HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Platon, La République, livre I

μητρὸς



Texte grec :

[334] (334a) ἀλλὰ μὴν στρατοπέδου γε ὁ αὐτὸς φύλαξ ἀγαθός, ὅσπερ καὶ τὰ τῶν πολεμίων κλέψαι καὶ βουλεύματα καὶ τὰς ἄλλας πράξεις; πάνυ γε. ὅτου τις ἄρα δεινὸς φύλαξ, τούτου καὶ φὼρ δεινός. ἔοικεν. εἰ ἄρα ὁ δίκαιος ἀργύριον δεινὸς φυλάττειν, καὶ κλέπτειν δεινός. ὡς γοῦν ὁ λόγος, ἔφη, σημαίνει. κλέπτης ἄρα τις ὁ δίκαιος, ὡς ἔοικεν, ἀναπέφανται, καὶ κινδυνεύεις παρ' Ὁμήρου μεμαθηκέναι αὐτό· καὶ γὰρ ἐκεῖνος (334b) τὸν τοῦ Ὀδυσσέως πρὸς μητρὸς πάππον Αὐτόλυκον ἀγαπᾷ τε καί φησιν αὐτὸν πάντας ἀνθρώπους κεκάσθαι κλεπτοσύνῃ θ' ὅρκῳ τε. ἔοικεν οὖν ἡ δικαιοσύνη καὶ κατὰ σὲ καὶ καθ' Ὅμηρον καὶ κατὰ Σιμωνίδην κλεπτική τις εἶναι, ἐπ' ὠφελίᾳ μέντοι τῶν φίλων καὶ ἐπὶ βλάβῃ τῶν ἐχθρῶν. οὐχ οὕτως ἔλεγες; οὐ μὰ τὸν Δί', ἔφη, ἀλλ' οὐκέτι οἶδα ἔγωγε ὅτι ἔλεγον· τοῦτο μέντοι ἔμοιγε δοκεῖ ἔτι, ὠφελεῖν μὲν τοὺς φίλους ἡ δικαιοσύνη, βλάπτειν δὲ τοὺς ἐχθρούς. (334c) φίλους δὲ λέγεις εἶναι πότερον τοὺς δοκοῦντας ἑκάστῳ χρηστοὺς εἶναι, ἢ τοὺς ὄντας, κἂν μὴ δοκῶσι, καὶ ἐχθροὺς ὡσαύτως; εἰκὸς μέν, ἔφη, οὓς ἄν τις ἡγῆται χρηστοὺς φιλεῖν, οὓς δ' ἂν πονηροὺς μισεῖν. ἆρ' οὖν οὐχ ἁμαρτάνουσιν οἱ ἄνθρωποι περὶ τοῦτο, ὥστε δοκεῖν αὐτοῖς πολλοὺς μὲν χρηστοὺς εἶναι μὴ ὄντας, πολλοὺς δὲ τοὐναντίον; ἁμαρτάνουσιν. τούτοις ἄρα οἱ μὲν ἀγαθοὶ ἐχθροί, οἱ δὲ κακοὶ φίλοι; πάνυ γε. ἀλλ' ὅμως δίκαιον τότε τούτοις τοὺς μὲν πονηροὺς (334d) ὠφελεῖν, τοὺς δὲ ἀγαθοὺς βλάπτειν; φαίνεται. ἀλλὰ μὴν οἵ γε ἀγαθοὶ δίκαιοί τε καὶ οἷοι μὴ ἀδικεῖν; ἀληθῆ. κατὰ δὴ τὸν σὸν λόγον τοὺς μηδὲν ἀδικοῦντας δίκαιον κακῶς ποιεῖν. μηδαμῶς, ἔφη, ὦ Σώκρατες· πονηρὸς γὰρ ἔοικεν εἶναι ὁ λόγος. τοὺς ἀδίκους ἄρα, ἦν δ' ἐγώ, δίκαιον βλάπτειν, τοὺς δὲ δικαίους ὠφελεῖν; οὗτος ἐκείνου καλλίων φαίνεται. πολλοῖς ἄρα, ὦ Πολέμαρχε, συμβήσεται, ὅσοι διημαρτήκασιν (334e) τῶν ἀνθρώπων, δίκαιον εἶναι τοὺς μὲν φίλους βλάπτειν - πονηροὶ γὰρ αὐτοῖς εἰσιν - τοὺς δ' ἐχθροὺς ὠφελεῖν - ἀγαθοὶ γάρ· καὶ οὕτως ἐροῦμεν αὐτὸ τοὐναντίον ἢ τὸν Σιμωνίδην ἔφαμεν λέγειν. καὶ μάλα, ἔφη, οὕτω συμβαίνει. ἀλλὰ μεταθώμεθα· κινδυνεύομεν γὰρ οὐκ ὀρθῶς τὸν φίλον καὶ ἐχθρὸν θέσθαι. πῶς θέμενοι, ὦ Πολέμαρχε; τὸν δοκοῦντα χρηστόν, τοῦτον φίλον εἶναι. νῦν δὲ πῶς, ἦν δ' ἐγώ, μεταθώμεθα; τὸν δοκοῦντά τε, ἦ δ' ὅς, καὶ τὸν ὄντα χρηστὸν φίλον·

Traduction française :

[334] (334a) Mais n'est-il pas bon gardien d'une armée celui qui dérobe aux ennemis leurs secrets, leurs projets et tout e qui les concerne ? Sans doute. Donc, l'habile gardien d'une chose en est aussi le voleur habile. Apparemment. Si donc le juste est habile à garder de l'argent, il st aussi habile à le dérober. C'est là, du moins, dit-il, le sens du raisonnement. Ainsi le juste vient de nous apparaître comme une sorte de de voleur, et tu m'as l'air d'avoir appris cela dans Homère. (334b) Ce poète, en effet, chérit l'aïeul maternel d'Ulysse, Autolycos, et il dit qu'il surpassait tous les humains tans l'habitude du vol et du parjure. Par conséquent, il semble que la justice, selon toi, selon Homère et selon Simonide, soit un certain art de dérober, en faveur, toutefois, de ses amis, et au détriment de ses ennemis. Ne l'entendais-tu pas de la sorte ? Non, par Zeus, répondit-il ; je ne sais pas ce que je disais; cependant il me semble encore que la justice consiste à rendre service à ses amis et à nuire à ses ennemis. (334c) Mais qui traites-tu d'amis ceux qui paraissent honnêtes à chacun ou ceux qui le sont, même s'ils ne le paraissent pas, et ainsi pour les ennemis ? Il est naturel, dit-il, d'aimer ceux que l'on croit honnêtes et de haïr ceux que l'on croit méchants. Mais les hommes ne se trompent-ils pas à ce sujet, de sorte que beaucoup de gens leur semblent honnêtes ne l'étant pas, et inversement ? Ils se trompent. Pour ceux-là donc, les bons sont des ennemis et les méchants des amis ? Sans doute. Et néanmoins ils estiment juste de rendre service aux méchants et de nuire aux bons ? (334d) Il le semble. Cependant les bons sont justes et incapables de commettre l'injustice ? C'est vrai. Selon ton raisonnement il est donc juste de faire du mal à ceux qui ne commettent point l'injustice. Nullement, dit-il, Socrate, car le raisonnement semble mauvais. Alors, repris-je, aux méchants il est juste de nuire, et aux bons de rendre service ? Cette conclusion me paraît plus belle que la précédente. Pour beaucoup de gens, donc, Polémarque, qui se sont trompés sur les hommes, la justice consistera à nuire aux amis - car ils ont pour amis des méchants - (334e) et rendre service aux ennemis - qui sont bons en effet. Et ainsi nous affirmerons le contraire de ce que nous faisions dire à Simonide. Assurément, dit-il, cela se présente ainsi. Mais corrigeons ; nous risquons en effet de n'avoir pas exactement défini l'ami et l'ennemi. Comment les avons-nous définis, Polémarque ? Celui qui paraît honnête, celui-là est un ami. Et maintenant, repris-je, comment corrigeons-nous ? Celui qui paraît, répondit-il, et qui est honnête est un ami;





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Dernière mise à jour : 22/11/2005