HODOI ELEKTRONIKAI
Corpora

Strabon, Geographica, livre X-2

Μυρτούντιον



Texte grec :

[10b,12] Καὶ τοῦτο δὲ δοκεῖ ὑπεναντιότητά τινα δηλοῦν Αὐτὴ δὲ χθαμαλὴ πανυπερτάτη εἰν ἁλὶ κεῖται. Χθαμαλὴ μὲν γὰρ ἡ ταπεινὴ καὶ χαμηλή, πανυπερτάτη δὲ ἡ ὑψηλή, οἵαν διὰ πλειόνων σημαίνει, Κραναὴν καλῶν· καὶ τὴν ὁδὸν τὴν ἐκ τοῦ λιμένος Τρηχεῖαν ἀταρπὸν χῶρον ἀν' ὑλήεντα καί Οὐ γάρ τις νήσων εὐδείελος, οὐδ' εὐλείμων, αἵ θ' ἁλὶ κεκλίαται· Ἰθάκη δέ τε καὶ περὶ πασέων. Ἔχει μὲν οὖν ἀπεμφάσεις τοιαύτας ἡ φράσις, ἐξηγοῦνται δὲ οὐ κακῶς· οὔτε γὰρ χθαμαλὴν δέχονται ταπεινὴν ἐνταῦθα, ἀλλὰ πρόσχωρον τῇ ἠπείρῳ ἐγγυτάτω οὖσαν αὐτῆς· οὔτε πανυπερτάτην ὑψηλοτάτην ἀλλὰ πανυπερτάτην πρὸς ζόφον, οἷον ὑπὲρ πάσας ἐσχάτην τετραμμένην πρὸς ἄρκτον· τοῦτο γὰρ βούλεται λέγειν τὸ πρὸς ζόφον, τὸ δ' ἐναντίον πρὸς νότον Αἱ δέ τ' ἄνευθε πρὸς ἠῶ τ' ἠέλιόν τε. Τὸ γὰρ ἄνευθε πόρρω καὶ χωρὶς ἔστιν, ὡς τῶν μὲν ἄλλων πρὸς νότον κεκλιμένων καὶ ἀπωτέρω τῆς ἠπείρου, τῆς δ' Ἰθάκης ἐγγύθεν καὶ πρὸς ἄρκτον. Ὅτι δ' οὕτω λέγει τὸ νότιον μέρος καὶ ἐν τοῖσδε φανερόν Εἴτ' ἐπὶ δεξί' ἴωσι, πρὸς ἠῶ τ' ἠέλιόν τε, εἴτ' ἐπ' ἀριστερὰ τοί γε, ποτὶ ζόφον ἠερόεντα καὶ ἔτι μᾶλλον ἐν τοῖσδε Ὦ φίλοι, οὐ γάρ τ' ἴδμεν, ὅπη ζόφος, οὐδ' ὅπη ἠώς, οὐδ' ὅπη ἠέλιος φαεσίμβροτος εἶσ' ὑπὸ γαῖαν, οὐδ' ὅπη ἀννεῖται. Ἔστι μὲν γὰρ δέξασθαι τὰ τέτταρα κλίματα τὴν ἠῶ δεχομένους τὸ νότιον μέρος, ἔχει τέ τινα τοῦτ' ἔμφασιν· ἀλλὰ βέλτιον τὸ κατὰ τὴν πάροδον τοῦ ἡλίου νοεῖν ἀντιτιθέμενον τῷ ἀρκτικῷ μέρει· ἐξάλλαξιν γάρ τινα τῶν οὐρανίων πολλὴν βούλεται σημαίνειν ὁ λόγος, οὐχὶ ψιλὴν ἐπίκρυψιν τῶν κλιμάτων. Δεῖ γὰρ κατὰ πάντα συννεφῆ καιρόν, ἄν θ' ἡμέρας ἄν τε νύκτωρ συμβῇ, παρακολουθεῖν· τὰ δ' οὐράνια ἐξαλλάττει ἐπὶ πλέον τῷ πρὸς μεσημβρίαν μᾶλλον ἢ ἧττον παραχωρεῖν ἡμᾶς ἢ εἰς τοὐναντίον. Τοῦτο δὲ οὐ δύσεως καὶ ἀνατολῆς ἐγκαλύψεις ποιεῖ ̔καὶ γὰρ αἰθρίας οὔσης συμβαίνεἰ, ἀλλὰ μεσημβρίας καὶ ἄρκτου. Μάλιστα γὰρ ἀρκτικός ἐστιν ὁ πόλος· τούτου δὲ κινουμένου, καὶ ποτὲ μὲν κατὰ κορυφὴν ἡμῖν γινομένου ποτὲ δὲ ὑπὸ γῆς ὄντος, καὶ οἱ ἀρκτικοὶ συμμεταβάλλουσι, ποτὲ δὲ συνεκλείπουσι κατὰ τὰς τοιαύτας παραχωρήσεις, ὥστε οὐκ ἂν εἰδείης ὅπου ἐστὶ τὸ ἀρκτικὸν κλίμα, οὐδ' εἰ ἀρχὴν ἐστίν· εἰ δὲ τοῦτο, οὐδὲ τοὐναντίον ἂν γνοίης. Κύκλος δὲ τῆς Ἰθάκης ἐστὶν ὡς ὀγδοήκοντα σταδίων. Περὶ μὲν Ἰθάκης ταῦτα.

Traduction française :

[10b,12] On se demande enfin si un vers comme celui-ci, «De toutes ces îles l'humble et basse Ithaque est la plus élevée sur la mer» (Od. IX, 25), ne contient pas une contradiction grossière. Comment concilier en effet les deux épithètes chthamalê et panupertatê ? La première, on le sait, ne s'applique qu'à ce qui est bas et rampant ; tandis que la seconde désigne tout lieu élevé, tout lieu semblable à Ithaque, par conséquent, puisque Homère donne en maint endroit de son poème le nom de Cranaé à Ithaque (Od. I, 247 ; XV, 509 XVI, 124 ; XXI, 346), qu'il parle ailleurs du chemin qu'Ulysse prend à la sortie du port comme d'un «Sentier abrupt, montant à travers les bois» (Od. XIV, 1, 2), et qu'ailleurs encore il nous dit : «Dans toutes les îles, dans toutes les terres qui ont la mer a pour ceinture, les riantes prairies et les gras pâturages sont rares, mais nulle part aussi rares qu'à Ithaque» (Ibid. IX, 686). A prendre les mots dans leur sens propre, la contradiction est donc formelle ; en les expliquant, cependant, comme il suit, on résout la difficulté assez heureusement. L'épithète chthamalê, nous dit-on, n'a pas ici le sens de bas, elle indique seulement la proximité de la côte, presque la contiguïté. Panupertatê ne signifie pas non plus très élevée {dans l'acception ordinaire du mot}, mais très élevée vers la région obscure, autrement dit la dernière, la plus septentrionale de toutes ces îles. C'est en effet le côté du nord que le poète désigne par l'expression g-pros g-zophon, vers la région obscure, de même qu'il dira pour désigner le côté opposé, le midi, «Quant aux autres, elles s'écartent et tirent plutôt vers l'aurore et le soleil» (Ibid. IX, 26). Car, s'il emploie dans ce vers le mot aneuthe, lequel implique une idée de séparation et d'éloignement, c'est évidemment pour mieux marquer que ces différentes îles sont d'autant plus méridionales qu'elles s'éloignent davantage du continent, et que l'île d'Ithaque, qui est au contraire fort rapprochée de la côte, se trouve située en même temps bien au nord des autres. Que l'expression g-pros g-êô g-t'êelion g-te, dans Homère, signifie réellement le côté du midi, la chose ressort du passage suivant : «Soit qu'ils volent à droite, du côté de l'aurore et du soleil, soit qu'ils gagnent à gauche la région obscure du ciel...» (Il. XII, 239) ; et mieux encore de celui-ci : «Amis, puisque nous ignorons et le côté de la nuit et le côté de l'aurore, et le point de l'horizon, où le soleil, ce flambeau des humains, descend au-dessous de la terre, et le point où il reparaît pour s'élever de nouveau au-dessus de nous...» (Od. X, 190). A la rigueur même, on pourrait dans ce dernier passage reconnaître la mention des quatre climats, l'expression g-tên g-êô étant censée désigner à elle seule le midi, mais, bien que cette interprétation ait quelque chose de spécieux, nous aimons mieux croire que l'intention du poète a été simplement d'opposer la portion du ciel où se meut le soleil à la portion arctique ou septentrionale, d'autant que le discours {du héros} fait allusion évidemment à un changement considérable dans les apparences célestes et non à une circonstance aussi simple que {la difficulté où l'on est de s'orienter} quand les climats se dérobent à la vue. Toutes les fois en effet que le ciel est sombre, soit le jour, soit la nuit, la même difficulté se reproduit forcément, tandis qu'un changement considérable dans les apparences célestes suppose que l'observateur s'est avancé plus ou moins loin vers le midi ou dans la direction opposée, mais sans perdre de vue, pour peu que le temps soit clair, le levant et le couchant. Le midi et le nord seuls peuvent dans ce déplacement disparaître à ses yeux. Le pôle, qui est le point le plus arctique, se mouvant alors avec l'observateur, et se trouvant placé soit au-dessus de sa tête, soit au-dessous de l'horizon, les cercles arctiques varient pareillement et vont jusqu'à disparaître tout à fait, auquel cas l'observateur ne sait plus où est le climat arctique, voire s'il y en a uni, ni par conséquent où se trouve le climat opposé. Nous terminerons ce qui est relatif à Ithaque, en disant que sa circonférence est de {2}80 stades environ.





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Dernière mise à jour : 22/05/2008