Texte grec :
[28] Ἐπεὶ δὲ ταύτην ἀπέγνω τὴν ὁδόν, ἐμβαλὼν φανερῶς τῷ
στρατοπέδῳ τὴν Ἀργολίδα χώραν ἐπόρθει, καὶ περὶ τὸν Χάρητα
ποταμὸν ἰσχυρᾶς μάχης γενομένης πρὸς Ἀρίστιππον, αἰτίαν
ἔσχεν ὡς ἐγκαταλιπὼν τὸν (2) ἀγῶνα καὶ προέμενος τὸ νίκημα.
τῆς γὰρ ἄλλης δυνάμεως ὁμολογουμένως ἐπικρατούσης καὶ τῷ
διωγμῷ πολὺ προελθούσης εἰς τοὔμπροσθεν, αὐτὸς οὐχ οὕτως
ἐκβιασθεὶς ὑπὸ τῶν καθ' αὑτόν, ὡς ἀπιστῶν τῷ κατορθώματι
καὶ φοβηθείς, ἀνεχώρησε τεταραγμένος εἰς τὸ στρατό(3)πεδον.
ἐπεὶ δ' ἀπὸ τῆς διώξεως ἐπανελθόντες οἱ λοιποὶ χαλεπῶς
ἔφερον, ὅτι τρεψάμενοι τοὺς πολεμίους καὶ πολὺ πλείονας
ἐκείνων καταβαλόντες ἢ σφῶν αὐτῶν ἀπολέσαντες
παραλελοίπασι τοῖς ἡττημένοις στῆσαι κατ' αὐτῶν τρόπαιον,
αἰσχυνθεὶς πάλιν ἔγνω διαμάχεσθαι περὶ τοῦ τροπαίου, καὶ
μίαν ἡμέραν διαλιπὼν αὖθις (4) ἐξέταττε τὴν στρατιάν. ὡς δ'
ᾔσθετο πλείονας γεγονότας καὶ θαρραλεώτερον
ἀνθισταμένους τοὺς περὶ τὸν τύραννον, οὐκ ἐτόλμησεν, ἀλλ'
ἀπῆλθε, τοὺς νεκροὺς (5) ὑποσπόνδους ἀνελόμενος. οὐ μὴν
ἀλλὰ τῇ περὶ τὴν ὁμιλίαν καὶ πολιτείαν ἐμπειρίᾳ καὶ χάριτι τὴν
διαμαρτίαν ταύτην ἀναμαχόμενος, προσηγάγετο τὰς Κλεωνὰς
τοῖς Ἀχαιοῖς, καὶ τὸν ἀγῶνα τῶν Νεμείων ἤγαγεν ἐν Κλεωναῖς,
ὡς πάτριον ὄντα καὶ μᾶλλον προσήκοντα τούτοις. (6) ἤγαγον
δὲ καὶ Ἀργεῖοι, καὶ συνεχύθη τότε πρῶτον ἡ δεδομένη τοῖς
ἀγωνισταῖς ἀσυλία καὶ ἀσφάλεια, πάντας τῶν Ἀχαιῶν, ὅσους
ἔλαβον ἠγωνισμένους ἐν Ἄργει, διὰ τῆς χώρας πορευομένους
ὡς πολεμίους ἀποδομένων. οὕτω σφοδρὸς ἦν καὶ ἀπαραίτητος
ἐν τῷ μισεῖν τοὺς τυράννους.
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Traduction française :
[28] XXXIII. Abandonnant donc les moyens de surprise,
il se jeta ouvertement avec toute son armée dans l'Argolide, où il pilla tout le pays.
Il livra un grand combat contre Aristippe près de la rivière de Charès,
et mérita le reproche d'avoir quitté la mêlée, et laissé échapper la victoire de
ses mains. Une partie des troupes avait vaincu et poursuivi fort loin les fuyards; mais
Aratus, sans être pressé par les ennemis qu'il avait en tête, se défiant tout à coup du
succès, et comme saisi d'une terreur subite, se retira en désordre dans son camp. Le
reste de son armée, en revenant de la poursuite des ennemis, se plaignit qu'après les
avoir mis en déroute, et leur avoir tué beaucoup plus de monde qu'ils n'en avaient
perdu eux-mêmes, on eût laissé dresser par les vaincus un trophée contre les
vainqueurs. Honteux de ce reproche, Aratus voulut tenter un second combat pour le
trophée seul; et ayant donné à son armée un jour de repos, il la mit le lendemain en
bataille. Mais voyant les troupes ennemies, considérablement augmentées, se
disposer au combat avec plus d'assurance, il n'osa pas risquer la bataille, et se retira
après avoir fait une trêve pour enlever ses morts. Cependant il sut, par la douceur et
les grâces de sa conversation, par son expérience dans l'art de gouverner, effacer cette
faute : il attira Cléones dans les alliances des Achéens, et fit célébrer les jeux
néméens dans cette ville, où ils avaient pris leur origine, et à qui par conséquent ils
appartenaient bien plus qu'à celle d'Argos. Les Argiens les célébrèrent aussi chez
eux; et ce fut alors qu'on viola pour la première fois la sûreté et le droit de franchise
dont avaient joui de tout temps ceux qui venaient combattre à ces jeux; les Achéens
firent vendre comme ennemis ceux des athlètes qui, au retour des jeux, repassaient
sur leurs terres : tant Aratus était ardent et implacable dans sa haine contre les
tyrans!
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