[7,7,6] Ἐφεξῆς δὲ τὸ στόμα τοῦ Ἀμβρακικοῦ κόλπου· τούτου δὲ τοῦ κόλπου τὸ μὲν
στόμα μικρῷ τοῦ τετρασταδίου μεῖζον, ὁ δὲ κύκλος καὶ τριακοσίων σταδίων,
εὐλίμενος δὲ πᾶς. Οἰκοῦσι δὲ τὰ μὲν ἐν δεξιᾷ εἰσπλέουσι τῶν Ἑλλήνων
Ἀκαρνᾶνες, καὶ ἱερὸν τοῦ Ἀκτίου Ἀπόλλωνος ἐνταῦθά ἐστι πλησίον τοῦ
στόματος, λόφος τις, ἐφ' ᾧ ὁ νεώς, καὶ ὑπ' αὐτῷ πεδίον ἄλσος ἔχον καὶ νεώρια,
ἐν οἷς ἀνέθηκε Καῖσαρ τὴν δεκαναίαν ἀκροθίνιον, ἀπὸ μονοκρότου μέχρι
δεκήρους· ὑπὸ πυρὸς δ' ἠφανίσθαι καὶ οἱ νεώσοικοι λέγονται καὶ τὰ πλοῖα· ἐν
ἀριστερᾷ δὲ ἡ Νικόπολις καὶ τῶν Ἠπειρωτῶν οἱ Κασσωπαῖοι μέχρι τοῦ μυχοῦ
τοῦ κατὰ Ἀμβρακίαν· ὑπέρκειται δὲ αὕτη τοῦ μυχοῦ μικρόν, Γόργου τοῦ
Κυψέλου κτίσμα· παραρρεῖ δ' αὐτὴν ὁ Ἄρατθος ποταμός, ἀνάπλουν ἔχων ἐκ
θαλάττης εἰς αὐτὴν ὀλίγων σταδίων, ἀρχόμενος ἐκ Τύμφης ὄρους καὶ τῆς
Παρωραίας. Ηὐτύχει μὲν οὖν καὶ πρότερον ἡ πόλις αὕτη διαφερόντως ( τὴν
γοῦν ἐπωνυμίαν ἐντεῦθεν ἔσχηκεν ὁ κόλπος), μάλιστα δ' ἐκόσμησεν αὐτὴν
Πύρρος, βασιλείῳ χρησάμενος τῷ τόπῳ· Μακεδόνες δ' ὕστερον καὶ Ῥωμαῖοι
καὶ ταύτην καὶ τὰς ἄλλας κατεπόνησαν τοῖς συνεχέσι πολέμοις διὰ τὴν
ἀπείθειαν, ὥστε τὸ τελευταῖον ὁ Σεβαστὸς ὁρῶν ἐκλελειμμένας τελέως τὰς
πόλεις εἰς μίαν συνῴκισε τὴν ὑπ' αὐτοῦ κληθεῖσαν Νικόπολιν ἐν τῷ κόλπῳ
τούτῳ, ἐκάλεσε δ' ἐπώνυμον τῆς νίκης, ἐν ᾗ κατεναυμάχησεν Ἀντώνιον πρὸ
τοῦ στόματος τοῦ κόλπου καὶ τὴν Αἰγυπτίων βασίλισσαν Κλεοπάτραν,
παροῦσαν ἐν τῷ ἀγῶνι καὶ αὐτήν. Ἡ μὲν οὖν Νικόπολις εὐανδρεῖ καὶ
λαμβάνει καθ' ἡμέραν ἐπίδοσιν, χώραν τε ἔχουσα πολλὴν καὶ τὸν ἐκ τῶν λα
φύρων κόσμον, τό τε κατασκευασθὲν τέμενος ἐν τῷ προαστείῳ τὸ μὲν εἰς τὸν
ἀγῶνα τὸν πεντετηρικὸν ἐν ἄλσει ἔχοντι γυμνάσιόν τε καὶ στάδιον, τὸ δ' ἐν τῷ
ὑπερκειμένῳ τοῦ ἄλσους ἱερῷ λόφῳ τοῦ Ἀπόλλωνος. Ἀποδέδεικται δ' ὁ ἀγὼν
Ὀλύμπιος, τὰ Ἄκτια, ἱερὸς τοῦ Ἀκτίου Ἀπόλλωνος, τὴν δ' ἐπιμέλειαν ἔχουσιν
αὐτοῦ Λακεδαιμόνιοι. Αἱ δ' ἄλλαι κατοικίαι περιπόλιοι τῆς Νικοπόλεώς εἰσιν.
Ἤγετο δὲ καὶ πρότερον τὰ Ἄκτια τῷ θεῷ, στεφανίτης ἀγών, ὑπὸ τῶν
περιοίκων· νυνὶ δ' ἐντιμότερον ἐποίησεν ὁ Καῖσαρ.
| [7,7,6] Suit l'entrée même du golfe Ambracique, canal qui n'a guère plus de
quatre stades de large : quant au golfe, il mesure 300 stades de circuit
et offre partout d'excellents ports ou abris. A droite de l'entrée habitent
les Grecs Acarnanes. Du même côté, tout près de l'ouverture du golfe,
est le temple d'Apollon Actien. Le temple proprement dit est bâti sur
une colline ; mais au-dessous dans la plaine, il y a le bois sacré et
l'arsenal, où César consacra naguère cette fameuse décanée,
j'entends ces dix vaisseaux de tout rang, depuis la galère à un seul
rang de rames jusqu'à la galère décirème, prélevés par lui sur son
butin, mais qu'un incendie, assure-t-on, a détruits avec les cales qui les
contenaient. A gauche de l'entrée est Nicopolis : tout ce côté du golfe
jusqu'au dernier enfoncement voisin d'Ambracie est habité par les
Epirotes Cassopéens. La ville d'Ambracie est située tout au fond du
golfe, à une faible distance au-dessus du rivage ; elle a eu pour
fondateur Gorgus, fils de Cypsélus. Sous ses murs passe le fleuve
Arathus, qui se laisse aisément remonter depuis la mer, la distance
jusque-là n'étant que de quelques stades. Ce fleuve prend sa source
au mont Tymphé, dans la Parorée. Ambracie, à une époque fort
ancienne, était déjà extrêmement florissante (il le faut bien pour qu'elle
ait donné son nom au golfe), mais ses embellissements datent surtout
du règne de Pyrrohus qui en avait fait sa résidence habituelle. Plus
tard, malheureusement, elle eut ainsi que les autres villes de l'Epire,
beaucoup à souffrir des Macédoniens et des Romains, s'étant trouvée
engagée dans des guerres continuelles contre ces peuples par
l'insubordination de ses habitants. Enfin Auguste eut l'idée, en voyant
toutes ces villes d'Epire dans un état complet d'abandon, de les fondre
en une ville nouvelle, qu'il bâtit sur le golfe même et qu'il nomma
Nicopolis, en commémoration de la victoire navale remportée par lui à
l'entrée du golfe sur la flotte d'Antoine et sur celle de la reine d'Egypte,
Cléopâtre, qui assistait en personne à la bataille. Nicopolis est déjà
très peuplée et s'accroît de jour en jour, car elle dispose de terrains
considérables et emprunte beaucoup d'éclat tant aux riches dépouilles
dont elle est ornée qu'à la présence de deux temples situés dans son
faubourg même et bâti, le premier, au milieu d'un bois qui contient en
même temps le gymnase et le stade destinés à la célébration des jeux
quinquennaux ; et le second, au haut de la colline qui domine ce bois
et qui est tout entière consacrée à Apollon. Ces jeux, connus sous le
nom d'Actiaques et célébrés en l'honneur d'Apollon Actien, ont été
déclarés Olympiques et l'intendance en a été confiée aux
Lacédémoniens. Ajoutons que les différentes localités qui entourent
Nicopolis dépendent d'elle. Il y a longtemps déjà que les Actiaques
existent en l'honneur d'Apollon ; mais c'était autrefois de simples jeux
stéphanites, célébrés par les populations d'alentour, tandis
qu'aujourd'hui, grâce à la munificence de César, leur importance a été
singulièrement augmentée.
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