HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Gorgias

κολακείαν



Texte grec :

[502] ἢ ὅτι μέλλει (502a) χαριεῖσθαι τῷ ὄχλῳ τῶν θεατῶν;
(Καλλίκλης) δῆλον δὴ τοῦτό γε, ὦ Σώκρατες, Κινησίου γε πέρι.
(Σωκράτης)
τί δὲ ὁ πατὴρ αὐτοῦ Μέλης; ἦ πρὸς τὸ βέλτιστον βλέπων ἐδόκει σοι κιθαρῳδεῖν; ἢ
ἐκεῖνος μὲν οὐδὲ πρὸς τὸ ἥδιστον; ἠνία γὰρ ᾄδων τοὺς θεατάς. ἀλλὰ δὴ σκόπει·
οὐχὶ ἥ τε κιθαρῳδικὴ δοκεῖ σοι πᾶσα καὶ ἡ τῶν διθυράμβων ποίησις ἡδονῆς χάριν
ηὑρῆσθαι;
(Καλλίκλης) ἔμοιγε.
(502b) (Σωκράτης)
τί δὲ δὴ ἡ σεμνὴ αὕτη καὶ θαυμαστή, ἡ τῆς τραγῳδίας ποίησις, ἐφ' ᾧ ἐσπούδακεν;
πότερόν ἐστιν αὐτῆς τὸ ἐπιχείρημα καὶ ἡ σπουδή, ὡς σοὶ δοκεῖ, χαρίζεσθαι τοῖς
θεαταῖς μόνον, ἢ καὶ διαμάχεσθαι, ἐάν τι αὐτοῖς ἡδὺ μὲν ᾖ καὶ κεχαρισμένον,
πονηρὸν δέ, ὅπως τοῦτο μὲν μὴ ἐρεῖ, εἰ δέ τι τυγχάνει ἀηδὲς καὶ ὠφέλιμον, τοῦτο
δὲ καὶ λέξει καὶ ᾄσεται, ἐάντε χαίρωσιν ἐάντε μή; ποτέρως σοι δοκεῖ
παρεσκευάσθαι ἡ τῶν τραγῳδιῶν ποίησις;
(Καλλίκλης)
δῆλον δὴ τοῦτό γε, ὦ Σώκρατες, ὅτι πρὸς τὴν (502c) ἡδονὴν μᾶλλον ὥρμηται καὶ
τὸ χαρίζεσθαι τοῖς θεαταῖς.
(Σωκράτης) οὐκοῦν τὸ τοιοῦτον, ὦ Καλλίκλεις, ἔφαμεν νυνδὴ κολακείαν εἶναι;
(Καλλίκλης) πάνυ γε.
(Σωκράτης)
φέρε δή, εἴ τις περιέλοι τῆς ποιήσεως πάσης τό τε μέλος καὶ τὸν ῥυθμὸν καὶ τὸ
μέτρον, ἄλλο τι ἢ λόγοι γίγνονται τὸ λειπόμενον;
(Καλλίκλης) ἀνάγκη.
(Σωκράτης) οὐκοῦν πρὸς πολὺν ὄχλον καὶ δῆμον οὗτοι λέγονται οἱ λόγοι;
(Καλλίκλης) φημί.
(Σωκράτης) δημηγορία ἄρα τίς ἐστιν ἡ ποιητική.
(502d) (Καλλίκλης) φαίνεται.
(Σωκράτης)
οὐκοῦν ῥητορικὴ δημηγορία ἂν εἴη· ἢ οὐ ῥητορεύειν δοκοῦσί σοι οἱ ποιηταὶ ἐν τοῖς
θεάτροις;
(Καλλίκλης) ἔμοιγε.
(Σωκράτης)
νῦν ἄρα ἡμεῖς ηὑρήκαμεν ῥητορικήν τινα πρὸς δῆμον τοιοῦτον οἷον παίδων τε
ὁμοῦ καὶ γυναικῶν καὶ ἀνδρῶν, καὶ δούλων καὶ ἐλευθέρων, ἣν οὐ πάνυ
ἀγάμεθα· κολακικὴν γὰρ αὐτήν φαμεν εἶναι.
(Καλλίκλης) πάνυ γε.
(Σωκράτης)
εἶεν· τί δὲ ἡ πρὸς τὸν Ἀθηναίων δῆμον ῥητορικὴ (502e) καὶ τοὺς ἄλλους τοὺς ἐν
ταῖς πόλεσιν δήμους τοὺς τῶν ἐλευθέρων ἀνδρῶν, τί ποτε ἡμῖν αὕτη ἐστίν;
πότερόν σοι δοκοῦσιν πρὸς τὸ βέλτιστον ἀεὶ λέγειν οἱ ῥήτορες, τούτου
στοχαζόμενοι, ὅπως οἱ πολῖται ὡς βέλτιστοι ἔσονται διὰ τοὺς αὑτῶν λόγους, ἢ
καὶ οὗτοι πρὸς τὸ χαρίζεσθαι τοῖς πολίταις ὡρμημένοι, καὶ ἕνεκα τοῦ ἰδίου τοῦ
αὑτῶν ὀλιγωροῦντες τοῦ κοινοῦ, ὥσπερ παισὶ προσομιλοῦσι τοῖς δήμοις,
χαρίζεσθαι αὐτοῖς πειρώμενοι μόνον,

Traduction française :

[502] et qu'il vise à autre chose qu'à plaire à la multitude des spectateurs? - CALLICLÈS. Cela est évident, Socrate, pour Cinésias. - SOCRATE. Et son père Mélès? Penses-tu que quand il chantait sur la lyre, il eût en vue le meilleur? Est-ce qu'il ne visait pas aussi à ce qui est le plus agiéable, quoique son chant déplût aux spectateurs? Examine bien. Ne juges-tu pas que toute espèce de chant sur la lyre, et toute composition dithyrambique, a été inventée en vue du plaisir? - CALLICLÈS. Oui. - SOCRATE. Et la tragédie, ce poème imposant et admirable, à quoi vise-t-elle? Tous ses efforts, tous ses soins n'ont-ils pas, à ton avis, pour objet unique de plaire aux spectateurs? Lorsqu'il se présente quelque chose d'agréable et de gracieux, mais en même temps de mauvais, prend-elle sur soi de le supprimer, et de déclamer et chanter ce qui est désagréable, mais utile, soit que les spectateurs y trouvent du plaisir, ou non? De ces deux dispositions quelle est, dis-moi, celle de la tragédie? - CALLICLÈS. Il est clair, Socrate, qu'elle va davantage du côté du plaisir et de l'agrément des spectateurs. - SOCRATE. N'avons-nous pas vu tout à l'heure, Calliclès, que tout cela n'est que flatterie? - CALLICLÈS. Assurément. - SOCRATE. Mais si l'on ôtait de quelque poesie que ce soit le chant, le rhythme et la mesure, resterait-il autre chose que les paroles ? CALLICLÈS. Non, nécessairement. - SOCRATE. Or, n'est-ce pas à la multitude et au peuple assemblé que s'adressent ces paroles? - CALLICLÈS. Sans doute. - SOCRATE. La poésie est donc une espèce de discours populaire. - CALLICLÈS. Il y a apparence. - SOCRATE. Et par conséquent une sorte de rhétorique : car ne te semble-t-il pas que les poètes font sur les théâtres le personnage d'orateurs? - CALLICLÈS. Oui. - SOCRATE. Nous avons trouvé une rhétorique pour le peuple, c'est-à-dire pour les enfants, les femmes, les hommes libres et les esclaves confondus ensemble, rhétorique dont nous ne faisons pas grand cas, puisque nous avons dit qu'elle n'était que flatterie. - CALLICLÈS. Cela est vrai. LVIII. - SOCRATE. Et que nous semble de cette rhétorique faite pour le peuple d'Athènes, et les peuples d'autres cités, tous composés de personnes libres? Te paraît-il que les orateurs fassent toujours leurs harangues en vue du plus grand bien, et se proposent pour but de leurs discours de rendre les citoyens aussi vertueux qu'il est possible? Ou bien les orateurs eux-mêmes cherchant à plaire aux citoyens et négligeant l'intérêt public pour leur intérêt personnel, ne se conduisent-ils pas avec les peuples comme avec des enfants, s'appliquant uniquement à leur faire plaisir,





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Dernière mise à jour : 25/11/2005