Texte grec :
| [10b,13] Τὴν δὲ Κεφαλληνίαν τετράπολιν οὖσαν οὔτ' αὐτὴν εἴρηκε τῷ νῦν ὀνόματι οὔτε τῶν
πόλεων οὐδεμίαν, πλὴν μιᾶς εἴτε Σάμης εἴτε Σάμου, ἣ νῦν μὲν οὐκέτ' ἐστίν, ἴχνη δ' αὐτῆς
δείκνυται κατὰ μέσον τὸν πρὸς Ἰθάκῃ πορθμόν· οἱ δ' ἀπ' αὐτῆς Σαμαῖοι καλοῦνται· αἱ δ'
ἄλλαι καὶ νῦν εἰσὶν ἔτι μικραὶ πόλεις τινές, {Παλεῖς} Πρώνησος καὶ Κράνιοι. Ἐφ' ἡμῶν δὲ καὶ
ἄλλην προσέκτισε Γάιος Ἀντώνιος, ὁ θεῖος Μάρκου Ἀντωνίου, ἡνίκα φυγὰς γενόμενος μετὰ
τὴν ὑπατείαν, ἣν συνῆρξε Κικέρωνι τῷ ῥήτορι, ἐν τῇ Κεφαλληνίᾳ διέτριψε καὶ τὴν ὅλην
νῆσον ὑπήκοον ἔσχεν ὡς ἴδιον κτῆμα· οὐκ ἔφθη μέντοι συνοικίσας, ἀλλὰ καθόδου τυχὼν
πρὸς ἄλλοις μείζοσιν ὢν κατέλυσε τὸν βίον.
|
|
Traduction française :
| [10b,13] Quant à Céphallénie, l'île aux quatre villes, elle n'est pas mentionnée dans
Homère sous son nom actuel ; de ses quatre villes, une seule aussi figure dans les vers
du poète. C'est celle qu'il nomme tantôt Samos, tantôt Samé. Cette ville n'existe plus
aujourd'hui, mais on en voit encore quelques vestiges debout vers le milieu de la côte
qui longe le canal ou détroit d'Ithaque. Ses habitants étaient connus sous le nom de
Samaeens. Les trois autres villes en revanche subsistent encore ; seulement, ce sont de
fort petites places : elles se nomment {Palées}, Pronèse et Cranii. De nos jours on en a
vu une autre s'élever à côté d'elles. C'était C. Antonius, oncle de Marc-Antoine, qui
présidait à l'entreprise : banni de Rome, comme il venait d'exercer le consulat avec
Cicéron, l'illustre orateur, il s'était réfugié à Céphallénie, et n'avait pas tardé à s'y créer
une véritable souveraineté, ayant fait de l'île entière en quelque sorte sa propriété. Il
n'eut pas le temps cependant d'achever son oeuvre, il obtint son rappel auparavant, et,
de retour à Rome, y préludait déjà à des desseins plus vastes quand la mort vint le
surprendre.
|
|