HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Platon, La République, livre I

ἀρετῆς



Texte grec :

[348] (348a) ἤκουσας, ἦν δ' ἐγώ, ὅσα ἄρτι Θρασύμαχος ἀγαθὰ διῆλθεν τῷ τοῦ ἀδίκου; ἤκουσα, ἔφη, ἀλλ' οὐ πείθομαι. βούλει οὖν αὐτὸν πείθωμεν, ἂν δυνώμεθά πῃ ἐξευρεῖν, ὡς οὐκ ἀληθῆ λέγει; πῶς γὰρ οὐ βούλομαι; ἦ δ' ὅς. ἂν μὲν τοίνυν, ἦν δ' ἐγώ, ἀντικατατείναντες λέγωμεν αὐτῷ λόγον παρὰ λόγον, ὅσα αὖ ἀγαθὰ ἔχει τὸ δίκαιον εἶναι, καὶ αὖθις οὗτος, καὶ ἄλλον ἡμεῖς, ἀριθμεῖν δεήσει (348b) τἀγαθὰ καὶ μετρεῖν ὅσα ἑκάτεροι ἐν ἑκατέρῳ λέγομεν, καὶ ἤδη δικαστῶν τινων τῶν διακρινούντων δεησόμεθα· ἂν δὲ ὥσπερ ἄρτι ἀνομολογούμενοι πρὸς ἀλλήλους σκοπῶμεν, ἅμα αὐτοί τε δικασταὶ καὶ ῥήτορες ἐσόμεθα. πάνυ μὲν οὖν, ἔφη. ὁποτέρως οὖν σοι, ἦν δ' ἐγώ, ἀρέσκει. οὕτως, ἔφη. ἴθι δή, ἦν δ' ἐγώ, ὦ Θρασύμαχε, ἀπόκριναι ἡμῖν ἐξ ἀρχῆς. τὴν τελέαν ἀδικίαν τελέας οὔσης δικαιοσύνης λυσιτελεστέραν φῂς εἶναι; (348c) πάνυ μὲν οὖν καὶ φημί, ἔφη, καὶ δι' ἅ, εἴρηκα. φέρε δή, τὸ τοιόνδε περὶ αὐτῶν πῶς λέγεις; τὸ μέν που ἀρετὴν αὐτοῖν καλεῖς, τὸ δὲ κακίαν; πῶς γὰρ οὔ; οὐκοῦν τὴν μὲν δικαιοσύνην ἀρετήν, τὴν δὲ ἀδικίαν κακίαν; εἰκός γ', ἔφη, ὦ ἥδιστε, ἐπειδή γε καὶ λέγω ἀδικίαν μὲν λυσιτελεῖν, δικαιοσύνην δ' οὔ. ἀλλὰ τί μήν; τοὐναντίον, ἦ δ' ὅς. ἦ τὴν δικαιοσύνην κακίαν; οὔκ, ἀλλὰ πάνυ γενναίαν εὐήθειαν. (348d) τὴν ἀδικίαν ἄρα κακοήθειαν καλεῖς; οὔκ, ἀλλ' εὐβουλίαν, ἔφη. ἦ καὶ φρόνιμοί σοι, ὦ Θρασύμαχε, δοκοῦσιν εἶναι καὶ ἀγαθοὶ οἱ ἄδικοι; οἵ γε τελέως, ἔφη, οἷοί τε ἀδικεῖν, πόλεις τε καὶ ἔθνη δυνάμενοι ἀνθρώπων ὑφ' ἑαυτοὺς ποιεῖσθαι· σὺ δὲ οἴει με ἴσως τοὺς τὰ βαλλάντια ἀποτέμνοντας λέγειν. λυσιτελεῖ μὲν οὖν, ἦ δ' ὅς, καὶ τὰ τοιαῦτα, ἐάνπερ λανθάνῃ· ἔστι δὲ οὐκ ἄξια λόγου, ἀλλ' ἃ νυνδὴ ἔλεγον. (348e) τοῦτο μέν, ἔφην, οὐκ ἀγνοῶ ὃ βούλει λέγειν, ἀλλὰ τόδε ἐθαύμασα, εἰ ἐν ἀρετῆς καὶ σοφίας τιθεῖς μέρει τὴν ἀδικίαν, τὴν δὲ δικαιοσύνην ἐν τοῖς ἐναντίοις. ἀλλὰ πάνυ οὕτω τίθημι. τοῦτο, ἦν δ' ἐγώ, ἤδη στερεώτερον, ὦ ἑταῖρε, καὶ οὐκέτι ῥᾴδιον ἔχειν ὅτι τις εἴπῃ. εἰ γὰρ λυσιτελεῖν μὲν τὴν ἀδικίαν ἐτίθεσο, κακίαν μέντοι ἢ αἰσχρὸν αὐτὸ ὡμολόγεις εἶναι ὥσπερ ἄλλοι τινές, εἴχομεν ἄν τι λέγειν κατὰ τὰ νομιζόμενα λέγοντες· νῦν δὲ δῆλος εἶ ὅτι φήσεις αὐτὸ καὶ καλὸν καὶ ἰσχυρὸν εἶναι καὶ τἆλλα αὐτῷ πάντα προσθήσεις

Traduction française :

[348] As-tu entendu l'énumération que Thrasymaque vient (348a) de faire, des biens attachés à la vie de l'injuste ? J'ai entendu, mais je ne suis pas persuadé. Alors veux-tu que nous le persuadions, si nous pouvons en trouver le moyen, qu'il n'est pas dans le vrai? Comment ne le voudrais-je pas? dit-il. Si donc, repris-je, tendant nos forces contre lui et opposant discours à discours, nous énumérons les biens que procure la justice, qu'il réplique à son tour, et nous de nouveau, il faudra compter et mesurer les avantages (348b) cités de part et d'autre en chaque discours (31), et nous aurons besoin de juges pour décider ; si, au contraire, comme tout à l'heure, nous débattons la question jusqu'à mutuel accord, nous serons nous-mêmes ensemble juges et avocats. C'est vrai, dit-il. Laquelle de ces deux méthodes préfères-tu ? La seconde. Or çà, donc, Thrasymaque, reprenons au début et réponds-moi. Tu prétends que la parfaite injustice est plus profitable que la parfaite justice ? (348c) Certainement, répondit-il, et j'ai dit pour quelles raisons. Fort bien, mais à leur sujet comment entends-tu ceci : appelles-tu l'une vertu et l'autre vice ? Sans doute. Et c'est la justice que tu nommes vertu et l'injustice vice ? Il y a apparence, très charmant homme, quand je dis que l'injustice est profitable et que la justice ne l'est pas ! Quoi donc alors ? Le contraire, dit-il. La justice est un vice ? (348d) Non, mais une très noble simplicité de caractère. Alors l'injustice est méchanceté de caractère? Non pas, elle est prudence. Est-ce, Thrasymaque, que les injustes te semblent sages et bons ? Oui, répondit-il, ceux qui sont capables de commettre l'injustice avec perfection et de se soumettre villes et peuples. Tu crois peut-être que je parle des coupeurs de bourse ? De telles pratiques sont sans doute profitables, tant qu'elles ne sont pas découvertes ; mais elles ne méritent point mention à côté de celles que je viens d'indiquer. Je conçois bien ta pensée, mais ce qui m'étonne c'est (348e) que tu classes l'injustice avec la vertu et la sagesse, et la justice avec leurs contraires. Néanmoins, c'est bien ainsi que je les classe. Cela s'aggrave, camarade, repris-je, et il n'est pas facile de savoir ce qu'on peut dire. Si, en effet, tu posais que l'injustice profite, tout en convenant, comme certains autres, qu'elle est vice et chose honteuse, nous pourrions te répondre en invoquant les notions courantes sur le sujet; mais évidemment tu diras qu'elle est belle et forte, et tu lui donneras tous les attributs





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Dernière mise à jour : 22/11/2005