Texte grec :
| [10b,11] Αὐτίκα γὰρ ἐπὶ τῆς Ἰθάκης ὅταν φῇ
Οἵ ῥ' Ἰθάκην εἶχον καὶ Νήριτον εἰνοσίφυλλον,
ὅτι μὲν τὸ Νήριτον ὄρος λέγει τῷ ἐπιθέτῳ δηλοῖ. Ἐν ἄλλοις δὲ καὶ ῥητῶς ὄρος
Ναιετάω δ' Ἰθάκην εὐδείελον· ἐν δ' ὄρος αὐτῇ,
Νήριτον εἰνοσίφυλλον ἀριπρεπές.
Ἰθάκην δ' εἴτε τὴν πόλιν εἴτε τὴν νῆσον λέγει, οὐ δῆλον ἐν τούτῳ γε τῷ ἔπει
Οἵ ῥ' Ἰθάκην εἶχον καὶ Νήριτον.
Κυρίως μὲν γὰρ ἀκούων τις τὴν πόλιν δέξαιτ' ἄν, ὡς καὶ Ἀθήνας καὶ Λυκαβηττὸν εἴ τις
λέγοι, καὶ Ῥόδον καὶ Ἀτάβυριν, καὶ ἔτι Λακεδαίμονα καὶ Ταύ̈γετον· ποιητικῶς δὲ τοὐναντίον.
Ἐν μέντοι τῷ
Ναιετάω δ' Ἰθάκην εὐδείελον· ἐν δ' ὄρος αὐτῇ
Νήριτον
{δῆλον}· ἐν γὰρ τῇ νήσῳ οὐκ ἐν τῇ πόλει τὸ ὄρος. Ὅταν δὲ οὕτω φῇ
Ἡμεῖς ἐξ Ἰθάκης ὑπὸ Νηίου εἰλήλουθμεν,
ἄδηλον, εἴτε τὸ αὐτὸ τῷ Νηρίτῳ λέγει τὸ Νήιον εἴτε ἕτερον ἢ ὄρος ἢ χωρίον. Ὁ μέντοι
ἀντὶ Νηρίτου γράφων Νήρικον, ἢ ἀνάπαλιν, παραπαίει τελέως· τὸ μὲν γὰρ εἰνοσίφυλλον
καλεῖ ὁ ποιητής, τὸ δ' ἐϋκτίμενον πτολίεθρον, καὶ τὸ μὲν ἐν Ἰθάκῃ, τὸ δ' ἀκτὴν ἠπείροιο.
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Traduction française :
| [10b,11] Mais occupons-nous d'abord d'Ithaque. Quand Homère nous dit :
«Ceux qui habitaient Ithaque et Nérite à la cime verdoyante, toujours agitée par
le vent» (Il. II, 632),
autant il est clair en ce qui concerne Nérite, puisque l'épithète g-einosiphullon qui
accompagne ce nom ne laisse pas douter un seul moment qu'il ne s'agisse là de la
montagne, laquelle se trouve d'ailleurs formellement indiquée dans le passage suivant :
«J'habite la riante et tiède Ithaque ; là s'élève une montagne, à la cime
verdoyante, toujours agitée par le vent : Nérite est son nom, on l'aperçoit de très
loin» (Od. IX, 21),
autant il laisse dans le vague la vraie signification du nom d'Ithaque. Est-ce de la
ville, en effet, est-ce de l'île qu'il a voulu parler ? On ne sait vraiment que décider à cet
égard, touchant le premier passage du moins, puisque l'expression «Ceux qui habitaient
Ithaque et Nérite», qui, prise dans son sens propre, équivaudrait à celles-ci «Athènes et
le Lycabette», «Rhodes et l'Alabyris», «Lacédémone et le Taygète», et désignerait
indubitablement la ville, s'accommode mieux, dans les données du style poétique, de la
signification contraire. A vrai dire, dans le second passage, toute hésitation disparaît, et,
quand on entend ces paroles d'Ulysse :
«J'habite la riante et tiède Ithaque ; là s'élève une montagne, Nérite est son nom...»,
personne ne s'y trompe, la montagne s'élevant dans l'île apparemment, et non pas
dans la ville. Mais avec le vers suivant,
«Le pays d'où nous venons est l'île d'Ithaque que Néion domine» (Od. III, 81),
l'embarras recommence, on se demande si ce nom de Néion a été mis là comme
un équivalent de celui de Nérite, ou s'il désigne quelque autre point de l'île, soit une
montagne, soit une ville.
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