[4,2,3] 3. Ἀρουέρνοι δὲ ἵδρυνται μὲν ἐπὶ τῷ Λείγηρι· μητρόπολις δ' αὐτῶν ἐστι
Νεμωσσὸς ἐπὶ τῷ ποταμῷ κειμένη. Ῥυεὶς δ' οὗτος παρὰ Κήναβον, τὸ τῶν
Καρνούτων ἐμπόριον κατὰ μέσον που τὸν πλοῦν συνοικούμενον, ἐκβάλλει
πρὸς τὸν ὠκεανόν. Τῆς δυνάμεως δὲ τῆς πρότερον Ἀρουέρνοι μέγα τεκμήριον
παρέχονται τὸ πολλάκις πολεμῆσαι πρὸς Ῥωμαίους, τοτὲ μὲν μυριάσιν εἴκοσι,
πάλιν δὲ διπλασίαις. Τοσαύταις γὰρ πρὸς Καίσαρα τὸν θεὸν διηγωνίσαντο
μετὰ Ὀυερκιγγετόριγος, πρότερον δὲ καὶ εἴκοσι πρὸς Μάξιμον τὸν Αἰμιλιανόν,
καὶ πρὸς Δομίτιον δ' ὡσαύτως Ἀηνόβαρβον. Πρὸς μὲν οὖν Καίσαρα περί τε
Γεργοουίαν πόλιν τῶν Ἀρουέρνων, ἐφ' ὑψηλοῦ ὄρους κειμένην, συνέστησαν οἱ
ἀγῶνες, ἐξ ἧς ἦν ὁ Ὀυερκιγγέτοριξ· καὶ (ὁ) περὶ Ἀλησίαν πόλιν Μανδουβίων,
ἔθνους ὁμόρου τοῖς Ἀρουέρνοις, καὶ ταύτην ἐφ' ὑψηλοῦ λόφου κειμένην,
περιεχομένην δ' ὄρεσι καὶ ποταμοῖς δυσίν, ἐν ᾗ καὶ ἑάλω ὁ ἡγεμών, καὶ ὁ
πόλεμος τέλος ἔσχε· πρὸς δὲ Μάξιμον Αἰμιλιανὸν κατὰ τὴν συμβολὴν τοῦ τ'
Ἴσαρος καὶ τοῦ Ῥοδανοῦ, καθ' ἣν καὶ τὸ Κέμμενον ὄρος πλησιάζει τῷ Ῥοδανῷ·
πρὸς δὲ Δομίτιον κατωτέρω ἔτι κατὰ τὴν συμβολὴν τοῦ τε Σούλγα καὶ τοῦ
Ῥοδανοῦ. Διέτειναν δὲ τὴν ἀρχὴν οἱ Ἀρουέρνοι καὶ μέχρι Νάρβωνος καὶ τῶν
ὅρων τῆς Μασσαλιώτιδος, ἐκράτουν δὲ καὶ τῶν μέχρι Πυρήνης ἐθνῶν καὶ
μέχρι ὠκεανοῦ καὶ Ῥήνου. Βιτυίτου δέ, τοῦ πρὸς τὸν Μάξιμον καὶ τὸν Δομίτιον
πολεμήσαντος, ὁ πατὴρ Λουέριος τοσοῦτον πλούτῳ λέγεται καὶ τρυφῇ
διενεγκεῖν, ὥστε ποτὲ ἐπίδειξιν ποιούμενος τοῖς + φίλοις τῆς εὐπορίας ἐπ'
ἀπήνης φέρεσθαι διὰ πεδίου, χρυσοῦ νόμισμα καὶ ἀργύρου δεῦρο κἀκεῖσε
διασπείρων, ὥστε συλλέγειν ἐκείνους ἀκολουθοῦντας.
| [4,2,3] 3. C'est dans le voisinage du Liger que sont établis les Arvernes :
ce fleuve baigne les murs de Nemossus, leur capitale, puis il passe à
Cenabum, principal emporium ou marché des Carnutes, dont
l'emplacement marque à peu près le milieu de son cours, pour se
diriger de là vers l'Océan où il se jette. Ce qui peut donner une haute
idée de l'ancienne puissance des Arvernes, c'est qu'ils se sont
mesurés à plusieurs reprises avec les Romains et leur ont opposé des
armées fortes de 200.000 hommes, voire même du double, car l'armée
avec laquelle Vercingétorix combattit le divin César était bien de 400.000
hommes. Dejà auparavant, ils avaient combattu au nombre de 200.000
et contre Maximus Aemilianus, et contre Domitius Ahenobarbus.
Avec César, la lutte s'engagea d'abord devant Gergovia, ville des
Arvernes, bâtie au sommet d'une haute montagne et patrie de
Vercingétorix; elle recommença sous les murs d'Alesia, ville
appartenant aux Mandubiens, nation limitrophe des Arvernes, et
située, comme Gergovia, au haut d'une colline très élevée, avec
d'autres montagnes et deux rivières autour d'elle; mais le chef gaulois
y fut fait prisonnier, ce qui mit fin à la guerre. Quant à la lutte contre
Maximus Aemilianus, elle avait eu lieu près du confluent de l'Isar et du
Rhône, lequel en cet endroit, touche presque à la chaîne des monts
Cemmènes; et c'est plus bas, au confluent du Sulgas et du Rhône, que
s'était livrée la bataille contre Domitius. Ajoutons que les Arvernes, non
contents d'avoir reculé les limites de leur territoire jusqu'à Narbonne et
aux confins de la Massaliotide, étaient arrivés à dominer sur la Gaule
entière, depuis le mont Pyréné jusqu'à l'Océan et au Rhin. Enfin le fait
suivant peut donner une idée de l'opulence et du faste de Luerius,
père de ce fameux chef, Bituit, qui livra bataille à Maximus et à
Domitius : pour faire montre de sa richesse aux yeux du peuple, il
aimait à se promener en char dans la campagne en jetant de droite et
de gauche sur son passage des pièces d'or et d'argent, que ramassait
la foule empressée à le suivre.
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