Texte grec :
[9b,40] Ἑξῆς δ´ ὁ ποιητὴς μέμνηται τοῦ τῶν Ὀρχομενίων καταλόγου, χωρίζων
αὐτοὺς ἀπὸ τοῦ Βοιωτιακοῦ ἔθνους. καλεῖ δὲ Μινύειον τὸν Ὀρχομενὸν ἀπὸ
ἔθνους τοῦ Μινυῶν· ἐντεῦθεν δὲ ἀποικῆσαί τινας τῶν Μινυῶν εἰς Ἰωλκόν φασιν,
ὅθεν τοὺς Ἀργοναύτας Μινύας λεχθῆναι. φαίνεται δὲ τὸ παλαιὸν καὶ πλουσία
τις γεγονυῖα πόλις καὶ δυναμένη μέγα· τοῦ μὲν οὖν πλούτου μάρτυς καὶ Ὅμηρος·
διαριθμούμενος γὰρ τοὺς τόπους τοὺς πολυχρηματήσαντάς φησιν „οὐδ´ ὅς´ ἐς
Ὀρχομενὸν ποτινίσσεται, „οὐδ´ ὅσα Θήβας Αἰγυπτίας.“ τῆς δυνάμεως δέ, ὅτι
Θηβαῖοι δασμὸν ἐτέλουν τοῖς Ὀρχομενίοις καὶ Ἐργίνῳ τῷ τυραννοῦντι αὐτῶν, ὃν
ὑφ´ Ἡρακλέους καταλυθῆναί φασιν. Ἐτεοκλῆς δέ, τῶν βασιλευσάντων ἐν
Ὀρχομενῷ τις, Χαρίτων ἱερὸν ἱδρυσάμενος πρῶτος ἀμφότερα ἐμφαίνει, καὶ
πλοῦτον καὶ δύναμιν, ὃς εἴτ´ ἐν τῷ λαμβάνειν χάριτας εἴτ´ ἐν τῷ διδόναι
κατορθῶν εἴτε καὶ ἀμφότερα, τὰς θεὰς ἐτίμησε ταύτας. λέγουσι δὲ τὸ χωρίον,
ὅπερ ἡ λίμνη κατέχει νῦν ἡ Κωπαΐς, ἀνεψῦχθαι πρότερον καὶ γεωργεῖσθαι
παντοδαπῶς ὑπὸ τοῖς Ὀρχομενίοις ὂν πλησίον οἰκοῦσι· καὶ τοῦτ´ οὖν τεκμήριον
τοῦ πλούτου τιθέασι.
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Traduction française :
[9b,40] Suit dans le Catalogue d'Homère une énumération des peuples
orchoméniens complètement distincte et séparée de celle des Béotiens. La
qualification de minyenne donnée par le poète à Orchomène rappelle
l'ancienne race des Minyens. On dit qu'une colonie de ces Minyens
d'Orchomène serait venue jadis s'établir à Iolcos, et que c'est pour cette
raison que les Argonautes sont souvent désignés eux-mêmes sous ce nom de
Minyens.
Orchomène, du reste, paraît avoir formé dès la plus haute antiquité une
cité aussi puissante que riche. Sa richesse déjà nous est attestée par
cette circonstance qu'ayant à citer les lieux de la terre réputés les plus
opulents, Homère s'écrie :
«Ni l'or qui vient s'entasser dans Orchomène, ni celui qui afflue dans la
Thèbes égyptienne» (Il. IX, 381).
Sa puissance l'est aussi par ce fait que les Thébains furent longtemps les
tributaires des Orchoméniens et de leur tyran Erginus, lequel tomba enfin
sous le bras vengeur d'Hercule. Mais ce qui prouve hautement qu'Orchomène
réunissait les deux choses, la richesse et la puissance, c'est que le
premier temple élevé aux Grâces le fut par Etéocle, un de ses rois.
Parvenu au comble de la prospérité, Etéocle avait eu à coeur, apparemment,
de remercier ces déesses ou du bien qu'elles lui avaient fait, ou du bien
qu'elles l'avaient mis à même de faire, ou de ces deux faveurs à la fois.
On assure que l'emplacement actuel du Copaïs formait naguère un terrain
parfaitement sec, dont les Orchoméniens, en leur qualité de proches
voisins, avaient pris possession, et qui par leurs soins s'était couvert
de toute espèce de cultures ; et naturellement cette tradition est
invoquée comme une preuve de plus de l'antique opulence d'Orchomène.
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