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Du texte à l'hypertexte

APPIEN d'Alexandrie, Histoire romaine - Les guerres civiles, livre I

Chapitre 43-44

  Chapitre 43-44

[1,43] 43. Ῥουτίλιος δὲ ὕπατος καὶ Γάιος Μάριος ἐπὶ τοῦ Λίριος ποταμοῦ γεφύρας ἐς διάβασιν ἐξ οὐ πολλοῦ διαστήματος ἀπ' ἀλλήλων ἐπήγνυντο· καὶ Οὐέττιος Σκάτων αὐτοῖς ἀντεστρατοπέδευε παρὰ τὴν Μαρίου μάλιστα γέφυραν ἔλαθέ τε νυκτὸς περὶ τὴν Ῥουτιλίου γέφυραν λόχους ἐν φάραγξιν ἐνεδρεύσας. Ἅμα δ' ἕῳ τὸν Ῥουτίλιον διελθεῖν ὑπεριδὼν ἀνέστησε τὰς ἐνέδρας καὶ πολλοὺς μὲν ἔκτεινεν ἐπὶ τοῦ ξηροῦ, πολλοὺς δ' ἐς τὸν ποταμὸν κατῶσεν· τε Ῥουτίλιος αὐτὸς ἐν τῷδε τῷ πόνῳ βέλει τρωθεὶς ἐς τὴν κεφαλὴν μετ' ὀλίγον ἀπέθανε. Καὶ Μάριος, ἐπὶ τῆς ἑτέρας ὢν γεφύρας τὸ συμβὰν ἐκ τῶν φερομένων κατὰ τὸ ῥεῦμα σωμάτων εἰκάσας τοὺς ἐν ποσὶν ὤσατο καὶ τὸ ῥεῦμα περάσας τὸν χάρακα τοῦ Σκάτωνος ὑπ' ὀλίγων φυλαττόμενον εἷλεν, ὥστε τὸν Σκάτωνα νυκτερεῦσαί τε, ἔνθαπερ ἐνίκησε, καὶ ἀποροῦντα ἀγορᾶς ἀναζεῦξαι περὶ τὴν ἕω. Ῥουτιλίου δὲ τοῦ σώματος καὶ πολλῶν ἄλλων ἐπιφανῶν ἐπὶ ταφὴν ἐς Ῥώμην ἐνεχθέντων τε ὄψις ἀηδὴς ἦν ὑπάτου καὶ τοσῶνδε ἄλλων ἀνῃρημένων καὶ πολυήμερον ἐπὶ τῷδε πένθος ἠγέρθη. Καὶ ἀπὸ τοῦδε βουλὴ τοὺς ἀποθνῄσκοντας ἐν τοῖς πολέμοις ἔκρινεν, ἔνθαπερ ἂν θάνωσι, θάπτεσθαι, τοῦ μὴ τοὺς λοιποὺς ἐκ τῆς ὄψεως ἀποτρέπεσθαι τῶν στρατειῶν. Τὸ δ' αὐτὸ καὶ οἱ πολέμιοι πυθόμενοι περὶ σφῶν ἐψηφίσαντο. [1,43] 43. D'un autre côté, le consul Rutilius et Caius Marius jetèrent sur le fleuve Liris deux ponts à une petite distance l'un de l'autre, pour le passer. Vétius Scaton vint camper auprès d'eux, du côté du pont le plus voisin de Marius; et, la nuit, il plaça dans quelques ravins des troupes en embuscade, du côté du pont de Rutilius. Au point du jour, après que Scaton eut laissé passer le fleuve à Rutilius, il découvrit son embuscade, massacra plusieurs de ceux qui étaient déjà passés, et culbuta les autres dans le fleuve. Au milieu de cet échec, Rutilius lui-même fut blessé d'un coup de flèche à la tête, et mourut de sa blessure bientôt après. Marius, qui était près de l'autre pont, jugeant de ce qui s'était passé par les cadavres qu'emportaient les eaux du Liris, fit marcher ce qu'il avait de troupes, passa le fleuve, et s'empara du camp de Scaton, qui n'était gardé que par peu de monde : de manière que Scaton fut obligé de coucher sur le champ de bataille où il avait vaincu, et de se retirer dès le point du jour, faute de vivres. Le corps de Rutilius et celui de plusieurs autres patriciens furent rapportés à Rome pour y recevoir les honneurs funèbres. Le spectacle du consul et de tant d'autres morts répandit beaucoup de tristesse et plongea Rome dans un deuil de plusieurs jours. Le sénat en prit occasion de faire un sénatus-consulte, portant qu'à l'avenir ceux qui périraient dans les expéditions militaires seraient inhumés dans les lieux où ils se trouveraient, pour éviter que l'aspect de leurs funérailles ne dégoûtât les autres citoyens du métier des armes. Aussitôt que les alliés eurent connaissance de cette mesure, ils l'adoptèrent.
[1,44] VI. 44. Ῥουτιλίῳ μὲν δὴ διάδοχος ἐπὶ τὸ λοιπὸν τοῦ ἔτους οὐκ ἐγένετο, Σέξστου Καίσαρος οὐκ ἀγαγόντος σχολὴν διαδραμεῖν ἐπὶ ἀρχαιρέσια ἐς Ῥώμην· τῆς δ' ὑπ' αὐτῷ στρατιᾶς βουλὴ προσέταξεν ἄρχειν Γάιόν τε Μάριον καὶ Κόιντον Καιπίωνα. Τούτῳ τῷ Καιπίωνι Κόιντος Ποπαίδιος ἀντιστράτηγος οἷά τις αὐτόμολος προσέφυγεν, ἄγων καὶ διδοὺς ἐνέχυρον δύο βρέφη δοῦλα, καθάπερ υἱεῖς, ἐσκευασμένα ἐσθῆσι περιπορφύροις· ἐς δὲ πίστιν ἔφερε καὶ μάζας ἐκ μολύβδου, χρυσῷ καὶ ἀργύρῳ περιβεβλημένας· καὶ ἐδεῖτο κατὰ σπουδὴν αὑτῷ τὸν Καιπίωνα ἕπεσθαι μετὰ τῆς στρατιᾶς ὡς καταληψόμενον αὑτοῦ τὸ στρατόπεδον ἔρημον ἔτι ἄρχοντος. Καιπίων μὲν δὴ πειθόμενος εἵπετο, Ποπαίδιος δὲ πλησίον τῆς ἐσκευασμένης ἐνέδρας γενόμενος ἀνέδραμεν ἔς τινα λόφον ὡς κατοψόμενος τοὺς πολεμίους καὶ σημεῖον αὐτοῖς ἐπῇρεν. Οἱ δὲ ἐκφανέντες αὐτόν τε Καιπίωνα καὶ πολλοὺς σὺν αὐτῷ κατέκοψαν· καὶ τὸ λοιπὸν τῆς στρατιᾶς Καιπίωνος σύγκλητος Μαρίῳ προσέζευξεν. [1,44] 44. On ne donna point à Rutilius de successeur pour le reste de l'année, parce que Sextus César n'eut pas le loisir de se rendre à Rome pour la nouvelle élection des consuls. Le sénat déféra le commandement des troupes de Rutilius à Caius Marius et à Quintus Caepio. Quintus Popaedius, l'un des chefs des alliés, chargé de faire face à Caepio, se donna l'air d'un transfuge qui venait embrasser le parti des Romains. Il envoya pour otages à Caepio, comme s'ils eussent été ses propres enfants, deux enfants d'esclave qu'il avait fait habiller de pourpre ; et, pour lui inspirer plus de confiance, il fit remettre en son pouvoir des masses de plomb couvertes de plaques d'or et d'argent. Cela fait, il invita Caepio à le suivre sur-le-champ avec son armée, pour surprendre ses propres troupes, pendant qu'elles étaient encore dépourvues de chef. Caepio, tout à fait convaincu, se mit en effet en marche. Aussitôt que Popaedius fût proche de l'embuscade qu'il avait préparée, il se détacha, soins prétexte de monter sur une éminence pour observer les ennemis, et il donna aux siens le signal convenu. Ceux-ci se montrèrent à découvert, tombèrent sur Caepio qui fut tué, et qui perdit beaucoup de monde. Le reste de ses troupes passa, par ordre du sénat, sous le commandement de Marius.


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Dernière mise à jour : 13/04/2006