HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Platon, Apologie de Socrate

νῦν



Texte grec :

[30] (30a) φάναι δέ, ὀνειδιῶ ὅτι τὰ πλείστου ἄξια περὶ ἐλαχίστου ποιεῖται, τὰ δὲ φαυλότερα περὶ πλείονος. ταῦτα καὶ νεωτέρῳ καὶ πρεσβυτέρῳ ὅτῳ ἂν ἐντυγχάνω ποιήσω, καὶ ξένῳ καὶ ἀστῷ, μᾶλλον δὲ τοῖς ἀστοῖς, ὅσῳ μου ἐγγυτέρω ἐστὲ γένει. ταῦτα γὰρ κελεύει ὁ θεός, εὖ ἴστε, καὶ ἐγὼ οἴομαι οὐδέν πω ὑμῖν μεῖζον ἀγαθὸν γενέσθαι ἐν τῇ πόλει ἢ τὴν ἐμὴν τῷ θεῷ ὑπηρεσίαν. οὐδὲν γὰρ ἄλλο πράττων ἐγὼ περιέρχομαι ἢ πείθων ὑμῶν καὶ νεωτέρους καὶ πρεσβυτέρους μήτε σωμάτων (30b) ἐπιμελεῖσθαι μήτε χρημάτων πρότερον μηδὲ οὕτω σφόδρα ὡς τῆς ψυχῆς ὅπως ὡς ἀρίστη ἔσται, λέγων ὅτι ‘οὐκ ἐκ χρημάτων ἀρετὴ γίγνεται, ἀλλ᾽ ἐξ ἀρετῆς χρήματα καὶ τὰ ἄλλα ἀγαθὰ τοῖς ἀνθρώποις ἅπαντα καὶ ἰδίᾳ καὶ δημοσίᾳ’. εἰ μὲν οὖν ταῦτα λέγων διαφθείρω τοὺς νέους, ταῦτ᾽ ἂν εἴη βλαβερά· εἰ δέ τίς μέ φησιν ἄλλα λέγειν ἢ ταῦτα, οὐδὲν λέγει. πρὸς ταῦτα”, φαίην ἄν, “ὦ ἄνδρες Ἀθηναῖοι, ἢ πείθεσθε Ἀνύτῳ ἢ μή, καὶ ἢ ἀφίετέ με ἢ μή, ὡς ἐμοῦ οὐκ (30c) ἂν ποιήσαντος ἄλλα, οὐδ᾽ εἰ μέλλω πολλάκις τεθνάναι”. μὴ θορυβεῖτε, ὦ ἄνδρες Ἀθηναῖοι, ἀλλ᾽ ἐμμείνατέ μοι οἷς ἐδεήθην ὑμῶν, μὴ θορυβεῖν ἐφ᾽ οἷς ἂν λέγω ἀλλ᾽ ἀκούειν· καὶ γάρ, ὡς ἐγὼ οἶμαι, ὀνήσεσθε ἀκούοντες. μέλλω γὰρ οὖν ἄττα ὑμῖν ἐρεῖν καὶ ἄλλα ἐφ᾽ οἷς ἴσως βοήσεσθε· ἀλλὰ μηδαμῶς ποιεῖτε τοῦτο. εὖ γὰρ ἴστε, ἐάν με ἀποκτείνητε τοιοῦτον ὄντα οἷον ἐγὼ λέγω, οὐκ ἐμὲ μείζω βλάψετε ἢ ὑμᾶς αὐτούς· ἐμὲ μὲν γὰρ οὐδὲν ἂν βλάψειεν οὔτε Μέλητος οὔτε Ἄνυτος -- οὐδὲ γὰρ ἂν δύναιτο -- οὐ γὰρ οἴομαι θεμιτὸν (30d) εἶναι ἀμείνονι ἀνδρὶ ὑπὸ χείρονος βλάπτεσθαι. ἀποκτείνειε μεντἂν ἴσως ἢ ἐξελάσειεν ἢ ἀτιμώσειεν· ἀλλὰ ταῦτα οὗτος μὲν ἴσως οἴεται καὶ ἄλλος τίς που μεγάλα κακά, ἐγὼ δ᾽ οὐκ οἴομαι, ἀλλὰ πολὺ μᾶλλον ποιεῖν ἃ οὑτοσὶ νῦν ποιεῖ, ἄνδρα ἀδίκως ἐπιχειρεῖν ἀποκτεινύναι. νῦν οὖν, ὦ ἄνδρες Ἀθηναῖοι, πολλοῦ δέω ἐγὼ ὑπὲρ ἐμαυτοῦ ἀπολογεῖσθαι, ὥς τις ἂν οἴοιτο, ἀλλὰ ὑπὲρ ὑμῶν, μή τι ἐξαμάρτητε περὶ τὴν τοῦ (30e) θεοῦ δόσιν ὑμῖν ἐμοῦ καταψηφισάμενοι. ἐὰν γάρ με ἀποκτείνητε, οὐ ῥᾳδίως ἄλλον τοιοῦτον εὑρήσετε, ἀτεχνῶς -- εἰ καὶ γελοιότερον εἰπεῖν -- προσκείμενον τῇ πόλει ὑπὸ τοῦ θεοῦ ὥσπερ ἵππῳ μεγάλῳ μὲν καὶ γενναίῳ, ὑπὸ μεγέθους δὲ νωθεστέρῳ καὶ δεομένῳ ἐγείρεσθαι ὑπὸ μύωπός τινος, οἷον δή μοι δοκεῖ ὁ θεὸς ἐμὲ τῇ πόλει προστεθηκέναι τοιοῦτόν τινα, ὃς ὑμᾶς ἐγείρων καὶ πείθων καὶ ὀνειδίζων ἕνα ἕκαστον

Traduction française :

[30] mais qu'il fasse semblant de l'être, je lui ferai honte de préférer des choses si viles et si périssables à celles qui sont du plus grand prix. Voilà de quelle manière je parlerai aux jeunes et aux vieux, aux citoyens et aux étrangers, mais plutôt aux citoyens, parce que vous me touchez de plus près; car sachez que c'est là ce que le Dieu m'ordonne, et je suis persuadé qu'il n'est jamais arrivé un si grand bien à votre ville que ce service continuel que je rends au Dieu. Toute mon occupation, c'est de travailler à vous persuader, jeunes et vieux, qu'il ne faut pas tant s'inquiéter de son corps, des richesses et de toutes les autres choses, que de son âme; car je ne cesse de vous dire que la vertu ne vient point des richesses; mais, au contraire, que les richesses viennent de la vertu, et que c'est de là que naissent tous les autres biens publics et particuliers. Si, en disant ces sortes de choses, je corromps la jeunesse, il faut donc que ces maximes soient un poison; car si on prétend que je dis autre chose, on se trompe, ou l'on vous en impose. Après cela, je n'ai qu'à vous dire : Faites ce que demande Anytus, ou ne le faites pas; renvoyez-moi, ou ne me renvoyez pas, je ne ferai jamais autre chose, quand devrais mourir mille fois... Mais ne murmurez pas, Athéniens, et accordez-moi la grâce que je vous ai demandée d'abord de m'écouter patiemment : cette patience, je le crois, ne vous sera pas infructueuse; car j'ai à vous dire beaucoup d'autres choses qui, peut-être, vous feront murmurer; mais n'écoutez pas votre colère. Soyez persuadés que si vous me faites mourir, étant tel que je viens de vous le déclarer, vous vous ferez plus de mal qu'à moi. En effet, ni Anytus, ni Mélitus ne sauraient me faire aucun mal; car le méchant ne peut rien contre l'homme de bien. Ils me feront peut-être condamner à la mort, ou à l'exil, ou à la perte de mes biens et de mes droits de citoyen; et ce sont là, aux yeux de Mélitus et de ses amis, des maux épouvantables; mais moi je ne suis pas de leur avis. A mon sens le plus grand de tous les maux, c'est de faire ce qu'Anytus fait en ce moment, de chercher à faire mourir un innocent. Présentement donc, Athéniens, ce n'est nullement pour l'amour de moi que je me défends, on aurait tort de le croire; c'est pour l'amour de vous; car me condamner, ce serait offenser le Dieu et méconnaître le présent qu'il vous a fait : moi mort, Athéniens, vous ne trouverez pas facilement un autre citoyen que le Dieu ait attaché à votre ville (la comparaison vous paraîtra peut-être ridicule), comme à un coursier noble et généreux, mais appesanti par sa grandeur même, et qui a besoin de quelque aiguillon qui l'excite et le réveille. Il me semble que c'est moi que le Dieu a choisi ainsi pour vous exciter, vous piquer





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Dernière mise à jour : 16/06/2005