἑαυτῷ τοὺς Θηβαίους ἐπικεκηρυχέναι. Ὥσθ' ὑμᾶς, ἐκπεπληγμένους τῇ παρουσίᾳ τὸ πρῶτον τῇ τοῦ Φιλίππου καὶ τούτοις ὀργιζομένους ἐπὶ τῷ μὴ προηγγελκέναι, πραοτέρους γενέσθαι τινός, πάνθ' ὅσ' ἐβούλεσθ' ὑμῖν ἔσεσθαι προσδοκήσαντας, καὶ μηδὲ φωνὴν ἐθέλειν ἀκούειν ἐμοῦ μηδ' ἄλλου μηδενός. (36) Καὶ μετὰ ταῦτ' ἀνεγιγνώσκεθ' ἐπιστολὴ παρὰ τοῦ Φιλίππου, ἣν οὗτος ἔγραψ' ἀπολειφθεὶς ἡμῶν, ἄντικρυς οὕτως καὶ διαρρήδην ἀπολογία γεγραμμένη τῶν τούτοις ἡμαρτημένων. Καὶ γὰρ ὡς αὐτὸς κατεκώλυσεν αὐτοὺς βουλομένους ἐπὶ τὰς πόλεις ἰέναι καὶ τοὺς ὅρκους ἀπολαμβάνειν, ἔνεστι, καὶ ὡς, ἵνα συνδιαλλάττωσιν αὐτῷ τοὺς Ἁλέας πρὸς τοὺς Φαρσαλίους, κατέσχεν αὐτούς· καὶ πάντ' ἀναδεχόμενος καὶ εἰς αὑτὸν ποιούμενος τὰ τούτων ἁμαρτήματ' ἐστίν. (37) Ὑπὲρ δὲ Φωκέων καὶ Θεσπιῶν ὧν οὗτος ἀπήγγελλε πρὸς ὑμᾶς, ἀλλ' οὐδὲ μικρόν. Καὶ τοῦτ' οὐκ ἀπὸ ταὐτομάτου τοῦτον ἐπράχθη τὸν τρόπον, ἀλλ' ὑπὲρ μὲν ὧν παρὰ τούτων ὑμᾶς ἔδει δίκην λαμβάνειν οὐ πεποιηκότων οὐδὲ διῳκηκότων οὐδὲν ὧν ὑμεῖς προσετάξατ' ἐν τῷ ψηφίσματι, ἐκεῖνος ἐκδέχεται τὴν αἰτίαν (καί φησιν αὐτὸς αἴτιος γεγενῆσθαι), ὃν οὐκ ἐμέλλεθ' ὑμεῖς, οἶμαι, δυνήσεσθαι κολάσαι· (38) δ' ἐκεῖνος ἐξαπατῆσαι καὶ προλαβεῖν τῆς πόλεως ἐβούλετο, οὗτος ἀπήγγειλεν, ἵνα μηδ' ἐγκαλέσαι μηδὲ μέμψασθαι μηδὲν ὕστερον ὑμεῖς ἔχοιτε Φιλίππῳ, μήτ' ἐν ἐπιστολῇ μήτ' ἄλλοθι μηδαμοῦ τῶν παρ' ἐκείνου τούτων ἐνόντων. Λέγε δ' αὐτοῖς αὐτὴν τὴν ἐπιστολήν, ἣν ἔγραψε μὲν οὗτος, ἔπεμψε δ' ἐκεῖνος· καὶ σκοπεῖθ' ὅτι τοῦτον ἔχει τὸν τρόπον, ὃν διεξελήλυθ' ἐγώ. Λέγε. Ἐπιστολή. (39) Ἀκούετ', ἄνδρες Ἀθηναῖοι, τῆς ἐπιστολῆς, ὡς καλὴ καὶ φιλάνθρωπος. Περὶ δὲ Φωκέων Θηβαίων τῶν ἄλλων ὧν οὗτος ἀπήγγειλεν, οὐδὲ γρῦ. Ταύτης τοίνυν οὐδ' ὁτιοῦν ἐσθ' ὑγιές. Καὶ τοῦτ' αὐτίκα δὴ μάλ' ὑμεῖς ὄψεσθε. Οἱ μὲν γὰρ Ἁλεῖς, οὓς ἵνα συνδιαλλάττωσι κατασχεῖν φησι τούτους, τοιαύτης τετυχήκασι διαλλαγῆς ὥστ' ἐξελήλανται καὶ ἀνάστατος πόλις αὐτῶν γέγονε· τοὺς δ' αἰχμαλώτους σκοπῶν τί ἂν ὑμῖν χαρίσαιτο οὐδέν' ἐνθυμηθῆναί φησι λύσασθαι. [30] car, si, dans le gouvernement, vous employez souvent des hommes méprisables, les intérêts que des peuples confient à l'honneur d'Athènes ne le sont point ; il s'en faut de beaucoup. D'ailleurs, dans ma pensée, le destructeur des Phocidiens est bien Philippe ; mais les députés l'ont secondé. Il faut donc examiner si, en tout ce qui dépendait d'elle, l'ambassade a volontairement perdu et ruiné la Phocide, et non comment la catastrophe de la Phocide eût été l'œuvre du seul Philippe, car cela est impossible. (31) — Prends le décret préliminaire rendu par le Conseil sur mon rapport, et la déposition du citoyen qui l'a porté. — On verra que je ne répudie pas aujourd'hui ma part des événements après m'être tu alors, mais qu'à l'instant même j'accusais et lisais dans l'avenir; on verra que le Conseil, à qui je fis entendre la vérité sans obstacle, n'approuva point la conduite des députés, et ne la jugea pas digne d'une invitation au Prytanée : affront qui, depuis la fondation d'Athènes, n'a été fait à aucun ambassadeur, pas même à ce Timagoras, condamné à mort par le Peuple; (32) affront que ceux-ci ont essuyé. — Lis d'abord la déposition, ensuite le projet de décret. On lit. Il n'y a là ni approbation, ni invitation au Prytanée, de la part du Conseil, pour les députés. Si l'accusé prétend le contraire, qu'il cite, qu'il prouve, et je descends de la tribune: mais il n'en est rien. Si donc nous avons tous tenu la même conduite dans l'ambassade, le Conseil était fondé à refuser à tous son approbation, car tous étaient vraiment très coupables. Mais, si les uns ont agi avec droiture et les autres avec perfidie, il a pu en résulter que les prévaricateurs auront fait partager leur ignominie aux députés intègres. (33) Quel est donc, pour vous tous, le moyen facile de discerner le coupable? Rappelez-vous quel est celui qui, dès le retour, protesta contre tout ce qui s'était fait. Au prévaricateur il suffisait, sans doute, de se taire, de laisser adroitement couler le temps, de ne point se présenter pour répondre sur sa conduite ; mais le député dont la conscience était pure voyait du danger à paraître, par son silence, complice de ces actes odieux et criminels. Or, c'est moi qui, dès le retour, accusais ces hommes ; et aucun d'eux n'a osé m'attaquer. (34) Le Conseil avait donc préparé le décret; le Peuple s'assemble; Philippe était déjà aux Thermopyles, et c'est là le premier crime, d'avoir fait dépendre du Macédonien de si grands intérêts. Eh bien! tandis que vous deviez entendre un rapport sur l'état des choses, ensuite délibérer, exécuter enfin une décision, qu'arrive-t-il? vous apprenez que le prince est là, lorsqu'il n'est plus possible de vous donner un bon conseil. (35) Ce n'est pas tout : personne ne lut au Peuple le projet de décret, le Peuple n'en apprit rien; et l'accusé exposait à la tribune ces brillants, ces nombreux avantages dont je vous entretenais tout à l'heure : c'est là ce qu'il avait persuadé à Philippe, c'est pour cela que les Thébains avaient promis une prime à son meurtrier. Vous donc que l'approche de Philippe avait d'abord effrayés, vous qu'avait irrités le silence de l'ambassade, calmes à l'excès par l'espoir que tout s'arrangerait à votre gré, vous ne voulûtes écouter ni moi, ni aucun autre. (36) On lut ensuite une lettre de Philippe, rédigée à notre insu par Eschine, apologie ouverte et formelle des députés coupables. Il y est dit qu'ils voulaient se rendre dans les villes alliées et recevoir leurs serments ; que Philippe les en a lui-même empêchés, et les a retenus pour l'aider à réconcilier les habitants d'Alos avec ceux de Pharsale. Il se charge enfin de tous leurs délits, et les prend sur son compte. (37) Mais, de la Phocide, de Thespies, de tout ce que l'accusé vous annonçait, pas un mot. Ce n'est pas sans combinaisons qu'il agissait ainsi. Pour la faute des députés que vous deviez punir de n'avoir rempli aucune partie du mandat consigné dans votre décret, c'est sur lui qu'il assume la responsabilité, c'est lui-même qu'il déclare coupable, lui que vos rigueurs, sans doute, ne pouvaient atteindre. (38) Pour les promesses par lesquelles il voulait tromper et surprendre la République, c'est Eschine qui en est l'organe, afin que, par la suite, vous ne puissiez ni accuser ni blâmer Philippe, ne trouvant ces promesses ni dans sa lettre, ni dans rien qui émanât de lui-même. — Lis le texte de la lettre composée par l'accusé et envoyée par le prince, et que l'on examine si les choses sont telles que je les expose. Lis. Lecture de la Lettre de Philippe. (39) Vous entendez, Athéniens : qu'elle est honorable, cette lettre ! que d'humanité ! Sur les Thébains, les Phocidiens, sur les autres articles du rapport de l'accusé, rien ! Non, il n'y a pas là un mot de sincérité ; vous allez le voir à l'instant. Il a retenu, dit-il, vos députés pour réconcilier les Aliens : et quelle réconciliation ceux-ci ont- ils obtenue? Le peuple a été chassé, la ville détruite. Lui, qui épie les moyens de vous obliger, avoue n'avoir pas eu la pensée de racheter les captifs.


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Dernière mise à jour : 22/01/2009