HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Chariton d'Aphrodise, Chéréas et Callirhoé, livre III

Chapitre 10

  Chapitre 10

[3,10] Προστάξας δὲ Φωκᾷ τὰ μὲν ἄλλα τῶν γεγονότων φανερῶς διηγεῖσθαι, δύο δὲ ταῦτα σιγᾶν, τὸ ἴδιον στρατήγημα καὶ ὅτι ἐκ τῆς τριήρους τινὲς ἔτι ζῶσι, παραγίνεται πρὸς Καλλιρόην σκυθρωπός· εἶτα συγκαλέσας πεισθέντα τοὺς ἀγροίκους, ἵνα γυνὴ πυθομένη τὰ συμβάντα βεβαιοτέραν ἤδη λάβῃ περὶ Χαιρέου τὴν ἀπόγνωσιν. ἐλθόντες δὲ διηγοῦντο πάντες ᾔδεσαν, ὅτι "βάρβαροί ποθεν λῃσταὶ νυκτὸς καταδραμόντες ἐνέπρησαν Ἑλληνικὴν τριήρη τῆς προτεραίας ὁρμισθεῖσαν ἐπὶ τῆς ἀκτῆς· καὶ μεθ´ ἡμέραν εἴδομεν αἵματι μεμιγμένον ὕδωρ καὶ νεκροὺς ὑπὸ τῶν κυμάτων φερομένους." ἀκούσασα γυνὴ τὴν ἐσθῆτα περιερρήξατο, κόπτουσα δὲ τοὺς ὀφθαλμοὺς καὶ τὰς παρειὰς ἀνέδραμεν εἰς τὸν οἶκον, ὅπου τὸ πρῶτον εἰσῆλθε πραθεῖσα. Διονύσιος δὲ ἐξουσίαν ἔδωκε τῷ πάθει, φοβούμενος μὴ γένηται φορτικός, ἂν ἀκαίρως παρῇ. πάντας οὖν ἐκέλευσεν ἀπαλλαγῆναι, μόνην δὲ προσεδρεύειν Πλαγγόνα, μή τι ἄρα δεινὸν αὑτὴν ἐργάσηται. Καλλιρόη δὲ ἠρεμίας λαβομένη, χαμαὶ καθεσθεῖσα καὶ κόνιν τῆς κεφαλῆς καταχέασα, τὰς κόμας σπαράξασα τοιούτων ἤρξατο βοῶν "ἐγὼ μὲν προαποθανεῖν συναποθανεῖν ηὐξάμην σοι, Χαιρέα· πάντως δέ μοι κἂν ἐπαποθανεῖν ἀναγκαῖον· τίς γὰρ ἔτι λείπεται ἐλπὶς ἐν τῷ ζῆν με κατέχουσα; δυστυχοῦσα μέχρι νῦν ἐλογιζόμηνὄψομαί ποτε Χαιρέαν καὶ διηγήσομαι αὐτῷ πόσα πέπονθα δι´ ἐκεῖνον· ταῦτά με ποιήσει τιμιωτέραν αὐτῷ. πόσης ἐμπλησθήσεται χαρᾶς, ὅταν ἴδῃ τὸν υἱόν.’ ἀνόνητά μοι πάντα γέγονε, καὶ τὸ τέκνον ἤδη περισσόν· προσετέθη γάρ μου τοῖς κακοῖς ὀρφανός. ἄδικε Ἀφροδίτη, σὺ μόνη Χαιρέαν εἶδες, ἐμοὶ δὲ οὐκ ἔδειξας αὐτὸν ἐλθόντα· λῃστῶν χερσὶ παρέδωκας τὸ σῶμα τὸ καλόν· οὐκ ἠλέησας τὸν πλεύσαντα διὰ σέ. τοιαύτῃ θεῷ τίς ἂν προσεύχοιτο, ἥτις τὸν ἴδιον ἱκέτην ἀπέκτεινας; οὐκ ἐβοήθησας ἐν νυκτὶ φοβερᾷ φονευόμενον ἰδοῦσα πλησίον σου μειράκιον καλόν, ἐρωτικόν· ἀφείλω μου τὸν ἡλικιώτην, τὸν πολίτην, τὸν ἐραστήν, τὸν ἐρώμενον, τὸν νυμφίον. ἀπόδος αὐτοῦ μοι κἂν τὸν νεκρόν. τίθημι ὅτι ἐγεννήθημεν ἡμεῖς ἀτυχέστατοι πάντων· τί δὲ καὶ τριήρης ἠδίκησεν, καὶ βάρβαροι κατέκαυσαν αὐτήν, ἧς οὐκ ἐκράτησαν οὐδὲ Ἀθηναῖοι; νῦν ἡμῶν ἀμφοτέρων οἱ γονεῖς τῇ θαλάσσῃ παρακάθηνται, τὸν ἡμέτερον κατάπλουν περιμένοντες, καὶ ἥτις ἂν ναῦς πόρρωθεν ὀφθῇ, λέγουσιΧαιρέας Καλλιρόην ἄγων ἔρχεται.’ τὴν κοίτην ἡμῖν εὐτρεπίζουσι τὴν νυμφικήν, κοσμεῖται δὲ θάλαμος οἷς ἴδιος οὐδὲ τάφος ὑπάρχει. θάλασσα μιαρά, σὺ καὶ Χαιρέαν εἰς Μίλητον ἤγαγες φονευθῆναι καὶ ἐμὲ πραθῆναι." [3,10] Il ordonna à Phocas de raconter à tout le monde ce qui s'était passé, et de taire seulement deux points : son propre stratagème et le fait que, de la trière, il y avait des survivants; puis il alla trouver Callirhoé, l'air sombre. Après quoi, il fit venir les villageois, afin que la jeune femme, en apprenant ce qui était arrivé, n'eût désormais aucune raison d'espoir pour Chéréas. Les paysans vinrent donc raconter ce qu'ils savaient, que des «pirates barbares, pendant la nuit, avaient attaqué et incendié une trière grecque mouillée la veille à la pointe; avec le jour, nous avons vu l'eau rouge de sang et des cadavres entraînés par les vagues ». En apprenant cela, la jeune femme déchira ses vêtements, se frappa les yeux et les joues et s'enfuit en courant dans la chambre où elle avait été mise la première fois lorsqu'elle avait été vendue. Dionysios laissa libre cours à sa douleur, craignant d'être importun s'il se montrait mal à propos. Il fit donc retirer tout le monde et dit à la seule Plangon de rester avec elle, de peur qu'elle ne commît quelque attentat contre elle-même. Callirhoé, une fois seule, se jeta par terre, répandit de la poussière sur sa tête, délia ses cheveux et commença de gémir ainsi : « Je souhaitais, ô Chéréas, mourir avant toi ou du moins avec toi; et maintenant, il me faut mourir après toi. Car, quelle espérance désormais me reste-t-il qui me retienne en vie ? Dans mon malheur, jusqu'ici, je me disais : « Je reverrai un jour Chéréas et je lui raconterai tout ce que j'ai souffert pour lui; et cela me rendra plus chère à son coeur. De quelle joie il sera rempli lorsqu'il verra son fils! » Mais tout cela est maintenant vain et mon enfant même est de trop. A mes malheurs s'ajoute cet orphelin. Injuste Aphrodite, tu es seule à avoir vu Chéréas, mais, à moi, tu ne me l'as pas montré, lorsqu'il est venu. Tu as livré aux mains des barbares ce beau corps; tu n'as pas eu pitié de lui, qui avait pris la mer à cause de toi. Qui pourrait prier une déesse comme toi, toi qui as tué ton propre suppliant! Tu n'es pas venue à son secours, en voyant, dans cette nuit terrible, massacrer près de toi un jeune homme beau et amoureux. Tu m'as enlevé mon camarade, mon concitoyen, mon amant, celui que j'aime, mon fiancé. Rends-moi au moins son cadavre. Je sais bien que nous sommes nés les plus malheureux de tous les hommes; mais quel crime avait commis la trière, pour que les barbares l'aient incendiée, elle dont même les Athéniens n'avaient pu s'emparer ? Maintenant, nos parents à tous deux sont assis sur le rivage et attendent notre retour et, à chaque navire qui apparaît au loin, ils disent : « C'est Chéréas qui revient, amenant Callirhoé. » Ils préparent notre lit de noces, l'on orne une chambre pour des malheureux qui n'ont même pas un tombeau à eux. O mer cruelle, c'est toi qui as emmené Chéréas à Milet pour qu'il y fût massacré, et moi, pour y être vendue! »


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Dernière mise à jour : 23/05/2006