HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

LUCIEN, Comment faut-il écrire l'histoire?

τῶν



Texte grec :

[23] Καὶ μὴν καὶ ἄλλους ἴδοις ἂν τὰ μὲν προοίμια λαμπρὰ καὶ τραγικὰ καὶ εἰς ὑπερβολὴν μακρὰ συγγράφοντας, ὡς ἐλπίσαι θαυμαστὰ ἡλίκα τὰ μετὰ ταῦτα πάντως ἀκούσεσθαι, τὸ σῶμα δὲ αὐτὸ τὸ τῆς ἱστορίας μικρόν τι καὶ ἀγεννὲς ἐπαγαγόντας, ὡς καὶ τοῦτο ἐοικέναι παιδίῳ, εἴ που Ἔρωτα εἶδες παίζοντα, προσωπεῖων Ἡρακλέους πάμμεγα ἢ Τιτᾶνος περικείμενον• εὐθὺς γοῦν οἱ ἀκούσαντες ἐπιφθέγγονται αὐτοῖς τό, Ὤδινεν ὄρος. Χρὴ δὲ οἶμαι μὴ οὕτως, ἀλλ᾽ ὅμοια τὰ πάντα καὶ ὁμόχροα εἶναι καὶ συνᾷδον τῇ κεφαλῇ τὸ ἄλλο σῶμα, ὡς μὴ χρυσοῦν μὲν τὸ κράνος εἴη, θώραξ δὲ πάνυ γελοῖος ἐκ ῥακῶν ποθεν ἢ ἐκ δερμάτων σαπρῶν συγκεκαττυμένος καὶ ἡ ἀσπὶς οἰσυΐνη καὶ χοιρίνη περὶ ταῖς κνήμαις. (32) Ἴδοις γὰρ ἂν ἀφθόνους τοιούτους συγγραφέας, τοῦ Ῥοδίου κολοσσοῦ τὴν κεφαλὴν ναννώδει σώματι ἐπιτιθέντας• ἄλλους αὖ ἔμπαλιν ἀκέφαλα τὰ σώματα εἰσάγοντας, ἀπροοιμίαστα καὶ εὐθὺς ἐπὶ τῶν πραγμάτων, οἳ καὶ προσεταιρίζονται τὸν Ξενοφῶντα οὕτως ἀρξάμενον «Δαρείου καὶ Παρυσάτιδος παῖδες γίγνονται δύο», καὶ ἄλλους τῶν παλαιῶν, οὐκ εἰδότες ὡς δυνάμει τινὰ προοίμιά ἐστι λεληθότα τοὺς πολλούς, ὡς ἐν ἄλλοις δείξομεν.

Traduction française :

[23] On en voit d'autres, qui composent des prologues brillants, tragiques, et dont l'excessive longueur fait espérer que ce qui va suivre sera admirable et digne d'être écouté, mais le corps même de leur histoire est si chétif, si mesquin qu'il semble voir un enfant, comme Cupidon qui se joue, se couvrir la tête du masque d'Hercule ou de celui d'un Titan. Les auditeurs s'écrient aussitôt : « La montagne accouche. » Rien, selon moi, ne doit être ainsi, mais il faut que toutes les parties se ressemblent, qu'elles aient, pour ainsi dire, la même couleur, que le corps y soit proportionné à la tête, de manière qu'il n'y ait pas un casque d'or avec une cuirasse ridiculement faite de haillons ou de cuirs pourris cousus ensemble, un bouclier d'osier et des cuissards en peau de truie. On voit, en effet, une foule d'historiens qui posent aujourd'hui la tête du colosse de Rhodes sur le corps d'un nain. D'autres, au contraire, produisant des corps sans tête, se jettent, sans préambule, au milieu des faits. Ils croient, par là, imiter Xénophon qui commence ainsi : « Darius et Parysatis avaient deux fils » ou bien d'autres auteurs anciens. Ils ignorent qu'il y a certains prologues imperceptibles, qui n'en sont pas moins des prologues, comme nous le dirons plus loin.





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Dernière mise à jour : 15/07/2005