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Du texte à l'hypertexte

Plutarque, Vie de Lucullus

Chapitre 42

  Chapitre 42

[42] Σπουδῆς δ´ ἄξια καὶ λόγου τὰ περὶ τὴν τῶν βιβλίων κατασκευήν. καὶ γὰρ πολλὰ καὶ γεγραμμένα καλῶς συνῆγεν, τε χρῆσις ἦν φιλοτιμοτέρα τῆς κτήσεως, ἀνειμένων πᾶσι τῶν βιβλιοθηκῶν, καὶ τῶν περὶ αὐτὰς περιπάτων καὶ σχολαστηρίων ἀκωλύτως ὑποδεχομένων τοὺς Ἕλληνας, ὥσπερ εἰς Μουσῶν τι καταγώγιον ἐκεῖσε φοιτῶντας καὶ συνδιημερεύοντας ἀλλήλοις, ἀπὸ τῶν ἄλλων χρειῶν ἀσμένως ἀποτρέχοντας. πολλάκις δὲ καὶ συνεσχόλαζεν αὐτὸς ἐμβάλλων εἰς τοὺς περιπάτους τοῖς φιλολόγοις, καὶ τοῖς πολιτικοῖς συνέπραττεν ὅτου δέοιντο· καὶ ὅλως ἑστία καὶ πρυτανεῖον Ἑλληνικὸν οἶκος ἦν αὐτοῦ τοῖς ἀφικνουμένοις εἰς τὴν Ῥώμην. φιλοσοφίαν δὲ πᾶσαν μὲν ἠσπάζετο καὶ πρὸς πᾶσαν εὐμενὴς ἦν καὶ οἰκεῖος, ἴδιον δὲ τῆς Ἀκαδημείας ἐξ ἀρχῆς ἔρωτα καὶ ζῆλον ἔσχεν, οὐ τῆς νέας λεγομένης, καίπερ ἀνθούσης τότε τοῖς Καρνεάδου λόγοις διὰ Φίλωνος, ἀλλὰ τῆς παλαιᾶς, πιθανὸν ἄνδρα καὶ δεινὸν εἰπεῖν τότε προστάτην ἐχούσης τὸν Ἀσκαλωνίτην Ἀντίοχον, ὃν πάσῃ σπουδῇ ποιησάμενος φίλον Λεύκολλος καὶ συμβιωτὴν ἀντετάττετο τοῖς Φίλωνος ἀκροαταῖς, ὧν καὶ Κικέρων ἦν καὶ σύγγραμμά γε πάγκαλον ἐποίησεν εἰς τὴν αἵρεσιν, ἐν τὸν ὑπὲρ τῆς καταλήψεως λόγον Λευκόλλῳ περιτέθεικεν, αὑτῷ δὲ τὸν ἐναντίον· Λεύκολλος δ´ ἀναγέγραπται τὸ βιβλίον. Ἦσαν δ´ ὥσπερ εἴρηται φίλοι σφόδρα καὶ κοινωνοὶ τῆς ἐν πολιτείᾳ προαιρέσεως· οὐδὲ γὰρ αὖ πάμπαν ἀπηλλάχει τῆς πολιτείας ἑαυτὸν Λεύκολλος, ἀλλὰ τὴν ὑπὲρ τοῦ μέγιστος εἶναι καὶ πλεῖστον δύνασθαι φιλοτιμίαν καὶ ἅμιλλαν, ὡς οὔτ´ ἀκίνδυνον οὔτ´ ἀνύβριστον οὖσαν, εὐθὺς ἀφῆκε Κράσσῳ καὶ Κάτωνι· τούτους γὰρ οἱ τὴν Πομπηίου δύναμιν ὑφορώμενοι προεβάλλοντο τῆς βουλῆς, ἀπολεγομένου τοῦ Λευκόλλου τὰ πρωτεῖα· κατέβαινε δ´ εἰς τὴν ἀγορὰν διὰ τοὺς φίλους, εἰς δὲ τὴν σύγκλητον, εἰ Πομπηίου τινὰ δέοι σπουδὴν φιλοτιμίαν ἐπηρεάσαι, καὶ τάς τε διατάξεις, ἃς ἐκεῖνος ἐποιήσατο τῶν βασιλέων κρατήσας, ἐξέκρουσε, καὶ νέμησίν τινα τοῖς στρατιώταις αὐτοῦ γράφοντος ἐκώλυσε δοθῆναι συμπράττοντος Κάτωνος, ὥστε Πομπήιον εἰς τὴν Κράσσου καὶ Καίσαρος φιλίαν, μᾶλλον δὲ συνωμοσίαν καταφυγεῖν καὶ πληρώσαντα τὴν πόλιν ὅπλων καὶ στρατιωτῶν βίᾳ κυρῶσαι τὰ δόγματα, τοὺς περὶ τὸν Κάτωνα καὶ Λεύκολλον ἐκβαλόντα τῆς ἀγορᾶς. ἀγανακτούντων δὲ τῶν βελτίστων ἐπὶ τοῖς γινομένοις, προῆγον οἱ Πομπηιανοὶ Βέττιόν τινα, συνειληφέναι λέγοντες ἐπιβουλεύοντα Πομπηίῳ, κἀκεῖνος ἀνακρινόμενος ἐν μὲν τῇ συγκλήτῳ κατηγόρησεν ἑτέρων τινῶν, ἐν δὲ τῷ δήμῳ Λεύκολλον ὠνόμασεν, ὡς ὑπ´ ἐκείνου παρεσκευασμένος ἀποκτεῖναι Πομπήιον. οὐδεὶς δὲ τῷ λόγῳ προσέσχεν, ἀλλὰ καὶ παραυτίκα δῆλος ἦν ἄνθρωπος ἐπὶ συκοφαντίᾳ καὶ διαβολῇ προηγμένος ὑπ´ αὐτῶν, καὶ μᾶλλον ἐφωράθη τὸ πρᾶγμα μετ´ ὀλίγας ἡμέρας ῥιφέντος ἐκ τῆς εἱρκτῆς νεκροῦ, λεγομένου μὲν αὐτομάτως τεθνάναι, σημεῖα δ´ ἀγχόνης καὶ πληγῶν ἔχοντος· ἐδόκει γὰρ ὑπ´ αὐτῶν ἀνῃρῆσθαι τῶν παρεσκευακότων. [42] XLII. Ce qui est encore digne d'attention et de réputation, c'est la façon dont il sut organiser sa bibliothèque. En effet, il réunissait beaucoup de livres, bien écrits, et l'usage qu'il en fit l'honora plus encore que leur acquisition, puisque ses collections étaient accessibles à tous. Les galeries et les salles de travail accueillaient, sans restriction, les Grecs, qui s'y rendaient comme à une retraite des Muses et y passaient ensemble la journée, s'éloignant avec joie, et à la course, de leurs autres occupations. Souvent aussi Lucullus lui-même y prenait quelque distraction; il s'engageait avec les lettrés dans les galeries et prêtait son appui à ceux qui le réclamaient pour une affaire publique. En somme, sa maison était un foyer et un prytanée pour tous les Grecs qui arrivaient à Rome. Il aimait toutes les philosophies; et, à l'égard de toutes, il était bienveillant et hospitalier. Mais il eut, dès le début, une passion et un zèle particuliers pour l'Académie, non celle qu'on appelle nouvelle, bien qu'elle fleurît alors dans les discours de Carnéade, expliqués par Philon, mais l'ancienne. Elle avait alors pour chef un homme à la parole éloquente et persuasive, Antiochus d'Ascalon. Lucullus, pris pour lui d'un enthousiasme sans réserve, en fit son ami et son commensal, et il l'opposait aux auditeurs de Philon, dont était Cicéron. Le grand orateur a composé sur la doctrine de la nouvelle Académie un fort bel ouvrage, où il fait soutenir par Lucullus l'opinion que l'homme peut saisir la vérité, et s'attribue la défense de la thèse contraire. Ce livre est intitulé Lucullus. Cicéron et Lucullus étaient, comme on l'a dit, grands amis et appartenaient au même parti; car Lucullus ne s'était pas absolument détaché de la politique; mais, dès son retour à Rome, jugeant que la course aux honneurs et la dispute du pouvoir comportait des périls et des attaques injurieuses, il avait laissé ce genre de conflit à Crassus et à Caton; car ceux qui suspectaient l'influence de Pompée mettaient ces deux personnages en vedette devant le Sénat, puisque Lucullus refusait la première place. Il descendait toutefois au Forum pour servir ses amis; et il se rendait au Sénat, s'il fallait s'opposer à quelque acte de rigueur ou à quelque initiative ambitieuse de Pompée. Les dispositions que celui-ci avait prises après la victoire sur les deux Rois, Lucullus les contrecarra; et, quand Pompée demandait une gratification pour ses soldats, il empêcha, de concert avec Caton, qu'elle fût accordée. Aussi Pompée recourut-il à l'amitié, ou plutôt à la complicité de Crassus et de César : remplissant la ville d'armes et de soldats, il fit ratifier par la force ses décrets, après avoir chassé du Forum les partisans de Caton et de Lucullus. Comme l'aristocratie était mécontente de l'événement, les Pompéiens produisirent un certain Vettius, qu'ils disaient avoir pris en train d'attenter aux jours de Pompée. On l'interrogea. Devant le Sénat, il accusa certains individus; mais, devant le peuple, il nomma Lucullus, en prétendant qu'il avait été soudoyé par ce grand homme pour tuer Pompée. Nul n'attacha d'importance à ce propos; et l'on comprit tout de suite que le misérable avait été suscité par les Pompéiens pour lancer une accusation calomnieuse. On prit mieux encore l'intrigue sur le fait, lorsque, peu de jours après, le cadavre du dénonciateur fut jeté hors de la prison. Il s'était tué, dit-on; mais le corps portait des marques de strangulation et de coups; il parut établi qu'il était mort de la main de ceux-là mêmes qui avaient inspiré son témoignage.


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Dernière mise à jour : 14/09/2006