HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Platon, Protagoras

Page 331

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[331] Πρωταγόρας γὰρ (331a) ὅδε ταῦτα ἀπεκρίνατο, ἐγὼ δὲ ἠρώτων. εἰ οὖν εἴποι· "Ἀληθῆ ὅδε λέγει, Πρωταγόρα; σὺ φῂς οὐκ εἶναι τὸ ἕτερον μόριον οἷον τὸ ἕτερον τῶν τῆς ἀρετῆς; σὸς οὗτος λόγος ἐστίν;" τί ἂν αὐτῷ ἀποκρίναιο; — Ἀνάγκη, ἔφη, Σώκρατες, ὁμολογεῖν. Τί οὖν, Πρωταγόρα, ἀποκρινούμεθα αὐτῷ, ταῦτα ὁμολογήσαντες, ἐὰν ἡμᾶς ἐπανέρηται· "Οὐκ ἄρα ἐστὶν ὁσιότης οἷον δίκαιον εἶναι πρᾶγμα, οὐδὲ δικαιοσύνη οἷον ὅσιον ἀλλ´ οἷον μὴ ὅσιον· δ´ ὁσιότης οἷον μὴ δίκαιον, ἀλλ´ ἄδικον (331b) ἄρα, τὸ δὲ ἀνόσιον;" τί αὐτῷ ἀποκρινούμεθα; ἐγὼ μὲν γὰρ αὐτὸς ὑπέρ γε ἐμαυτοῦ φαίην ἂν καὶ τὴν δικαιοσύνην ὅσιον εἶναι καὶ τὴν ὁσιότητα δίκαιον· καὶ ὑπὲρ σοῦ δέ, εἴ με ἐῴης, ταὐτὰ ἂν ταῦτα ἀποκρινοίμην, ὅτι ἤτοι ταὐτόν γ´ ἐστιν δικαιότης ὁσιότητι ὅτι ὁμοιότατον, καὶ μάλιστα πάντων τε δικαιοσύνη οἷον ὁσιότης καὶ ὁσιότης οἷον δικαιοσύνη. ἀλλ´ ὅρα εἰ διακωλύεις ἀποκρίνεσθαι, καὶ σοὶ συνδοκεῖ οὕτως. — Οὐ πάνυ μοι δοκεῖ, ἔφη, Σώκρατες, οὕτως ἁπλοῦν (331c) εἶναι, ὥστε συγχωρῆσαι τήν τε δικαιοσύνην ὅσιον εἶναι καὶ τὴν ὁσιότητα δίκαιον, ἀλλά τί μοι δοκεῖ ἐν αὐτῷ διάφορον εἶναι. ἀλλὰ τί τοῦτο διαφέρει; ἔφη· εἰ γὰρ βούλει, ἔστω ἡμῖν καὶ δικαιοσύνη ὅσιον καὶ ὁσιότης δίκαιον. — Μή μοι, ἦν δ´ ἐγώ· οὐδὲν γὰρ δέομαι τὸ "εἰ βούλει" τοῦτο καὶ "εἴ σοι δοκεῖ" ἐλέγχεσθαι, ἀλλ´ ἐμέ τε καὶ σέ· τὸ δ´ "ἐμέ τε καὶ σέ" τοῦτο λέγω, οἰόμενος οὕτω τὸν λόγον βέλτιστ´ (331d) ἂν ἐλέγχεσθαι, εἴ τις τὸ "εἴ" ἀφέλοι αὐτοῦ. — Ἀλλὰ μέντοι, δ´ ὅς, προσέοικέν τι δικαιοσύνη ὁσιότητι· καὶ γὰρ ὁτιοῦν ὁτῳοῦν ἁμῇ γέ πῃ προσέοικεν. τὸ γὰρ λευκὸν τῷ μέλανι ἔστιν ὅπῃ προσέοικεν, καὶ τὸ σκληρὸν τῷ μαλακῷ, καὶ τἆλλα δοκεῖ ἐναντιώτατα εἶναι ἀλλήλοις· καὶ τότε ἔφαμεν ἄλλην δύναμιν ἔχειν καὶ οὐκ εἶναι τὸ ἕτερον οἷον τὸ ἕτερον, τὰ τοῦ προσώπου μόρια, ἁμῇ γέ πῃ προσέοικεν καὶ ἔστιν τὸ ἕτερον οἷον τὸ ἕτερον. ὥστε τούτῳ γε τῷ τρόπῳ (331e) κἂν ταῦτα ἐλέγχοις, εἰ βούλοιο, ὡς ἅπαντά ἐστιν ὅμοια ἀλλήλοις. ἀλλ´ οὐχὶ τὰ ὅμοιόν τι ἔχοντα ὅμοια δίκαιον καλεῖν, οὐδὲ τὰ ἀνόμοιόν τι ἔχοντα ἀνόμοια, κἂν πάνυ σμικρὸν ἔχῃ τὸ ὅμοιον. — Καὶ ἐγὼ θαυμάσας εἶπον πρὸς αὐτόν· γὰρ οὕτω σοι τὸ δίκαιον καὶ τὸ ὅσιον πρὸς ἄλληλα ἔχει, ὥστε ὅμοιόν τι σμικρὸν ἔχειν ἀλλήλοις; [331] C’est Protagoras qui a fait cette réponse ; moi, je ne faisais qu’interroger. S’il reprenait : Socrate dit-il la vérité, Protagoras ? est-ce toi qui affirmes qu’aucune des parties de la vertu ne ressemble aux autres ? est-ce bien cela que tu soutiens ? que lui répondrais-tu ? — Force me serait d’avouer, Socrate, dit-il. — Et que pourrions-nous bien lui répondre, après cet aveu, Protagoras, s’il nous posait encore cette question : La sainteté n’est donc pas susceptible d’être une chose juste, ni la justice d’être une chose sainte, mais la justice est susceptible de n’être pas sainte, et la sainteté de n’être pas juste, c’est-à-dire que la sainteté peut être injuste, et la justice impie ? que lui répondrions-nous ? Pour mon compte personnel, je répondrais que la justice est sainte et la sainteté juste ; et pour ton compte aussi, avec ta permission, je répondrais de même qu’assurément la justice est la même chose que la sainteté ou qu’elle s’en rapproche aussi près que possible, que très certainement la justice est pareille à la sainteté et la sainteté à la justice ; mais vois si tu t’opposes à ce que je réponde ainsi, ou si tu partages mon opinion. — La chose ne me paraît pas si simple, Socrate, répliqua-t-il, que je puisse t’accorder que la justice est sainte et la sainteté juste ; il me semble qu’il y a quelque différence entre elles ; mais qu’importe ? admettons, si tu veux, que la justice est sainte et la sainteté juste. — Non point, dis-je. Pas de si tu veux, ni de s’il te plaît ; ce ne sont pas des suppositions qu’il faut examiner, c’est toi et moi qu’il faut persuader, c’est toi et moi qui sommes en cause, et je pense que la meilleure manière de discuter est de supprimer ce si. — Je reconnais, dit-il, que la justice a quelque ressemblance avec la sainteté ; car une chose quelconque ressemble toujours à une autre en quelque manière ; il y a quelque rapport de ressemblance entre le blanc et le noir, entre le dur et le mou et entre les choses qui paraissent le plus opposées les unes aux autres ; et ces parties mêmes dont nous disions tout à l’heure qu’elles avaient des propriétés différentes, que l’une n’était pas pareille à l’autre, je veux dire les parties du visage, ces parties se ressemblent et sont pareilles les unes aux autres par certains côtés, en sorte que tu pourrais prouver de cette façon, si tu voulais, que toutes ces parties se ressemblent entre elles ; mais il n’est pas juste, à mon avis, d’appeler semblables des choses qui ont quelque rapport de ressemblance, ni dissemblables des choses qui ont quelque rapport de différence, quelque mince que soit ce rapport. Etonné d’une telle réponse, je lui dis : Le juste et le saint sont-ils donc vis-à-vis l’un de l’autre au point de n’avoir qu’un mince rapport de ressemblance ?


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Dernière mise à jour : 3/05/2006